Perspective iranienne sur une vie à l’ombre des missiles

Iran Darroudi, "Border of Burning," oil on canvas 70x70cm, 1968 (courtesy of the artist, irandarroudi.com).

20 JUNE 2025 • By Amir

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Alors que Téhéran et d'autres villes iraniennes subissent d'intenses bombardements, certaines personnes ont les moyens de fuir, tandis que celles qui ne peuvent pas dorment dehors, devant leurs immeubles, par peur de finir sous les décombres. Malgré la précarité de la situation, dans les cafés, les épiceries et l'équivalent iranien d'Uber, les gens restent calmes et, surtout, réalistes quant à leur vie et aux perspectives de leur pays. Pendant ce temps, la propagande de la République islamique tourne à plein régime alors que notre correspondant, assis dans un café avec une connexion internet défaillante, risque sa vie pour envoyer ses réflexions et ses observations à TMR.

La situation est effroyable. Chaque bruit, même celui d’une voiture qui passe ou d’un objet qui tombe, vous fait sursauter.

Dans certaines villes iraniennes, les gens dorment devant leur appartement par crainte de mourir dans un bombardement. On peut voir de la fumée s’élever de certains quartiers de la ville. Les personnes qui veulent quitter Téhéran doivent faire face à de longues files d’attente aux stations-service et au rationnement, voire aux pénuries de carburant (et cela dans un pays qui détient près de 10 % des réserves mondiales de pétrole). Les tunnels reliant Téhéran au nord du pays sont désormais à sens unique. Avec un accès internet défaillant, il est devenu difficile de s’orienter sur les routes.

Il y a deux heures au moment où j’écris ces lignes, Trump a déclaré : « Quittez Téhéran », la plupart des gens ici ont pris son avertissement au sérieux, d’autant plus qu’Israël a promis une « surprise » d’ici ce week-end. En revanche, les médias d’État de la République islamique continuent de diffuser leur propagande, qui affirme que « nous sommes en train de gagner ». Après que les Israéliens ont bombardé le bâtiment de la télévision d’État iranienne à Téhéran tard dans la nuit de lundi, la présentatrice de l’IRIB (Islamic Republic of Iran Broadcasting – la chaîne contrôlée par le régime iranien, ndt), la journaliste Sahar Emami, s’est rendue dans un studio voisin et a recommencé à diffuser en direct cinq minutes plus tard.

Ces derniers jours, depuis que la guerre a commencé, Téhéran semble plus bondée que jamais, non pas à cause du nombre de personnes qui tentent de quitter la ville, mais à cause du flot d’informations, de rumeurs, d’angoisses et de questions sans réponse qui l’inondent. Les missiles tombent, mais il n’y a ni sirènes d’alerte, ni coupure d’électricité. Dans les années 1980, lorsque la sirène d’alerte aérienne retentissait, tout s’arrêtait. Les écoles fermaient, la radio diffusait des alertes. Nous nous précipitions vers les abris souterrains. Mais aujourd’hui, la vie continue comme si rien n’avait changé : ceux qui n’ont pas les moyens de quitter Téhéran font la queue devant les boulangeries, les motos slaloment entre les piétons dans les rues et tout le monde est rivé à son téléphone, à la recherche du dernier post d’un influenceur.

Lundi 17 juin, Israël a frappé 22 provinces à travers l’Iran, des installations nucléaires, des bases des Gardiens de la révolution, voire les domiciles de leurs commandants, étaient visés. Lorsque j’ai allumé la télévision, j’ai vu un bâtiment touché avec une précision chirurgicale. Un présentateur d’une chaîne satellite iranienne, diffusant depuis l’étranger, s’est exclamé avec enthousiasme : « Le commandant qui prônait la modestie vivait dans une tour luxueuse dans les beaux quartiers de Téhéran ! » Et je me suis demandé comment il pouvait y avoir un tel écart entre les slogans et la réalité. 

Cette nuit-là, je n’ai pas réussi à dormir. J’ai bu une tisane apaisante, mais cela n’y a rien fait. Le ciel nocturne était illuminé par les traînées des missiles. Le bruit des canons antiaériens résonnait à travers la fenêtre entrouverte. Par moment, ils opéraient si loin que le bruit ressemblait à un tonnerre lointain. A d’autres, c’était si proche que les murs en tremblaient.

Ce matin, alors que je fais la queue à la boulangerie, j’entends deux hommes se disputer. L’un d’eux, qui parle fort, dit à l’autre : « Dieu merci, ils ont enfin été secoués. Combien de temps sommes-nous censés souffrir pendant qu’ils dorment sur l’argent du pétrole qu’ils ont récupéré ? »

« Secoués ? Qui a été touché à part le peuple ? Un dollar vaut 90 000 tomans, et ma femme n’a même pas les moyens de payer ses anxiolytiques. Ils en ont touché quelques-uns, mais c’est nous qui mourons. », lui répond le second.

Personne n’intervient. Tout le monde garde la tête baissée, comme d’habitude. Parfois, je pense que cette indifférence collective est une forme d’autodéfense. C’est comme si Téhéran avait décidé de jouer les idiots pour survivre.


Exemple d’une maison bombardée, Musée de la Révolution islamique et de la défense sacrée à Téhéran (photo de Matyas Rehak).
Exemple d’une maison bombardée, Musée de la Révolution islamique et de la défense sacrée à Téhéran (photo de Matyas Rehak).

Un thé amer et le drapeau tricolore de la monarchie

Dans l’après-midi, je rends visite à Nasrin, une vieille amie. Nous nous asseyons par terre, sur son tapis, pour siroter un thé amer, sans sucre. La télévision satellite est allumée. Le présentateur lit à haute voix les messages des téléspectateurs. L’un d’eux dit : « Bravo, Israël, éliminez-les un par un. » Un autre dit : « Nous détestons la République islamique, mais l’Iran reste notre pays. Cette attaque est une humiliation. »

Nasrin esquisse un sourire amer et me dit : « C’est étrange, non ? Comme les gens célèbrent facilement la mort aujourd’hui. » 

 « Nous sommes coincés quelque part entre… entre la haine et l’appartenance. », lui réponds-je.

 « Exactement. », me dit-elle en hochant la tête.

« Tu te souviens pendant la guerre contre l’Irak ? » ajouté-je. « Quand les sirènes rouges retentissaient, nous courions nous réfugier dans la cave. J’entends encore ce bruit. Mon cœur s’emballe encore quand j’y repense, même aujourd’hui. Je suis bien content qu’il n’y ait plus de sirènes maintenant. Je ne veux pas que cette peur revienne. »

 « Mais ces sirènes, aussi terrifiantes fussent-elles, signifiaient que quelqu’un veillait sur nous. Maintenant, il n’y a plus rien. Juste le silence. », me réplique-t-elle.

