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Nous consacrons notre dernier numéro mensuel à la terre qui connaît la plus longue occupation militaire du monde postmoderne, sujet de débats incessants et de violences.
Pour beaucoup d’entre nous, la libération de la Palestine reste une cause qui nous tient à cœur, et pour certains, c’est même la cause de toute une vie. C’est peut-être la dernière colonie du XXIe siècle, mais son occupation, sa destruction et son annexion sont une saga centenaire, et l’autonomie palestinienne, une chimère. Comment pourrait-il en être autrement alors qu’Israël, tout en insistant avec arrogance sur son « droit d’exister », continue de coloniser la Palestine historique et de soumettre le peuple palestinien à un système d’apartheid ?
Récemment, Netanyahu a déclaré qu’« il n’y aura pas d’État palestinien à l’ouest du Jourdain », car, a-t-il souligné, « cette terre est à nous ».
Il est clair que l’histoire n’a pas commencé le 7 octobre 2023. Pour les Palestiniens, la terreur a commencé dans les années 1940 et n’a jamais cessé, de manière particulièrement brutale et spectaculaire à Gaza, même si la violence génocidaire israélienne se poursuit à un rythme soutenu en Cisjordanie, où les colons attaquent les villages, détruisent les véhicules, brûlent les oliveraies et tirent sur des civils palestiniens non armés. Et que fait le monde à ce sujet ? Très peu, telle est la réponse tragique et évidente.
Dans le 57ème numéro de The Markaz Review, nous mettons en avant ceux qui agissent, à travers leur art, leurs mots, leur exemple. Nous commençons par une interview exclusive de l’écrivain palestinien primé Nasser Abu Srour, qui a passé trente-deux années éprouvantes dans les prisons israéliennes, suivie de deux témoignages de jeunes écrivains de Gaza, Esraa Abo Qamar et Mariam Mushtaha, qui révèlent les difficultés d’une vie sans les produits de première nécessité auxquels la plupart d’entre nous sommes si habitués. Notre artiste vedette est Mona Hatoum, une icône du monde de l’art, dont les œuvres récentes sont exposées à Londres, Orani, en Italie et au Qatar. L’écrivain palestino-américain Sahar Mustafah revient avec une nouvelle émouvante, « Tiny Suns », tandis que Jim Quilty, à Beyrouth, critique le dernier film de Kamal Aljafari. Ce numéro présente également plusieurs des derniers livres sur la Palestine, notamment Palestine Minus One, critiqué par Gabriel Polley, Edward Said: Oppositional Intellectual, critiqué par Mark Levine, et le recueil de poésie You Must Live, critiqué par Sholeh Wolpé. L’auteur Raja Shehadeh, basé à Ramallah, revient dans TMR avec un essai qui pose la question « Comment les Palestiniens et les Israéliens peuvent-ils vivre ensemble ? », tandis que Sheryl Ono revient avec un essai potentiellement controversé, mais essentiel, intitulé « La suprématie juive et la genèse du génocide à Gaza ».
PALESTINE est complété par un essai anonyme, « Même les morts ne reposent pas en paix en Palestine », dans lequel trois amies palestiniennes, lors d’une promenade apparemment ordinaire à Beit Jala, près de Bethléem, contemplent le passé et imaginent un avenir rempli de points de contrôle, de clôtures, de murs et de colonies de plus en plus nombreux.
Si la Palestine doit être libre et devenir une terre pour tous ses habitants, il nous semble qu’elle doit rester la cause de notre vie, aussi long, difficile et insurmontable que cela puisse paraître.
– La rédaction
Traduit de l’anglais par Maï Taffin