De broderie à symbole : le pouvoir du tatreez palestinien

Joanna Barakat, « Heart String », acrylique, peinture en spray et fils dmc sur toile, 91,5x61cm, 2020 (avec l’aimable autorisation de l’artiste). « Je me suis peinte devant les coquelicots de Jérusalem, je porte le foulard blanc traditionnel, et j’ai brodée un motif de broderie palestinienne traditionnelle à même ma peau, c’est un moyen de me réapproprier mon identité culturelle et ma voix en tant que Palestinienne. Chaque point brodé devient un mot d’une langue indigène, dans laquelle je parle de plus en plus couramment, cela apaise mon sentiment d’être une étrangère dans mon pays, la peau et l’esprit de mes origines. »

22 AUGUST 2025 • By Joanna Barakat

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Dans le passé, le tatreez, forme d’art traditionnelle et artisanale que l’on brodait sur les habits des villageoises, des fermières et des femmes bédouines, traduisait un souvenir localisé, qui reflétait une expérience et un lieu propres à chacune. Aujourd’hui, dans les mains des artistes et des Palestiniens en Palestine ou dans la diaspora, le tatreez fait partie d’un puissant mouvement culturel qui exprime tant l’identité palestinienne, que sa résilience culturelle et sa nation. Joanna Barakat raconte ce qui l’a amenée à écrire son nouvel ouvrage : Narrative Threads: Palestinian Embroidery in Contemporary Art.

Malgré mon estomac noué et le tapotement nerveux de mes pieds sur le sol, je souriais tandis que le groupe s’entassait dans le bus, tout en discutant des sites qu’ils avaient visités et des souvenirs qu’ils avaient achetés.

Mon téléphone a sonné de nouveau.

« Où es-tu ? Ils attendent depuis plus de trois heures maintenant. Sliman veut partir. Tu es arrivée à Ramallah ? »

Je ne savais pas comment dire à Ziad, le fils de Nabil Anani, qui avait organisé ma rencontre avec son père et Sliman Mansour, que j’étais toujours bloquée dans un bus touristique à l’extérieur de la vieille ville de Jérusalem, en attendant que le reste de notre groupe arrive. Nous étions une vingtaine d’amis et de parents, nous venions de Los Angeles, de Corée et d’un peu partout ailleurs. Tous étaient ravis de visiter la Palestine cet été-là, en 2019.

Mais j’étais là pour une autre raison.

« Dis-lui d’attendre, s’il-te-plaît. Je suis en chemin », ai-je répondu, en me sentant coupable de les faire attendre. Je ne voulais surtout pas que ces légendes du monde artistique palestinien, des hommes de la génération de mon père, pensent que je ne respectais pas leur temps. Les portes du bus se sont enfin fermées et nous avons pris la direction de Ramallah.


Sliman Mansour, triptyque « Orange Fields », 226×329.5cm, 2013 (avec l’aimable autorisation de la Fondation artistique Ramzi et Saeda Dalloul).

De Jérusalem à Ramallah 

Je n’ai pas arrêté de demander au chauffeur de bus de rouler plus vite. Il m’a dit de me détendre et de m’asseoir alors que nous approchions du check point militaire. Nous avons remis nos divers passeports étrangers à mon oncle, notre guide touristique, qui y a ajouté sa carte d’identité palestinienne et celle du chauffeur de bus. Il a transmis la pile au soldat israélien armé, qui était monté dans le bus pour inspecter le mélange hétéroclite de passagers. J’ai prié pour que nous passions rapidement le poste de contrôle. Selon l’humeur du soldat, nous pouvions y rester cinq minutes ou cinq heures. Je me suis rappelée que notre bus touristique, avec sa plaque d’immatriculation spéciale, nous accordait des privilèges dont ne bénéficiaient pas les Palestiniens vivant sous l’occupation israélienne et l’apartheid en Cisjordanie. Il était peu probable que nous soyons retenus pendant des heures aux postes de contrôle pour être humiliés et maltraités, comme cela arrive tous les jours aux Palestiniens. Notre bus pouvait circuler sur des routes réservées aux Juifs et entrer dans des zones réservées aux Juifs. Même les Palestiniens qui ont la citoyenneté israélienne sont soumis à des restrictions en matière de droits et de liberté de circulation.

Narrative Threads est publié par Saqi Books.

Le soldat nous a rapidement rendu nos passeports et nous avons repris notre route.

Le bus touristique s’est enfin arrêté devant la maison de Nabil Anani, où lui et Sliman Mansour étaient assis à une petite table près de l’entrée latérale et de son atelier. Bien qu’ils aient semblé amusés par mon mode de transport pour le peu inhabituel, l’ambiance restait lourde. Anani m’a invitée à m’asseoir, puis on nous a servi du café accompagné d’une pâtisserie maison fourrée aux dattes, qu’on appelle kaak. Je me suis excusée de les avoir fait attendre, et lorsque j’ai vu que Mansour se levait, prêt à partir, je suis allée droit au but : j’étais venue discuter de la possibilité d’écrire un livre sur la broderie palestinienne dans l’art. Mansour s’est détendu et s’est rassis tandis qu’Anani a rempli sa pipe de tabac. Je leur ai expliqué que des chercheurs et des journalistes me contactaient souvent pour me poser des questions sur la broderie palestinienne dans l’art, et que les gens savaient peu de choses sur l’impact que des artistes comme eux avaient eu dans la création des images symboliques associées à cette broderie.