J’y réfléchis quelques instants. C’est vrai que cette nouvelle guerre ressemble à une ombre silencieuse. On ne dispose d’aucune information claire. Il n’y a aucun endroit sûr. Tout est enterré sous une couche de méfiance.

Au bout d’une heure, je me lève pour partir. J’appelle un Snapp pour rentrer chez moi. Le chauffeur est un jeune homme à la barbe clairsemée et aux yeux endormis. Un petit drapeau iranien avec l’ancien emblème du lion et du soleil est accroché au rétroviseur. Je me sens obligé de lui demander : « Ça fait longtemps que tu l’as là ? »

Il sourit. « Mon père l’avait quand j’étais petit. Je ne sais pas pourquoi, mais ça me rend nostalgique. » Il reste silencieux pendant un moment, puis ajoute : « Je n’ai pas dormi de la nuit. J’ai passé mon temps à faire défiler les infos et à regarder des vidéos. La moitié sont des mensonges, et l’autre moitié est terrifiante. »

« Et qu’est-ce que tu en penses, honnêtement ? »

Il expire profondément. « Honnêtement ? Une partie de moi se réjouit quand j’apprends qu’un commandant des Gardiens de la révolution a été tué dans un attentat. Mais en même temps, j’ai peur que ce soit ma maison qui soit bombardée la prochaine fois. Et si un missile frappait la rue où nous roulons en ce moment ? »

Je le regarde dans le rétroviseur. Il n’a pas dit grand-chose, mais je sens qu’il est intérieurement en proie à une grande agitation. « C’est un sentiment ambivalent… comme si nous ne savions pas si nous devons être heureux ou tristes. », lui dis-je.

Il rit amèrement et me rétorque : « C’est la vie maintenant. Tout est à moitié. Ni un espoir absolu, ni une rage absolue. Juste une sorte de claudication collective, que nous avons décidé d’appeler la normalité. »

Nous nous arrêtons à un feu rouge. Une vieille femme est assise sur le trottoir, tenant quelques boîtes d’allumettes dans ses mains. Aucun conducteur ne lui jette ne serait-ce qu’un regard. Le chauffeur me dit doucement : « Dans des moments comme celui-ci, personne ne voit vraiment les autres. Tout le monde attend juste que quelque chose se termine. Mais rien ne se termine. Ça continue, tout simplement. »

 

Dans les cafés

Les rues sont calmes. Moins de gens sont en voiture, peut-être à cause des longues files d’attente aux stations-service. Dans toute la ville, des banderoles ont été déployées avec des slogans tels que « Vengeance impitoyable » et « Le sang des martyrs ne restera pas sans réponse ». Le gouvernement tente d’encourager la population à se venger. L’atmosphère dans la ville oscille entre deuil et violence. Mais derrière toute cette propagande, les gens sont tout simplement épuisés.

Un analyste politique d’une chaîne de télévision en langue persane basée à Londres déclare que : « Le peuple iranien est fatigué. On ne peut pas rallier une nation à la guerre quand elle est aussi épuisée psychologiquement. Les gens ne veulent pas la guerre, ils veulent une issue. »

Les cafés de la ville sont toujours ouverts. La vie continue avec une sorte d’obstination qui ressemble à de la douleur. Il y a un café près de chez moi où je vais souvent le soir. Parfois, je pense que les gens vont dans ces cafés juste pour se rassurer que tout ne s’est pas encore complètement effondré. Les conversations sont d’une rare intensité.

Je vois Mani, un étudiant en sociologie aux cheveux épais et à la barbe bien taillée. Ses mots sont empreints d’ironie. « Nous pensions qu’ils dépensaient tout leur argent dans des drones, des missiles et la défense aérienne, mais il s’avère que le ciel iranien est plein de trous, comme un gruyère. Les plus hauts responsables de la sécurité n’ont pas su se protéger. Comment pourrais-je ne pas m’inquiéter pour la sécurité de ma propre famille ? Je vous laisse imaginer notre désespoir quand on éprouve une sorte de joie à l’idée qu’un autre pays nous a attaqués. C’est dire à quel point nous avons souffert d’injustice. Si nos dirigeants avaient vraiment de la compassion pour le peuple ou pour cette terre ancestrale, nous ne ressentirions pas cela. »

Un autre ajoute que : « Toutes les villes sont devenues dangereuses. Nous ne savons pas où aller. »

Une jeune fille, récemment arrivée d’Italie, dit d’un ton angoissé : « J’avais l’intention de rentrer, mais il n’y a pas de vols. J’ai même peur de prendre la route vers la Turquie ou l’Arménie. Et si un missile tombait en chemin ? Et si c’était tout finissait comme ça ? »

« Mehdi », pseudonyme d’un jeune homme que j’ai rencontré au café, nous déclare : « Je pense que cette guerre durera une à deux semaines. L’Iran doit mettre le feu à Israël pendant une à deux semaines. Les Iraniens sont habitués aux épreuves, mais pas les Israéliens. Ils ne peuvent pas le supporter. Nous devons nous battre intelligemment, obtenir l’aide du Hamas et du Yémen. Si quelques pays se joignent à la guerre contre Israël, le reste du monde s’inquiétera pour ses propres intérêts et mettra fin au conflit. L’Arabie saoudite ne devrait pas s’emballer, elle non plus, elle pourrait aussi se brûler les ailes dans le conflit. »

« Cette guerre est coûteuse en raison de la distance entre les deux pays. Si Israël semble si précis, c’est uniquement grâce au soutien militaire américain. Seul, ils ne sont rien, juste un toutou américain. C’est contre les États-Unis que nous nous battons, pas contre Israël. », ajoute-t-il.

« Nahid », une femme d’une soixantaine d’années assise à proximité, dit avec la gorge serrée : « Je ne m’intéresse pas à la politique. Mais je déteste la politique. Je ne comprends pas pourquoi j’ai si peur et que je ne peux rien y faire. J’entends des bruits la nuit, mais je ne me lève pas. Si je dois mourir, je préfère que ce soit sur le coup, plutôt que d’être handicapée et de mourir lentement. »

Dans le métro, plus que des masques, c’est l’inquiétude qui se lit sur les visages. Tout le monde est à cran. Chaque appel ou message provoque un sursaut d’angoisse. Une femme se tient à côté de moi, vêtue d’un tchador gris, elle tient un bébé dans ses bras. Le bébé dort, mais le coin de ses lèvres tremble de peur. Je sors un petit chocolat de ma poche et le lui offre avec un sourire.

Elle ne me regarde pas mais me murmure simplement : « Il dort. S’il se réveille, il va se remettre à pleurer. La nuit dernière, il a entendu une explosion et s’est réveillé en sursaut. »

Le silence dans le train est pesant. On n’entend que le bruit des roues sur les rails.

Quelqu’un dit à voix basse : « Israël a dit que si ses civils étaient tués, ils raseraient Téhéran. »

Personne ne répond.


Exemple d’une salle de classe bombardée, Musée de la Révolution islamique et de la défense sacrée à Téhéran (photo de Matyas Rehak.
Exemple d’une salle de classe bombardée, Musée de la Révolution islamique et de la défense sacrée à Téhéran (photo de Matyas Rehak.

En faisant les courses 

À l’épicerie du coin, le vieux commerçant fixe l’écran d’une télévision en sourdine. Des flammes et de la fumée, une carte de l’Iran, des points rouges clignotants. Il s’appelle Rahmat, c’est un homme qui a l’habitude d’accueillir chaleureusement chacun de ses clients. Mais aujourd’hui, sa voix est faible, son ton morose. « Que Dieu ait pitié », dit-il. « J’ai survécu à la guerre Iran-Irak… À l’époque aussi, tout le monde pensait que ce serait fini en une semaine. » 

C’est l’une des premières personnes que j’ai vues récemment et qui avaient vraiment l’air effrayé. Sa génération a connu la guerre : les mortiers, les sirènes, les rations alimentaires… Ces souvenirs sont gravés dans leur mémoire.

Les magasins sont encore approvisionnés, mais les gens commencent à se demander s’ils ne devraient pas commencer à stocker du riz, des bouteilles d’eau, des conserves, au cas où. Les haut-parleurs de la mosquée du quartier diffusent en boucle des chants révolutionnaires et de vieux hymnes de guerre. Ces sons nous sont familiers, ils ramènent la ville aux années 1980, à l’époque où la voix tremblante mais provocante d’Ahangaran envoyait les jeunes hommes au front.

C’est comme si la ville était perdue dans le brouillard du passé.

Mais quelque chose a changé.

Ce n’est pas une guerre classique. Il n’y a pas de tranchées, pas de chars, pas de soldats au keffieh trempé de sang et de poussière. Pourtant, ils l’appellent toujours une guerre, mais les ordres sont tapés derrière des écrans.

Les drones ont remplacé les soldats. Et les missiles arrivent sans prévenir, plus silencieux, plus froids et plus soudains que jamais.

Ce soir, je suis rentré plus tôt que d’habitude. Ma mère m’a dit qu’elle avait entendu le bruit des canons antiaériens. La télévision d’État ne diffuse que des images héroïques où l’on voit de tous nouveaux martyrs, des hymnes militaires et des discours appelant la population à la résistance et à la guerre. En revanche, BBC Persian, Iran International et d’autres médias étrangers diffusent des analyses en continu.

Des présentateurs fatigués. Des experts qui se succèdent sans fin. Mais aucun d’entre eux ne peut dire avec certitude ce qui se passera demain.

Il y a quelques nuits, le Guide suprême a défendu avec force l’enrichissement de l’uranium. « C’est comme si un pays possédait du pétrole mais se voyait interdire de construire une raffinerie. L’enrichissement est notre droit. », a-t-il déclaré.

Cette analogie, simple mais percutante, m’a marqué. Malgré toutes mes critiques à l’égard du régime au pouvoir en Iran, j’ai eu l’impression, à ce moment-là, qu’il avait raison. Le droit à la connaissance. Le droit de se tenir debout en toute autonomie. Mais cette nuit-là, la guerre n’avait toujours pas éclaté.

Il y a quelques jours, un ami que je connais depuis des années m’a dit : « L’Iran ne doit pas céder aux États-Unis ou à Israël, même si toute la région part en flammes. » Aujourd’hui, il est silencieux, il fixe son téléphone et demande, à personne en particulier : « Combien de temps cela va-t-il durer ? »

Je n’ai pas de réponse. Personne n’en a.

Venant d’une personne dans la cinquantaine et qui a été témoin de premier plan de ce qu’est la violence, ses slogans semblaient étranges. C’est facile de parler en absolus quand on est assis derrière un bureau, en sécurité. 

Ma sœur m’appelle. « J’ai laissé un sac près de la porte. Les papiers de la maison, un peu d’argent, quelques photos. Si quelque chose arrive, j’en aurai peut-être besoin pour prouver que j’habitais ici… Oh ! et si un missile tombe, comment je vais faire pour sortir en pyjama ? », me dit-elle.

Je ne sais pas si je dois en rire ou en pleurer. Même au cœur d’une catastrophe, les gens se soucient encore de leur dignité. Je reste assis devant mon ordinateur portable. Mes doigts sont engourdis. Dehors, le bruit a disparu, mais ce silence est pire, c’est le même que celui avant un tremblement de terre. 

Je commence à écrire, le café est encore à moitié vide. Quelques personnes discutent à voix basse des nouvelles de la veille. L’un d’eux dit que : « Des drones sont arrivés de l’ouest, la défense aérienne a réagi trop tard. » Un autre lui répond : « Ils ont dépensé tellement d’argent en Irak, à envoyer des pèlerins à Karbala et à dire que ce pays était notre frère, et maintenant, l’espace aérien irakien est ouvert aux avions israéliens. »

Je ne dis rien. Je me contente d’écouter. Comme quelqu’un qui enregistre des détails qui pourraient avoir de l’importance plus tard. Le serveur prend les commandes. L’arôme du café emplit l’air et se mêle aux informations qui se succèdent sans interruption depuis la veille au soir.

La ville est la même, mais ses bruits sont désormais teintés d’une angoisse latente. La guerre semble s’être insinuée dans le tissu de la vie quotidienne, plutôt que de crier sa présence.

Deux hommes d’âge moyen assis à la table voisine ont commencé à discuter. L’un s’appelle Mostafa, il était employé de banque mais aujourd’hui il est à la retraite. L’autre, Nader, explique qu’il était professeur de sciences politiques de l’université de Téhéran, lui aussi est maintenant à la retraite. Leur conversation est plus sérieuse que d’habitude.

Nader, calme mais vif d’esprit, se met à analyser la situation : « Écoute, ces attaques israéliennes montrent clairement que les services de renseignement et de sécurité de la République islamique ont été durement touchés. Les gens ne se posent plus qu’une seule question : où est passé tout l’argent qu’ils ont dit avoir dépensé pour la défense ? Comment les attaques israéliennes ont-elles pu être aussi précises ? »

 « À l’heure actuelle, on peut distinguer trois groupes distincts parmi la population. Un groupe reste fidèle à l’idéologie du régime, estimant qu’il s’agit d’une victoire historique sur Israël. Un autre groupe, principalement actif sur les réseaux sociaux, dénonce les défaillances des services de renseignement du régime et évoque l’effondrement de la sécurité.