 

Une langue indigène

Leurs yeux se sont illuminés lorsque la conversation a enfin abordé le sujet qui nous unissait. Je leur ai montré une photo de ma peinture Heart Strings (2017), un autoportrait viscéral où je me représente en train de broder un motif palestinien sur ma poitrine. C’était la première œuvre que je réalisais en brodant directement sur une toile peinte. Pour réaliser cette œuvre, j’avais demandé à ma belle-sœur Ghada, une talentueuse brodeuse, de m’apprendre le point de croix. J’étais fascinée par la façon dont elle assemblait les couleurs et les motifs à l’aide d’une aiguille et d’un fil.

J’ai commencé à faire des recherches sur l’histoire de la broderie palestinienne, ou tatreez, comme on l’appelle communément en arabe. En cherchant d’autres motifs, je suis tombée sur le livre Guide to the Art of Palestinian Embroidery (1984) écrit par Anani et Mansour. Chacun des motifs de broderie documentés dans ce livre avait une signification particulière ou ressemblait à quelque chose de familier. J’étais intriguée par la façon dont la broderie palestinienne pouvait être interprétée comme une forme de langue indigène. Cette découverte m’a permis de me rapprocher de ma culture et de mon héritage palestiniens à travers ma pratique artistique. Après des années durant lesquelles mon arabe approximatif me donnait l’impression d’être une étrangère dans mon propre pays, j’ai enfin pu m’exprimer dans une langue qui était proprement palestinienne.


Nabil Anani, « Silat Al-Thaher » 128x103cm, 2024 (avec l’aimable autorisation de la Zawyeh Gallery).

Archives brodées

Alors que nous discutions de leur livre, Anani et Mansour ont partagé des anecdotes sur leurs recherches sur les motifs de broderie palestiniens. Ils s’étaient particulièrement intéressés aux femmes âgées qui pouvaient leur parler des motifs anciens et de leurs origines. Historiquement, ce sont les villageoises, les fermières et les femmes bédouines qui portaient ces robes traditionnelles brodées. Les motifs brodés sur les robes des femmes indiquaient leur village d’origine, les éléments de leur environnement naturel, leurs croyances, leur situation économique et matrimoniale, et même des informations personnelles qu’elles souhaitaient partager. Les femmes brodaient et échangeaient leurs histoires dans ce collectif qu’elles formaient. Dans ces espaces, les filles apprenaient des leçons importantes sur la vie, comme celle des roses et des choux, tout en écoutant les drames du quartier racontés par les femmes plus âgées de leur famille. Les histoires racontées à travers les motifs des robes, ainsi que l’histoire orale partagée lors de leur création, constituent une archive du récit culturel des femmes palestiniennes au fil des siècles. Même les robes ornées de broderies décoratives, ou celles portées uniquement pour des occasions spéciales, sont porteuses de moments dans le temps, elles incarnent l’histoire d’une femme palestinienne telle qu’elle la vit alors.


Le baba de Joanna Barakat dans son magasin de la vieille ville de Jérusalem (avec l’aimable autorisation de Joanna Barakat).

De Jérusalem à Tel Aviv

En réfléchissant aux aînées en Palestine et à leurs histoires, je me suis souvenue de la première fois où j’ai rencontré les tantes paternelles de mon mari : c’était lors de notre zaffe, le cortège nuptial palestinien. Dans leurs robes brodées à la main, elles balançaient leurs hanches et agitaient leurs bras au rythme de la musique festive. Elles donnaient à la scène l’authenticité dont j’avais toujours rêvé. Les hommes engagés pour mener la zaffe, vêtus du qumbaz et du kuffiyyeh traditionnels, applaudissaient et chantaient des chansons de mariage traditionnelles. Nos familles applaudissaient et poussaient des youyous au rythme des tambours qui battaient aussi vite que nos cœurs. Nos amis et nos familles nous entouraient tandis que nous avancions pas à pas ensemble.

Personne dans ma famille ne portait de robe brodée, mais je ressentais un fort sentiment d’affinité et de connexion avec les femmes qui les portaient. La broderie est devenue une partie essentielle de ma vie grâce à mon mari et à sa famille. Elle est passée d’une simple observation fortuite à une forme d’art qui colore mes murs, ma garde-robe et mon quotidien.

Mes deux grands-mères préféraient la mode occidentale et adhéraient à l’idée répandue selon laquelle seules les femmes de la campagne portaient des robes traditionnelles brodées. Peu après la naissance de mon père à Khalil en 1949, les sionistes ont fait de sa famille des réfugiés, et ils ont déménagé dans la vieille ville de Jérusalem. Ma grand-mère maternelle, Teta Khadija, est née à Jérusalem et a été déplacée à Karak, en Jordanie, pendant le mandat britannique. Elle est revenue à Jérusalem après son mariage, puis a été à nouveau déplacée à Karak pendant la Nakba en 1948. Ma mère est née et a grandi à Karak, puis a déménagé à Jérusalem après avoir épousé mon père. Il a lancé son commerce d’antiquités dans la vieille ville, qui s’est ensuite étendu à Bethléem avant que nous immigrions à Beverly Hills lorsque j’étais enfant. Ma mère tenait son foyer hors de Palestine comme sa mère avant elle. Dès que l’on franchissait le seuil de notre maison, elle inondait nos sens des sons, des odeurs et des saveurs de Jérusalem. 