Le troisième groupe, peut-être le plus important, veut simplement survivre : il essaie de se procurer de l’essence, d’acheter de quoi manger, de quitter la ville ou de trouver un moyen d’assurer la sécurité de sa famille. Ce ne sont pas des analystes ou des politiciens, ils sont simplement fatigués et cherchent une bouffée d’air frais. », poursuit-il.

 « Oui. Ils sont fatigués. Et cette lassitude ne peut pas être comblée par des slogans à la télé. Les gens ne se laissent plus influencer par les publicités ou les rassemblements. », répond Mostafa, en hochant la tête tout en soupirant. 

Nader enchaîne : « La plupart des gens détestent la guerre. Ils subissent de lourdes pressions économiques, sociales et politiques et ils ne veulent pas payer le prix de la politique régionale ou idéologique du régime. »

Beaucoup de ceux qui s’opposent à la politique de la République islamique ne sont en aucun cas des partisans d’Israël : ils condamnent Israël pour sa politique d’occupation et le massacre de civils à Gaza. Cette vieille question me revient à l’esprit : sommes-nous censés payer un prix aussi élevé simplement pour nos « droits légitimes » ? Et les gens ordinaires, ceux qui n’ont pas accès au pouvoir, qui n’ont pas leur mot à dire dans les décisions, que paient-ils réellement ?

Je ne sais pas pourquoi j’écris tout ça. Peut-être parce que si je ne le fais pas, j’ai l’impression que je vais disparaître. Pas seulement de la carte, mais aussi de mon propre esprit. La guerre est toujours là, même si nous l’avons cachée derrière les bulletins météo et les publicités à la télé. Même s’il n’y a pas de sirène.

Ma main s’est arrêtée sur la souris. Je me dis que demain, il n’y aura peut-être plus d’électricité. Ou qu’internet sera coupé. Ou que ce texte n’arrivera jamais à destination.

 

La psyché persane 

Hier soir, sur les réseaux sociaux, beaucoup ont publié des photos de leur maison, j’ai vu des salons propres et calmes, éclairés par la douce lumière de l’après-midi. Sous les images, on lit des légendes telles que : « Je vous souhaite de rester en sécurité. J’espère que nous nous reverrons. »

Quitter son domicile n’est pas seulement une décision logique, c’est aussi une décision émotionnelle. Les gens ont écrit sur ce que signifiait pour eux de quitter un lieu rempli de souvenirs : les livres laissés sur les étagères, les plantes d’intérieur arrosées une dernière fois ce matin-là, les chaises sur lesquelles ils ne s’assiéront peut-être plus jamais.

Mais tout le monde n’a pas pu partir. Certains n’ont pas le choix. Une personne écrit sur les réseaux sociaux : « Mon père vient de subir une opération à cœur ouvert et est sorti de l’hôpital récemment. Ma mère s’occupe de lui toute seule, et même nous, nous ne pouvons pas nous approcher de lui car il doit rester dans un environnement stérile. Comment pourrions-nous quitter Téhéran dans ces conditions ? »

L’intensité des bombardements à Téhéran et dans d’autres villes est devenue terrifiante. Mais même pendant les attaques, les lumières de la ville restent allumées. Le gouvernement a demandé à la population de ne pas quitter la capitale. Les autorités ont annoncé que les stations de métro et les mosquées resteraient ouvertes 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, afin que les gens puissent s’y réfugier pendant la nuit. Mais tous les quartiers ne disposent pas d’une station de métro à proximité. Le réseau de métro de Téhéran n’est pas aussi étendu ni aussi accessible que dans d’autres grandes villes. Dans de nombreux quartiers, la station la plus proche peut se trouver à plusieurs kilomètres.

Aujourd’hui, la plupart des gens passent leur nuit scotchés à leur télévision, à regarder les informations, à essayer de se tenir au courant, à guetter la prochaine explosion. Et quand les bombes tombent, personne ne sait où courir se réfugier. Dans les gratte-ciels de Téhéran, les cages d’escalier sont étroites, les fenêtres sont partout et souvent, il n’y a pas de sous-sol. La seule chose qui est possible, c’est de rester debout au milieu de votre maison ou regarder par la fenêtre, les yeux fixés vers le ciel, dans l’espoir d’un signe, mais sans rien voir.

 

traduit de l’anglais par Marion Beauchamp-Levet




Amir

Amir is a writer and artist in Tehran.

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Hafez, Iran’s Revered Poet, trans. Erfan Mojib & Gary Gach

15 JULY 2024 • By Erfan Mojib, Gary Gach
Hafez, Iran’s Revered Poet, trans. Erfan Mojib & Gary Gach
Fiction

“Firefly”—a short story by Alireza Iranmehr

5 JULY 2024 • By Alireza Iranmehr, Salar Abdoh
“Firefly”—a short story by Alireza Iranmehr
Books

The Mourning Diaries of Atash Shakarami

5 JULY 2024 • By Poupeh Missaghi
The Mourning Diaries of Atash Shakarami
Poetry

Three Poems by Somaia Ramish

12 JUNE 2024 • By Somaia Ramish
Three Poems by Somaia Ramish
Centerpiece

Dare Not Speak—a One-Act Play

7 JUNE 2024 • By Hassan Abdulrazzak
<em>Dare Not Speak</em>—a One-Act Play
Interviews

Nothing is Normal, Nothing Is What it Seems (Underground Theatre in Iran After the Woman, Life, Freedom Movement)

7 JUNE 2024 • By Mehrnaz Daneshvar, Salar Abdoh
Nothing is Normal, Nothing Is What it Seems (Underground Theatre in Iran After the Woman, Life, Freedom Movement)
Essays

The Elephant in the Box

3 MAY 2024 • By Asmaa Elgamal
The Elephant in the Box
Opinion

Equating Critique of Israel with Antisemitism, US Academics are Being Silenced

12 APRIL 2024 • By Maura Finkelstein
Equating Critique of Israel with Antisemitism, US Academics are Being Silenced
Featured Artist

Bani Khoshnoudi: Featured Artist for PARIS

1 APRIL 2024 • By TMR, Jordan Elgrably
Bani Khoshnoudi: Featured Artist for PARIS
Art & Photography

Will Artists Against Genocide Boycott the Venice Biennale?

18 MARCH 2024 • By Hadani Ditmars
Will Artists Against Genocide Boycott the Venice Biennale?
Essays

The Time of Monsters

3 MARCH 2024 • By Layla AlAmmar
The Time of Monsters
Essays

Israel’s Environmental and Economic Warfare on Lebanon

3 MARCH 2024 • By Michelle Eid
Israel’s Environmental and Economic Warfare on Lebanon
Columns

Genocide: “That bell can’t be unrung. That thought can’t be unthunk.”