Les seules broderies que nous avions emportées avec nous étaient deux coussins cousus par la sœur de ma mère et deux vieux oreillers qui venaient de Khalil et qui étaient cachés dans le placard de ma mère. Ma mère m’a dit un jour : « Ton père nous a amenés de Jérusalem à Tel Aviv », ce qui décrit à quel point le sionisme était profondément ancré dans le tissu social de la ville de Beverly Hills et chez ses habitants. J’ai grandi dans une communauté ignorante et raciste, programmée pour haïr les Palestiniens, les Arabes et les musulmans. C’est la raison pour laquelle une grande partie de mon art vise à informer et à inviter l’humanité à renouer le dialogue. C’est aussi pourquoi les petites coutures sur ces coussins m’ont interpellée.


Sliman Mansour, œuvre de la série « Jerusalem Rooftops », ici un hommage à l’art du tatreez (avec l’aimable autorisation de l’artiste).

Économie du souk

Avant de me rendre à Ramallah, le matin de ma rencontre avec Anani et Mansour, mon père et moi avions parcouru la vieille ville. Il m’avait montré les robes brodées aux couleurs vives vendues dans les petites boutiques qui bordaient les rues étroites. « Elles se vendaient 5 dollars dans les années 1970 », m’a-t-il dit. J’ai imaginé le désespoir d’une femme qui vendrait sa précieuse robe pour si peu après avoir travaillé dessus avec soin pendant des mois, et j’ai pensé à toutes les robes qui avaient été volées et abandonnées lorsque les Palestiniens avaient été chassés de leurs maisons par les sionistes. J’ai pensé aux touristes américains et européens qui achetaient ces robes comme souvenirs de la Terre Sainte sans comprendre leur importance culturelle ni le savoir ancestral qui avait présidé à leur confection. La robe palestinienne historique brodée à la main, expression personnelle et sur mesure d’une identité locale, a changé de forme et de signification après la Nakba de 1948. Une dizaine d’années plus tard, les motifs et les styles régionaux ont fusionné pour donner naissance à un nouveau style de robe brodée à la main dans les camps de réfugiés. Ce style a coïncidé avec la commercialisation de la broderie palestinienne, les femmes ont en effet commencé à vendre leurs broderies faites à la main aux touristes et sur les marchés étrangers par l’intermédiaire d’organisations et d’entreprises sociales afin de se donner un revenu. La robe brodée à la main, autrefois vêtement de la campagne, est devenue un produit de luxe que beaucoup de femmes ne pouvaient plus s’offrir.

En regardant les robes suspendues aux fenêtres ou empilées dans les petites boutiques de la vieille ville, je me suis posé la question de l’évolution de leur prix en fonction de leur valeur perçue et de la demande du marché. Au fil des siècles, les vêtements palestiniens ont reflété et répondu aux conditions économiques et culturelles de leur contexte. Comme mes grands-mères, les femmes qui vivaient dans les villes palestiniennes préféraient les vêtements de style occidental, qu’elles considéraient comme une façon moderne et sophistiquée de s’habiller, par opposition aux robes brodées rurales, qu’on appelle thobe. Sous la domination ottomane, il arrivait que les femmes réduisent la quantité de broderies sur leurs robes afin d’éviter des impôts plus élevés, car les broderies étaient considérées comme un signe de richesse. Sous le mandat britannique, les femmes cousaient l’ouverture sur le devant de leurs robes afin de préserver leur pudeur du regard des soldats coloniaux britanniques. À la suite des ravages et des déplacements causés par la Nakba et l’occupation sioniste, un nouveau style vestimentaire est apparu dans les camps, suivi par l’adoption généralisée de robes cousues à la machine, abordables et faciles à produire. À partir des années 1980, la broderie à la machine et les robes cousues à la machine et produites en série sur des tissus synthétiques ont rendu les broderies abordables et accessibles. Bien que ce type de robe présente des avantages, il supprimait la valeur intrinsèque et la durabilité des robes brodées à la main. Les tissus en coton, en lin et en soie ont été remplacés par le polyester, et les robes brodées à la machine pouvaient désormais être achetées dans les magasins. Cela contrastait fortement avec celles brodées artisanalement, faites à la main pour un usage personnel, qui étaient raccommodées, entretenues et transmises à la génération suivante comme des trésors de famille.

Des robes brodées de tatreez dans la vieille ville de Jérusalem (avec l’aimable autorisation de Joanna Barakat).