3 MARCH 2024 • By Amal Ghandour
Genocide: “That bell can’t be unrung. That thought can’t be unthunk.”
Book Reviews

Eyeliner: A Cultural History by Zahra Hankir—A Review

19 FEBRUARY 2024 • By Nazli Tarzi
<em>Eyeliner: A Cultural History</em> by Zahra Hankir—A Review
short story

“Water”—a short story by Salar Abdoh

4 FEBRUARY 2024 • By Salar Abdoh
“Water”—a short story by Salar Abdoh
Essays

A Treatise on Love

4 FEBRUARY 2024 • By Maryam Haidari, Salar Abdoh
A Treatise on Love
Featured article

Israel-Palestine: Peace Under Occupation?

29 JANUARY 2024 • By Laëtitia Soula
Israel-Palestine: Peace Under Occupation?
Books

Illuminated Reading for 2024: Our Anticipated Titles

22 JANUARY 2024 • By TMR
Illuminated Reading for 2024: Our Anticipated Titles
Book Reviews

An Iranian Novelist Seeks the Truth About a Plane Crash

15 JANUARY 2024 • By Sepideh Farkhondeh
An Iranian Novelist Seeks the Truth About a Plane Crash
Books

Inside Hamas: From Resistance to Regime

25 DECEMBER 2023 • By Paola Caridi
Inside <em>Hamas: From Resistance to Regime</em>
Columns

Messages From Gaza Now

11 DECEMBER 2023 • By Hossam Madhoun
Messages From Gaza Now
Film

Religious Misogyny Personified in Ali Abbasi’s Holy Spider

11 DECEMBER 2023 • By Bavand Karim
Religious Misogyny Personified in Ali Abbasi’s <em>Holy Spider</em>
TMR 37 • Endings & Beginnings

“The Summer They Heard Music”—a short story by MK Harb

3 DECEMBER 2023 • By MK Harb
“The Summer They Heard Music”—a short story by MK Harb
Fiction

“The Waiting Bones”—an essay by Maryam Haidari

3 DECEMBER 2023 • By Maryam Haidari, Salar Abdoh
“The Waiting Bones”—an essay by Maryam Haidari
Fiction

“I, Hanan”—a Gazan tale of survival by Joumana Haddad

3 DECEMBER 2023 • By Joumana Haddad
“I, Hanan”—a Gazan tale of survival by Joumana Haddad
Essays

Days of Oranges—Libya’s Thawra

3 DECEMBER 2023 • By Yesmine Abida
Days of Oranges—Libya’s Thawra
Book Reviews

First Kurdish Sci-Fi Collection is Rooted in the Past

28 NOVEMBER 2023 • By Matt Broomfield
First Kurdish Sci-Fi Collection is Rooted in the Past
Opinion

Gaza vs. Mosul from a Medical and Humanitarian Standpoint

27 NOVEMBER 2023 • By Ahmed Twaij
Gaza vs. Mosul from a Medical and Humanitarian Standpoint
Art & Photography

Palestinian Artists & Anti-War Supporters of Gaza Cancelled

27 NOVEMBER 2023 • By Nada Ghosn
Palestinian Artists & Anti-War Supporters of Gaza Cancelled
Fiction

Bahar: 22 years in the Life of a Compulsory Hijabi in Teheran

20 NOVEMBER 2023 • By Joumana Haddad
Bahar: 22 years in the Life of a Compulsory Hijabi in Teheran
Art & Photography

Iranian Women Photographers: Life, Freedom, Music, Art & Hair

20 NOVEMBER 2023 • By Malu Halasa
Iranian Women Photographers: Life, Freedom, Music, Art & Hair
Book Reviews

The Fiction of Palestine’s Ghassan Zaqtan

13 NOVEMBER 2023 • By Cory Oldweiler
The Fiction of Palestine’s Ghassan Zaqtan
Opinion

Beautiful October 7th Art Belies the Horrors of War

13 NOVEMBER 2023 • By Mark LeVine
Beautiful October 7th Art Belies the Horrors of War
Islam

October 7 and the First Days of the War

23 OCTOBER 2023 • By Robin Yassin-Kassab
October 7 and the First Days of the War
Editorial

Palestine and the Unspeakable

16 OCTOBER 2023 • By Lina Mounzer
Palestine and the Unspeakable
Books

The Contemporary Literary Scene in Iran

1 OCTOBER 2023 • By Salar Abdoh
The Contemporary Literary Scene in Iran
Book Reviews

Reza Aslan’s An American Martyr in Persia Argues for US-Iranian Friendship

1 OCTOBER 2023 • By Dalia Sofer
Reza Aslan’s <em>An American Martyr in Persia</em> Argues for US-Iranian Friendship
Art

Special World Picks Sept 15-26 on TMR’s Third Anniversary

14 SEPTEMBER 2023 • By TMR
Special World Picks Sept 15-26 on TMR’s Third Anniversary
Essays

A Day in the Life with Forugh Farrokhzad (and a Tortoise)

3 SEPTEMBER 2023 • By Fargol Malekpoosh
A Day in the Life with Forugh Farrokhzad (and a Tortoise)
Book Reviews

What’s the Solution for Jews and Palestine in the Face of Apartheid Zionism?

21 AUGUST 2023 • By Jonathan Ofir
What’s the Solution for Jews and Palestine in the Face of Apartheid Zionism?
Opinion

The Middle East is Once Again West Asia

14 AUGUST 2023 • By Chas Freeman, Jr.
The Middle East is Once Again West Asia
Book Reviews

Can the Kurdish Women’s Movement Transform the Middle East?