La revalorisation de la broderie palestinienne par les artistes 

Au milieu et à la fin des années 1960 et 1970, des artistes palestiniens tels qu’Anani et Mansour et leurs contemporains ont cherché à créer un art qui suscite un sentiment d’appartenance nationale. Pour ce faire, sans que leurs œuvres soient confisquées par les soldats israéliens ou qu’ils soient arrêtés pour une raison aussi futile que l’utilisation des couleurs du drapeau palestinien, ils ont créé un langage visuel qui communiquerait des idées sur la libération, la détermination et l’identité palestiniennes à l’aide de symboles qui trouveraient un écho auprès du public palestinien. Une peinture ou un dessin représentant un olivier ou une femme vêtue d’une robe brodée en disait long sur l’attachement et la relation intime du peuple palestinien à sa patrie. Ces images illustraient les récits nostalgiques d’une Palestine avant la perte catastrophique et traumatisante qu’elle a subie. La femme palestinienne vêtue de sa robe brodée est devenue une métaphore de la Palestine, la mère patrie. 

Des affiches représentant ces images ont été distribuées dans les camps de réfugiés en Palestine et dans la diaspora. Le symbolisme a transformé l’attitude à l’égard de la robe brodée : ce qui était autrefois considéré comme un vêtement rural traditionnel est devenu un symbole célébré de l’identité collective et il est porté avec une grande fierté, quelle que soit la classe sociale de celle qui le met. Les femmes portent des robes brodées lors d’événements, de célébrations et de mariages. Tout comme les robes brodées de l’Intifada, les robes brodées sont encore portées lors des manifestations, elles sont l’incarnation de la culture et de l’identité palestiniennes.


L’auteure et son amie Dina à Dubaï, en train de préparer un atelier sur le tatreez (avec l’aimable autorisation de Joanna Barakat).

Préservation, résistance et communauté

J’ai raconté à Anani et Mansour comment j’avais commencé à organiser et à dispenser des ateliers de tatreez en 2018, après avoir reçu un appel téléphonique de mon amie, Dina Yazbak. Elle avait peur que la broderie palestinienne ne devienne qu’un vestige du passé et que la génération de sa fille n’y connaisse rien lorsqu’elle grandirait. Je lui ai expliqué l’importance d’apprendre l’histoire de cette technique, car le contexte apporte une signification précieuse et nécessaire pour comprendre pourquoi il s’agit de bien plus qu’une simple décoration. Dina m’a gracieusement proposé d’organiser mon premier atelier chez elle, pour elle et ses amies. Depuis ce premier atelier, la présentation a évolué et s’est améliorée, mais le format est resté le même : je donne un aperçu détaillé de l’histoire de la broderie palestinienne, puis je présente des artistes contemporains qui intègrent le tatreez dans leur travail, avant d’enseigner la technique du point de croix. C’est à ce moment-là que j’ai lancé The Tatreez Circle sur Instagram afin de partager ma passion pour la broderie palestinienne avec d’autres personnes intéressées. La broderie palestinienne a connu un grand renouveau depuis les premiers ateliers. À l’époque, je pouvais compter sur les doigts d’une main les personnes que je connaissais qui donnaient des ateliers de broderie palestinienne. Aujourd’hui, il est difficile de suivre tous les ateliers et les «cercles de tatreez» organisés dans le monde entier. Les réseaux sociaux, YouTube et les ressources en ligne ont permis d’accéder à des motifs de broderie, des tutoriels, des ateliers et des entreprises du monde entier.

Anani et Mansour ont souligné la nécessité et l’urgence de préserver notre broderie, ils ont insisté sur le fait qu’elle devait continuer à être documentée, au même titre que d’autres formes de patrimoine culturel. Depuis 1948, le nettoyage ethnique des Palestiniens sur leur terre natale par Israël comprend notamment des tentatives d’effacement de la culture palestinienne par la violence, le vol et l’appropriation. Comme de nombreuses formes du patrimoine culturel palestinien, le tatreez témoigne de l’indigénéité et de l’existence du peuple palestinien.

Depuis le début du génocide dévastateur des Palestiniens à Gaza par Israël, l’intérêt pour la broderie palestinienne s’est accru, les artistes et les brodeurs utilisant le tatreez pour exprimer, mieux comprendre ou se rapprocher de leur identité palestinienne. Leurs œuvres d’art brodées sont partagées sur les réseaux sociaux, les broderies sont portées et exposées lors de manifestations, et des personnes du monde entier se réunissent pour broder en communauté. Il existe désormais des communautés physiques et en ligne autour de la broderie, qui créent un espace pour la connexion, la guérison, la solidarité et l’alliance avec les Palestiniens. Enseigner et partager le tatreez est une façon de célébrer la culture palestinienne et de tisser des liens significatifs avec elle.

De nombreuses personnes cousent et brodent désormais leurs propres robes à la main. Elles renouent ainsi avec une pratique ancestrale, en lui redonnant ses caractéristiques indigènes et durables. Elles s’adonnent ainsi à un acte de soin et de guérison. Il s’agit également d’un acte de résistance contre la violence coloniale et le capitalisme extrême qui visent à effacer les pratiques culturelles et indigènes.

La broderie palestinienne est dynamique, et les artistes, designers et créateurs trouvent sans cesse de nouvelles façons d’innover et de la réinterpréter. Alors que de plus en plus de personnes se mettent au tatreez, créent du contenu à son sujet et enseignent son histoire, j’ai remarqué qu’une conversation sur la manière dont les artistes ont façonné et préservé son symbolisme associé à l’identité palestinienne manquait.

 

Narrative Threads : la broderie palestinienne dans l’art contemporain

J’étais ravie qu’Anani et Mansour, ces deux artistes, éducateurs et fervents défenseurs de l’art palestiniens reconnus, eux qui ont façonné notre imaginaire de la Palestine, aient accepté avec enthousiasme de figurer dans mon livre. Il était essentiel pour moi d’inclure des artistes qui ont participé à la création du symbolisme qui a transformé notre compréhension et notre relation à la broderie palestinienne.

Cette première rencontre a donné lieu à cinq années de recherches, d’entretiens et de rencontres avec de nombreux autres artistes qui ont fait évoluer la broderie palestinienne et l’ont réinventée à travers différents supports. Afin de m’assurer que la voix de chaque artiste soit mise en avant dans le chapitre qui lui est dédié, j’ai limité ma sélection aux artistes vivants que je pouvais interviewer pour obtenir des citations directes sur le rôle que joue la broderie palestinienne dans son œuvre. Elle devait faire partie de sa pratique artistique ou occuper une place importante dans son travail. J’ai également recherché des œuvres qui incluaient de la broderie palestinienne cousue dans l’œuvre d’art, des images de broderie, ou même des pratiques et des idées fortement influencées par la broderie. L’inclusion des trois essais donne au livre un contexte supplémentaire pour le lecteur et offre une ressource précieuse à toute personne effectuant des recherches sur le sujet.

Tout comme les robes documentaient et reflétaient la vie et l’époque de celles qui les portaient, les œuvres d’art qui intègrent les images et les motifs de la broderie palestinienne puisent dans les expériences personnelles et les idées variées des artistes. Les artistes explorent des concepts et remettent en question des notions, ils nous invitent à réfléchir au monde dans lequel nous vivons.

Ce sont peut-être les conquérants et les colonisateurs qui écrivent les manuels d’histoire et contrôlent les médias grand public, mais ce sont les artistes et les créateurs qui façonnent la culture qui capture l’âme et les histoires des peuples. Je pensais autrefois que notre nostalgie insatiable nous poussait à fétichiser et à romancer une Palestine du passé, où le simple mouvement d’une aiguille et d’un fil à travers le tissu pouvait nous transporter dans une Palestine d’avant les horreurs et les violences extrêmes du sionisme. Si ce sentiment est réel et partagé par de nombreux Palestiniens, je sais aujourd’hui que ce sont les artistes qui ont peint le tableau qui colore notre esprit, remplit notre cœur et forge notre lien avec la Palestine lorsque nous voyons une tante dans sa robe brodée à la main, en train de danser face à nous.

Après avoir remercié Anani et Mansour pour leur temps et leur hospitalité, je suis partie en leur lançant un signe de la main avant d’ouvrir la porte du taxi. J’ai souri tout le long du trajet jusqu’au restaurant de Ramallah, où j’ai rejoint le reste du groupe. Mon sourire contenait ma promesse de livrer un livre qui rende hommage aux artistes qui ont façonné et continuent de façonner la signification de la broderie palestinienne dans notre imaginaire collectif

 

Traduit de l’anglais par Marion Beauchamp-Levet 

Joanna Barakat

Joanna Barakat is an artist and writer. Her mixed media artwork brings together the disciplines of painting and Palestinian embroidery. Through her self-reflective work, she advocates for Palestine, challenges collective perceptions and explores transcendental ideas. Now living in Abu Dhabi, Barakat was... Read more

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Memories of Palestine through Contemporary Media
Essays

Flight Plans: From Gaza to Singapore

7 FEBRUARY 2025 • By Chin-chin Yap
Flight Plans: From Gaza to Singapore
Books

“Culinary Palestine” — Fadi Kattan in an excerpt from Sumud

31 JANUARY 2025 • By Fadi Kattan
“Culinary Palestine” — Fadi Kattan in an excerpt from <em>Sumud</em>
Arabic

Huda Fakhreddine & Yasmeen Hanoosh: Translating Arabic & Gaza

17 JANUARY 2025 • By Yasmeen Hanoosh, Huda J. Fakhreddine
Huda Fakhreddine & Yasmeen Hanoosh: Translating Arabic & Gaza
Book Reviews

Radwa Ashour’s Classic Granada Now in a New English Edition

17 JANUARY 2025 • By Guy Mannes-Abbott
Radwa Ashour’s Classic <em>Granada</em> Now in a New English Edition
Uncategorized