31 JULY 2023 • By Matt Broomfield
Can the Kurdish Women’s Movement Transform the Middle East?
Opinion

The End of the Palestinian State? Jenin Is Only the Beginning

10 JULY 2023 • By Yousef M. Aljamal
The End of the Palestinian State? Jenin Is Only the Beginning
Fiction

Arrival in the Dark—fiction from Alireza Iranmehr

2 JULY 2023 • By Alireza Iranmehr, Salar Abdoh
Arrival in the Dark—fiction from Alireza Iranmehr
Fiction

“Here, Freedom”—fiction from Danial Haghighi

2 JULY 2023 • By Danial Haghighi, Salar Abdoh
“Here, Freedom”—fiction from Danial Haghighi
Essays

“My Mother is a Tree”—a story by Aliyeh Ataei

2 JULY 2023 • By Aliyeh Ataei
“My Mother is a Tree”—a story by Aliyeh Ataei
Essays

Zahhāk: An Etiology of Evil

2 JULY 2023 • By Omid Arabian
Zahhāk: An Etiology of Evil
Fiction

“The Long Walk of the Martyr”—fiction from Salar Abdoh

2 JULY 2023 • By Salar Abdoh
“The Long Walk of the Martyr”—fiction from Salar Abdoh
Art & Photography

From the City to the Desert—Tahmineh Monzavi

4 JUNE 2023 • By Tahmineh Monzavi
From the City to the Desert—Tahmineh Monzavi
Film

The Majesty and Mystery of Nature: Ali Cherri’s Dam in Sudan

4 JUNE 2023 • By Karim Goury
The Majesty and Mystery of Nature: Ali Cherri’s <em>Dam</em> in Sudan
Essays

Alien Entities in the Desert

4 JUNE 2023 • By Dror Shohet
Alien Entities in the Desert
Featured Artist

Nasrin Abu Baker: The Markaz Review Featured Artist, June 2023

4 JUNE 2023 • By TMR
Nasrin Abu Baker: The Markaz Review Featured Artist, June 2023
Islam

From Pawns to Global Powers: Middle East Nations Strike Back

29 MAY 2023 • By Chas Freeman, Jr.
From Pawns to Global Powers: Middle East Nations Strike Back
Book Reviews

How Bethlehem Evolved From Jerusalem’s Sleepy Backwater to a Global Town

15 MAY 2023 • By Karim Kattan
How Bethlehem Evolved From Jerusalem’s Sleepy Backwater to a Global Town
Book Reviews

Where Are Yesterday’s Dhufar Revolutionaries Today?

15 MAY 2023 • By Tugrul Mende
Where Are Yesterday’s Dhufar Revolutionaries Today?
TMR Conversations

TMR CONVERSATIONS: Amal Ghandour Interviews Raja Shehadeh

11 MAY 2023 • By Amal Ghandour, Raja Shehadeh
TMR CONVERSATIONS: Amal Ghandour Interviews Raja Shehadeh
Photography

Iran on the Move—Photos by Peyman Hooshmandzadeh

1 MAY 2023 • By Peyman Hooshmandzadeh, Malu Halasa
Iran on the Move—Photos by Peyman Hooshmandzadeh
Book Reviews

Hard Work: Kurdish Kolbars or Porters Risk Everything

1 MAY 2023 • By Clive Bell
Hard Work: Kurdish <em>Kolbars</em> or Porters Risk Everything
Art & Photography

TMR Conversations: Mana Neyestani, Graphic Novelist

1 MAY 2023 • By Malu Halasa
TMR Conversations: Mana Neyestani, Graphic Novelist
Film

Seven Winters in Tehran and the Execution of Reyhaneh Jabbari

10 APRIL 2023 • By Malu Halasa
<em>Seven Winters in Tehran</em> and the Execution of Reyhaneh Jabbari
Film Reviews

Yallah Gaza! Presents the Case for Gazan Humanity

10 APRIL 2023 • By Karim Goury
<em>Yallah Gaza!</em> Presents the Case for Gazan Humanity
Poetry Markaz

Yang Lian

4 APRIL 2023 • By Yang Lian
Yang Lian
Beirut

Tel Aviv-Beirut, a Film on War, Love & Borders

20 MARCH 2023 • By Karim Goury
<em>Tel Aviv-Beirut</em>, a Film on War, Love & Borders
Beirut

Interview with Michale Boganim, Director of Tel Aviv-Beirut

20 MARCH 2023 • By Karim Goury
Interview with Michale Boganim, Director of <em>Tel Aviv-Beirut</em>
Book Reviews

In Search of Fathers: Raja Shehadeh’s Palestinian Memoir

13 MARCH 2023 • By Amal Ghandour
In Search of Fathers: Raja Shehadeh’s Palestinian Memoir
Art

Nazanin Pouyandeh

5 MARCH 2023 • By TMR
Nazanin Pouyandeh
Cities

The Odyssey That Forged a Stronger Athenian

5 MARCH 2023 • By Iason Athanasiadis
The Odyssey That Forged a Stronger Athenian
Cities

Coming of Age in a Revolution

5 MARCH 2023 • By Lushik Lotus Lee
Coming of Age in a Revolution
Essays

Home Under Siege: a Palestine Photo Essay

5 MARCH 2023 • By Anam Raheem
Home Under Siege: a Palestine Photo Essay
Art & Photography

Becoming Palestine Imagines a Liberated Future

27 FEBRUARY 2023 • By Katie Logan
<em>Becoming Palestine</em> Imagines a Liberated Future
Book Reviews

White Torture Prison Interviews Condemn Solitary Confinement

13 FEBRUARY 2023 • By Kamin Mohammadi
<em>White Torture</em> Prison Interviews Condemn Solitary Confinement
Columns

Letters From Tehran: Braving Tehran’s Roundabout, Maidan Valiasr

30 JANUARY 2023 • By TMR
Letters From Tehran: Braving Tehran’s Roundabout, Maidan Valiasr
Book Reviews

Editor’s Picks: Magical Realism in Iranian Lit

30 JANUARY 2023 • By Rana Asfour
Editor’s Picks: Magical Realism in Iranian Lit
Art

The Creative Resistance in Palestinian Art

26 DECEMBER 2022 • By Malu Halasa
The Creative Resistance in Palestinian Art
Featured article

Don’t Be a Stooge for the Regime—Iranians Reject State-Controlled Media!