Malu Halasa and Jordan Elgrably publish Sumūd: a New Palestinian Reader

4 JANUARY 2025 • By TMR
Malu Halasa and Jordan Elgrably publish Sumūd: a New Palestinian Reader
Book Reviews

Maya Abu Al-Hayyat’s Defiant Exploration of Palestinian Life

20 DECEMBER 2024 • By Zahra Hankir
Maya Abu Al-Hayyat’s Defiant Exploration of Palestinian Life
Featured Artist

Palestine Features in Larissa Sansour’s Sci-Fi Future

6 DECEMBER 2024 • By Larissa Sansour
Palestine Features in Larissa Sansour’s Sci-Fi Future
Opinion

Susan Abulhawa at Oxford Union on Palestine/Israel

6 DECEMBER 2024 • By Susan Abulhawa
Susan Abulhawa at Oxford Union on Palestine/Israel
Art

Basel Abbas & Ruanne Abou-Rahme: Palestinian artists at Copenhagen’s Glyptotek

22 NOVEMBER 2024 • By Arie Amaya-Akkermans
Basel Abbas & Ruanne Abou-Rahme: Palestinian artists at Copenhagen’s Glyptotek
Books

“The Ballad of Lulu and Amina” — from Jerusalem to Gaza

1 NOVEMBER 2024 • By Izzeldin Bukhari
“The Ballad of Lulu and Amina” — from Jerusalem to Gaza
Art & Photography

The Palestinian Gazelle

1 NOVEMBER 2024 • By Manal Mahamid
The Palestinian Gazelle
Interviews

The Hybrid — The Case of Michael Vatikiotis

18 OCTOBER 2024 • By Rana Haddad
The Hybrid — The Case of Michael Vatikiotis
Essays

Palestine, the Land of Grapes and Wine

11 OCTOBER 2024 • By Fadi Kattan, Anna Patrowicz
Palestine, the Land of Grapes and Wine
TMR 45 • From Here, One Year On

Witnessing Catastrophe: a Painter in Lebanon

4 OCTOBER 2024 • By Ziad Suidan
Witnessing Catastrophe: a Painter in Lebanon
Art & Photography

Visuals and Voices: Palestine Will Not Be a Palimpsest

4 OCTOBER 2024 • By Malu Halasa
Visuals and Voices: Palestine Will Not Be a Palimpsest
Essays

Shamrocks & Watermelons: Palestine Politics in Belfast

4 OCTOBER 2024 • By Stuart Bailie
Shamrocks & Watermelons: Palestine Politics in Belfast
Opinion

Everything Has Changed, Nothing Has Changed

4 OCTOBER 2024 • By Amal Ghandour
Everything Has Changed, Nothing Has Changed
Art

Activism in the Landscape: Environmental Arts & Resistance in Palestine

4 OCTOBER 2024 • By Katie Logan
Activism in the Landscape: Environmental Arts & Resistance in Palestine
Poetry

Poems by Nasser Rabah, Amanee Izhaq and Mai Al-Nakib

4 OCTOBER 2024 • By Nasser Rabah, Amanee Izhaq, Mai Al-Nakib, Wiam El-Tamami
Poems by Nasser Rabah, Amanee Izhaq and Mai Al-Nakib
Books

“Kill the Music”—an excerpt from a new novel by Badar Salem

16 AUGUST 2024 • By Badar Salem
“Kill the Music”—an excerpt from a new novel by Badar Salem
Film

World Picks from the Editors: AUGUST

2 AUGUST 2024 • By TMR
World Picks from the Editors: AUGUST
Art & Photography

World Picks from the Editors: July 15 — August 2

12 JULY 2024 • By TMR
World Picks from the Editors: July 15 — August 2
Fiction

“The Cockroaches”—flash fiction

5 JULY 2024 • By Stanko Uyi Srsen
“The Cockroaches”—flash fiction
Centerpiece

Dare Not Speak—a One-Act Play

7 JUNE 2024 • By Hassan Abdulrazzak
<em>Dare Not Speak</em>—a One-Act Play
Books

Palestine, Political Theatre & the Performance of Queer Solidarity in Jean Genet’s Prisoner of Love

7 JUNE 2024 • By Saleem Haddad
Palestine, Political Theatre & the Performance of Queer Solidarity in Jean Genet’s <em>Prisoner of Love</em>
Essays

A Small Kernel of Human Kindness: Some Notes on Solidarity and Resistance

24 MAY 2024 • By Nancy Kricorian
A Small Kernel of Human Kindness: Some Notes on Solidarity and Resistance
Art

Demarcations of Identity: Rushdi Anwar

10 MAY 2024 • By Malu Halasa
Demarcations of Identity: Rushdi Anwar
Art

This Year in Venice, it’s the “Palestine Biennale”

10 MAY 2024 • By Hadani Ditmars
This Year in Venice, it’s the “Palestine Biennale”
Editorial

Why FORGETTING?