15 DECEMBER 2022 • By Malu Halasa
Don’t Be a Stooge for the Regime—Iranians Reject State-Controlled Media!
Columns

Siri Hustvedt & Ahdaf Souief Write Letters to Imprisoned Writer Narges Mohammadi

15 DECEMBER 2022 • By TMR
Siri Hustvedt & Ahdaf Souief Write Letters to Imprisoned Writer Narges Mohammadi
Music

Revolutionary Hit Parade: 12+1 Protest Songs from Iran

15 DECEMBER 2022 • By Malu Halasa
Revolutionary Hit Parade: 12+1 Protest Songs from Iran
Columns

Music for Tomorrow: Iranians Yearn for Freedom

15 DECEMBER 2022 • By Nazanin Malekan
Music for Tomorrow: Iranians Yearn for Freedom
Essays

Conflict and Freedom in Palestine, a Trip Down Memory Lane

15 DECEMBER 2022 • By Eman Quotah
Film

Imprisoned Director Jafar Panahi’s No Bears

15 DECEMBER 2022 • By Clive Bell
Imprisoned Director Jafar Panahi’s <em>No Bears</em>
Columns

Sudden Journeys: Israel’s Intimate Separations—Part 3

5 DECEMBER 2022 • By Jenine Abboushi
Sudden Journeys: Israel’s Intimate Separations—Part 3
Book Reviews

Fida Jiryis on Palestine in Stranger in My Own Land

28 NOVEMBER 2022 • By Diana Buttu
Fida Jiryis on Palestine in <em>Stranger in My Own Land</em>
Opinion

Historic Game on the Horizon: US Faces Iran Once More

28 NOVEMBER 2022 • By Mireille Rebeiz
Columns

Letter From Tehran: From Hair to Hugs, Times Are Changing

28 NOVEMBER 2022 • By TMR
Essays

Farewell to a Football Love Affair in Iran

15 NOVEMBER 2022 • By Sara Mokhavat
Farewell to a Football Love Affair in Iran
Poetry

5 Poems & a Video—Essential Voices: Poetry of Iran and Its Diaspora

15 NOVEMBER 2022 • By TMR, Sholeh Wolpé
Opinion

Fragile Freedom, Fragile States in the Muslim World

24 OCTOBER 2022 • By I. Rida Mahmood
Fragile Freedom, Fragile States in the Muslim World
Columns

Women Are the Face of Iran’s Leaderless Revolution

24 OCTOBER 2022 • By Mahmood Karimi Hakak
Women Are the Face of Iran’s Leaderless Revolution
Opinion

Letter From Tehran: On the Pain of Others, Once Again

24 OCTOBER 2022 • By Sara Mokhavat
Letter From Tehran: On the Pain of Others, Once Again
Poetry

The Heroine Forugh Farrokhzad—”Only Voice Remains”

15 OCTOBER 2022 • By Sholeh Wolpé
The Heroine Forugh Farrokhzad—”Only Voice Remains”
Art

#MahsaAmini—Art by Rachid Bouhamidi, Los Angeles

15 OCTOBER 2022 • By Rachid Bouhamidi
#MahsaAmini—Art by Rachid Bouhamidi, Los Angeles
Art & Photography

Homage to Mahsa Jhina Amini & the Women-Led Call for Freedom

15 OCTOBER 2022 • By TMR
Homage to Mahsa Jhina Amini & the Women-Led Call for Freedom
Art

Defiance—an essay from Sara Mokhavat

15 OCTOBER 2022 • By Sara Mokhavat, Salar Abdoh
Defiance—an essay from Sara Mokhavat
Book Reviews

Zoulikha, Forgotten Freedom Fighter of the Algerian War

15 OCTOBER 2022 • By Fouad Mami
Zoulikha, Forgotten Freedom Fighter of the Algerian War
Columns

Sudden Journeys: Israel’s Intimate Separations—Part 1

26 SEPTEMBER 2022 • By Jenine Abboushi
Sudden Journeys: Israel’s Intimate Separations—Part 1
Art

My Berlin Triptych: On Museums and Restitution

15 SEPTEMBER 2022 • By Viola Shafik
My Berlin Triptych: On Museums and Restitution
Essays

Phoneless in Filthy Berlin

15 SEPTEMBER 2022 • By Maisan Hamdan, Rana Asfour
Phoneless in Filthy Berlin
Essays

Kairo Koshary, Berlin’s Egyptian Food Truck

15 SEPTEMBER 2022 • By Mohamed Radwan
Kairo Koshary, Berlin’s Egyptian Food Truck
Columns

Unapologetic Palestinians, Reactionary Germans

15 SEPTEMBER 2022 • By Abir Kopty
Unapologetic Palestinians, Reactionary Germans
Art & Photography

Photographer Mohamed Badarne (Palestine) and his U48 Project

15 SEPTEMBER 2022 • By Viola Shafik
Photographer Mohamed Badarne (Palestine) and his U48 Project
Art & Photography

Shirin Mohammad: Portrait of an Artist Between Berlin & Tehran

15 SEPTEMBER 2022 • By Noushin Afzali
Shirin Mohammad: Portrait of an Artist Between Berlin & Tehran
Columns

Salman Rushdie, Aziz Nesin and our Lingering Fatwas

22 AUGUST 2022 • By Sahand Sahebdivani
Salman Rushdie, Aziz Nesin and our Lingering Fatwas
Opinion

Attack on Salman Rushdie is Shocking Tip of the Iceberg

15 AUGUST 2022 • By Jordan Elgrably
Attack on Salman Rushdie is Shocking Tip of the Iceberg
Book Reviews

Questionable Thinking on the Syrian Revolution

1 AUGUST 2022 • By Fouad Mami
Questionable Thinking on the Syrian Revolution
Art

Abundant Middle Eastern Talent at the ’22 Avignon Theatre Fest

18 JULY 2022 • By Nada Ghosn
Abundant Middle Eastern Talent at the ’22 Avignon Theatre Fest
Editorial

Editorial: Is the World Driving Us Mad?

15 JULY 2022 • By TMR
Editorial: Is the World Driving Us Mad?
Centerpiece

Big Laleh, Little Laleh—memoir by Shokouh Moghimi

15 JULY 2022 • By Shokouh Moghimi, Salar Abdoh
Big Laleh, Little Laleh—memoir by Shokouh Moghimi
Film

Lebanon in a Loop: A Retrospective of “Waves ’98”

15 JULY 2022 • By Youssef Manessa
Lebanon in a Loop: A Retrospective of “Waves ’98”
Book Reviews

Traps and Shadows in Noor Naga’s Egypt Novel

20 JUNE 2022 • By Ahmed Naji
Traps and Shadows in Noor Naga’s Egypt Novel
Music

Roxana Vilk’s Personal History of Iranian Music

20 JUNE 2022 • By Melissa Chemam
Roxana Vilk’s Personal History of Iranian Music
Columns

World Refugee Day — What We Owe Each Other

20 JUNE 2022 • By Jordan Elgrably
World Refugee Day — What We Owe Each Other
Fiction

“Buenos Aires of Her Eyes”—a story by Alireza Iranmehr

15 JUNE 2022 • By Alireza Iranmehr, Salar Abdoh
“Buenos Aires of Her Eyes”—a story by Alireza Iranmehr
Featured excerpt

Hawra Al-Nadawi: “Tuesday and the Green Movement”

15 JUNE 2022 • By Hawra Al-Nadawi, Alice Guthrie
Hawra Al-Nadawi: “Tuesday and the Green Movement”
Opinion

Israel and Palestine: Focus on the Problem, Not the Solution

30 MAY 2022 • By Mark Habeeb
Israel and Palestine: Focus on the Problem, Not the Solution
Essays

We, Palestinian Israelis

15 MAY 2022 • By Jenine Abboushi
We, Palestinian Israelis
Book Reviews

In East Jerusalem, Palestinian Youth Struggle for Freedom

15 MAY 2022 • By Mischa Geracoulis
Featured excerpt

Palestinian and Israeli: Excerpt from “Haifa Fragments”