3 MAY 2024 • By Malu Halasa, Jordan Elgrably
Why FORGETTING?
Centerpiece

Memory Archive: Between Remembering and Forgetting

3 MAY 2024 • By Mai Al-Nakib
Memory Archive: Between Remembering and Forgetting
Art & Photography

Not Forgotten, Not (All) Erased: Palestine’s Sacred Shrines

3 MAY 2024 • By Gabriel Polley
Not Forgotten, Not (All) Erased: Palestine’s Sacred Shrines
Book Reviews

Palestinian Culture, Under Assault, Celebrated in New Cookbook

3 MAY 2024 • By Mischa Geracoulis
Palestinian Culture, Under Assault, Celebrated in New Cookbook
Art & Photography

Malak Mattar: No Words, Only Scenes of Ruin

26 APRIL 2024 • By Nadine Nour el Din
Malak Mattar: No Words, Only Scenes of Ruin
Opinion

Censorship over Gaza and Palestine Roils the Arts Community

12 APRIL 2024 • By Hassan Abdulrazzak
Censorship over Gaza and Palestine Roils the Arts Community
Art

Past Disquiet at the Palais de Tokyo in Paris

1 APRIL 2024 • By Kristine Khouri, Rasha Salti
<em>Past Disquiet</em> at the Palais de Tokyo in Paris
Essays

Undoing Colonial Geographies from Paris with Ariella Aïsha Azoulay

1 APRIL 2024 • By Sasha Moujaes, Jordan Elgrably
Undoing Colonial Geographies from Paris with Ariella Aïsha Azoulay
Book Reviews

Fady Joudah’s […] Dares Us to Listen to Palestinian Words—and Silences

25 MARCH 2024 • By Eman Quotah
Fady Joudah’s <em>[…]</em> Dares Us to Listen to Palestinian Words—and Silences
Art & Photography

Will Artists Against Genocide Boycott the Venice Biennale?

18 MARCH 2024 • By Hadani Ditmars
Will Artists Against Genocide Boycott the Venice Biennale?
Books

Four Books to Revolutionize Your Thinking

3 MARCH 2024 • By Rana Asfour
Four Books to Revolutionize Your Thinking
Essays

The Story of the Keffiyeh

3 MARCH 2024 • By Rajrupa Das
The Story of the Keffiyeh
Essays

Messages from Gaza Now / 5

26 FEBRUARY 2024 • By Hossam Madhoun
Messages from Gaza Now / 5
Weekly

World Picks from the Editors: Feb 23 — Mar 7

23 FEBRUARY 2024 • By TMR
World Picks from the Editors: Feb 23 — Mar 7
Art

Intimacy & Our Inner Sanctuary—an Interview with Rana Samara

4 FEBRUARY 2024 • By Naima Morelli
Intimacy & Our Inner Sanctuary—an Interview with Rana Samara
Art & Photography

The Body, Intimacy and Technology in the Middle East

4 FEBRUARY 2024 • By Naima Morelli
The Body, Intimacy and Technology in the Middle East
Columns

Driving in Palestine Now is More Dangerous Than Ever

29 JANUARY 2024 • By TMR
Driving in Palestine Now is More Dangerous Than Ever
Featured article

Israel-Palestine: Peace Under Occupation?