15 MAY 2022 • By khulud khamis
Palestinian and Israeli: Excerpt from “Haifa Fragments”
Latest Reviews

Palestinian Filmmaker, Israeli Passport

15 MAY 2022 • By Jordan Elgrably
Palestinian Filmmaker, Israeli Passport
Opinion

Palestinians and Israelis Will Commemorate the Nakba Together

25 APRIL 2022 • By Rana Salman, Yonatan Gher
Palestinians and Israelis Will Commemorate the Nakba Together
Columns

Not Just Any Rice: Persian Kateh over Chelo

15 APRIL 2022 • By Maryam Mortaz, A.J. Naddaff
Not Just Any Rice: Persian Kateh over Chelo
Book Reviews

Abū Ḥamza’s Bread

15 APRIL 2022 • By Philip Grant
Abū Ḥamza’s Bread
Film Reviews

Palestine in Pieces: Hany Abu-Assad’s Huda’s Salon

21 MARCH 2022 • By Jordan Elgrably
Palestine in Pieces: Hany Abu-Assad’s <em>Huda’s Salon</em>
Opinion

U.S. Sanctions Russia for its Invasion of Ukraine; Now Sanction Israel for its Occupation of Palestine

21 MARCH 2022 • By Yossi Khen, Jeff Warner
U.S. Sanctions Russia for its Invasion of Ukraine; Now Sanction Israel for its Occupation of Palestine
Latest Reviews

Three Love Poems by Rumi, Translated by Haleh Liza Gafori

15 MARCH 2022 • By Haleh Liza Gafori
Three Love Poems by Rumi, Translated by Haleh Liza Gafori
Book Reviews

The Art of Remembrance in Abacus of Loss

15 MARCH 2022 • By Sherine Elbanhawy
The Art of Remembrance in <em>Abacus of Loss</em>
Art

Atia Shafee: Raw and Distant Memories

15 FEBRUARY 2022 • By Atia Shafee
Atia Shafee: Raw and Distant Memories
Art

Farzad Kohan: Love, Migration, Identity

15 FEBRUARY 2022 • By Farzad Kohan
Farzad Kohan: Love, Migration, Identity
Art

Baba Karam Lessons: Artist Amitis Motevalli

15 FEBRUARY 2022 • By Amitis Motevalli
Baba Karam Lessons: Artist Amitis Motevalli
Columns

Getting to the Other Side: a Kurdish Migrant Story

15 JANUARY 2022 • By Iason Athanasiadis
Getting to the Other Side: a Kurdish Migrant Story
Art & Photography

Refugees of Afghanistan in Iran: a Photo Essay by Peyman Hooshmandzadeh

15 JANUARY 2022 • By Peyman Hooshmandzadeh, Salar Abdoh
Refugees of Afghanistan in Iran: a Photo Essay by Peyman Hooshmandzadeh
Book Reviews

Meditations on The Ungrateful Refugee

15 JANUARY 2022 • By Rana Asfour
Meditations on <em>The Ungrateful Refugee</em>
Book Reviews

Temptations of the Imagination: how Jana Elhassan and Samar Yazbek transmogrify the world

10 JANUARY 2022 • By Rana Asfour
Temptations of the Imagination: how Jana Elhassan and Samar Yazbek transmogrify the world
Interviews

The Fabulous Omid Djalili on Good Times and the World

15 DECEMBER 2021 • By Jordan Elgrably
The Fabulous Omid Djalili on Good Times and the World
Essays

Syria Through British Eyes

29 NOVEMBER 2021 • By Rana Haddad
Syria Through British Eyes
Film Reviews

Victims of Discrimination Never Forget in The Forgotten Ones

1 NOVEMBER 2021 • By Jordan Elgrably
Victims of Discrimination Never Forget in <em>The Forgotten Ones</em>
Featured excerpt

Memoirs of a Militant, My Years in the Khiam Women’s Prison

15 OCTOBER 2021 • By Nawal Qasim Baidoun
Memoirs of a Militant, My Years in the Khiam Women’s Prison
Film Reviews

Will Love Triumph in the Midst of Gaza’s 14-Year Siege?

11 OCTOBER 2021 • By Jordan Elgrably
Will Love Triumph in the Midst of Gaza’s 14-Year Siege?
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Hasteem, We Are Here: The Collective for Black Iranians

15 SEPTEMBER 2021 • By Maryam Sophia Jahanbin
Hasteem, We Are Here: The Collective for Black Iranians
Essays

Why Resistance Is Foundational to Kurdish Literature

15 SEPTEMBER 2021 • By Ava Homa
Why Resistance Is Foundational to Kurdish Literature
Featured excerpt

The Harrowing Life of Kurdish Freedom Activist Kobra Banehi

15 SEPTEMBER 2021 • By Kobra Banehi, Jordan Elgrably
The Harrowing Life of Kurdish Freedom Activist Kobra Banehi
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Women Comic Artists, from Afghanistan to Morocco

15 AUGUST 2021 • By Sherine Hamdy
Women Comic Artists, from Afghanistan to Morocco
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In Flawed Democracies, White Supremacy and Ethnocentrism Flourish

1 AUGUST 2021 • By Mya Guarnieri Jaradat
In Flawed Democracies, White Supremacy and Ethnocentrism Flourish
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Making a Film in Gaza

14 JULY 2021 • By Elana Golden
Making a Film in Gaza
Weekly

The Unfinished Presidency of Jimmy Carter

4 JULY 2021 • By Maryam Zar
The Unfinished Presidency of Jimmy Carter
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ISIS and the Absurdity of War in the Age of Twitter

4 JULY 2021 • By Jessica Proett
ISIS and the Absurdity of War in the Age of Twitter
Columns

The Diplomats’ Quarter: Wasta of the Palestinian Authority

14 JUNE 2021 • By Raja Shehadeh
The Diplomats’ Quarter: Wasta of the Palestinian Authority
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The Triumph of Love and the Palestinian Revolution

16 MAY 2021 • By Fouad Mami
Art

The Murals of “Education is Not a Crime”

14 MAY 2021 • By Saleem Vaillancourt
The Murals of “Education is Not a Crime”
Essays

The Wall We Can’t Tell You About

14 MAY 2021 • By Jean Lamore
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TMR 7 • Truth?

The Crash, Covid-19 and Other Iranian Stories

14 MARCH 2021 • By Malu Halasa
The Crash, Covid-19 and Other Iranian Stories
TMR 6 • Revolutions

The Revolution Sees its Shadow 10 Years Later

14 FEBRUARY 2021 • By Mischa Geracoulis
The Revolution Sees its Shadow 10 Years Later

1 thought on “Life Under the Shadow of Missiles: the View From Iran”

  1. This is a reflective piece but wished there was some reflection on what it means that the Iranian government is not trying to protect it’s people by providing sirens and having them ignore evacuation warnings. What would it mean if an authority intentionally doesn’t protect its own people ?

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