29 JANUARY 2024 • By Laëtitia Soula
Israel-Palestine: Peace Under Occupation?
Books

Illuminated Reading for 2024: Our Anticipated Titles

22 JANUARY 2024 • By TMR
Illuminated Reading for 2024: Our Anticipated Titles
Fiction

“New Reasons”—a short story by Samira Azzam

15 JANUARY 2024 • By Samira Azzam, Ranya Abdelrahman
“New Reasons”—a short story by Samira Azzam
Art

Palestinian Artists

12 JANUARY 2024 • By TMR
Palestinian Artists
Essays

Jesus Was Palestinian, But Bethlehem Suspends Christmas

25 DECEMBER 2023 • By Ahmed Twaij
Jesus Was Palestinian, But Bethlehem Suspends Christmas
Columns

Messages from Gaza Now / 2

18 DECEMBER 2023 • By Hossam Madhoun
Messages from Gaza Now / 2
Music

We Will Sing Until the Pain Goes Away—a Palestinian Playlist

18 DECEMBER 2023 • By Brianna Halasa
We Will Sing Until the Pain Goes Away—a Palestinian Playlist
Book Reviews

The Fiction of Palestine’s Ghassan Zaqtan

13 NOVEMBER 2023 • By Cory Oldweiler
The Fiction of Palestine’s Ghassan Zaqtan
Arabic

Poet Ahmad Almallah

9 NOVEMBER 2023 • By Ahmad Almallah
Poet Ahmad Almallah
Opinion

Palestine’s Pen against Israel’s Swords of Injustice

6 NOVEMBER 2023 • By Mai Al-Nakib
Palestine’s Pen against Israel’s Swords of Injustice
Essays

On Fathers, Daughters and the Genocide in Gaza 

30 OCTOBER 2023 • By Deema K Shehabi
On Fathers, Daughters and the Genocide in Gaza 
Editorial

Palestine and the Unspeakable

16 OCTOBER 2023 • By Lina Mounzer
Palestine and the Unspeakable
Art

The Ongoing Nakba—Rasha Al-Jundi’s Embroidery Series

16 OCTOBER 2023 • By Rasha Al Jundi
The Ongoing Nakba—Rasha Al-Jundi’s Embroidery Series
Art

Vera Tamari’s Lifetime of Palestinian Art

16 OCTOBER 2023 • By Taline Voskeritchian
Vera Tamari’s Lifetime of Palestinian Art
Book Reviews

A Day in the Life of Abed Salama: A Palestine Story

16 OCTOBER 2023 • By Dalia Hatuqa
<em>A Day in the Life of Abed Salama</em>: A Palestine Story
Weekly

World Picks from the Editors, Oct 13 — Oct 27, 2023

12 OCTOBER 2023 • By TMR
World Picks from the Editors, Oct 13 — Oct 27, 2023
Poetry

Home: New Arabic Poems in Translation

11 OCTOBER 2023 • By Sarah Coolidge
<em>Home</em>: New Arabic Poems in Translation
Books

Edward Said: Writing in the Service of Life 

9 OCTOBER 2023 • By Layla AlAmmar
Edward Said: Writing in the Service of Life 
Books

Fairouz: The Peacemaker and Champion of Palestine

1 OCTOBER 2023 • By Dima Issa
Fairouz: The Peacemaker and Champion of Palestine
Book Reviews

Saqi’s Revenant: Sahar Khalifeh’s Classic Nablus Novel Wild Thorns

25 SEPTEMBER 2023 • By Noshin Bokth
Saqi’s Revenant: Sahar Khalifeh’s Classic Nablus Novel <em>Wild Thorns</em>
LGBTQ+

World Picks: Exist Festival + the Mosaic Room, London

4 SEPTEMBER 2023 • By TMR
World Picks: Exist Festival + the Mosaic Room, London
Book Reviews

Laila Halaby’s The Weight of Ghosts is a Haunting Memoir

28 AUGUST 2023 • By Thérèse Soukar Chehade
Laila Halaby’s <em>The Weight of Ghosts</em> is a Haunting Memoir
Book Reviews

What’s the Solution for Jews and Palestine in the Face of Apartheid Zionism?

21 AUGUST 2023 • By Jonathan Ofir
What’s the Solution for Jews and Palestine in the Face of Apartheid Zionism?
Book Reviews

Ilan Pappé on Tahrir Hamdi’s Imagining Palestine

7 AUGUST 2023 • By Ilan Pappé
Ilan Pappé on Tahrir Hamdi’s <em> Imagining Palestine</em>
Art

What Palestine Brings to the World—a Major Paris Exhibition

31 JULY 2023 • By Sasha Moujaes
<em>What Palestine Brings to the World</em>—a Major Paris Exhibition
Fiction

Tears from a Glass Eye—a story by Samira Azzam

2 JULY 2023 • By Samira Azzam, Ranya Abdelrahman
Tears from a Glass Eye—a story by Samira Azzam
Arabic

Arab Theatre Grapples With Climate Change, Borders, War & Love

4 JUNE 2023 • By Hassan Abdulrazzak
Arab Theatre Grapples With Climate Change, Borders, War & Love
Essays

Alien Entities in the Desert

4 JUNE 2023 • By Dror Shohet
Alien Entities in the Desert
Featured Artist

Nasrin Abu Baker: The Markaz Review Featured Artist, June 2023

4 JUNE 2023 • By TMR
Nasrin Abu Baker: The Markaz Review Featured Artist, June 2023
Book Reviews

How Bethlehem Evolved From Jerusalem’s Sleepy Backwater to a Global Town

15 MAY 2023 • By Karim Kattan
How Bethlehem Evolved From Jerusalem’s Sleepy Backwater to a Global Town
TMR Conversations

TMR CONVERSATIONS: Amal Ghandour Interviews Raja Shehadeh

11 MAY 2023 • By Amal Ghandour, Raja Shehadeh
TMR CONVERSATIONS: Amal Ghandour Interviews Raja Shehadeh
Book Reviews

In Search of Fathers: Raja Shehadeh’s Palestinian Memoir

13 MARCH 2023 • By Amal Ghandour
In Search of Fathers: Raja Shehadeh’s Palestinian Memoir
Centerpiece

Broken Home: Britain in the Time of Migration

5 MARCH 2023 • By Malu Halasa
Broken Home: Britain in the Time of Migration
Essays

More Photographs Taken From The Pocket of a Dead Arab

5 MARCH 2023 • By Saeed Taji Farouky
More Photographs Taken From The Pocket of a Dead Arab
Cities

Nabeul, Mon Amour

5 MARCH 2023 • By Yesmine Abida
Nabeul, Mon Amour
Essays

Home Under Siege: a Palestine Photo Essay

5 MARCH 2023 • By Anam Raheem
Home Under Siege: a Palestine Photo Essay
Columns

Sudden Journeys: Deluge at Wadi Feynan

6 FEBRUARY 2023 • By Jenine Abboushi
Sudden Journeys: Deluge at Wadi Feynan
TV Review

Palestinian Territories Under Siege But Season 4 of Fauda Goes to Brussels and Beirut Instead

6 FEBRUARY 2023 • By Brett Kline
Palestinian Territories Under Siege But Season 4 of <em>Fauda</em> Goes to Brussels and Beirut Instead
Art

The Creative Resistance in Palestinian Art

26 DECEMBER 2022 • By Malu Halasa
The Creative Resistance in Palestinian Art
Essays

Conflict and Freedom in Palestine, a Trip Down Memory Lane

15 DECEMBER 2022 • By Eman Quotah
Art

Art World Picks: Albraehe, Kerem Yavuz, Zeghidour, Amer & Tatah

12 DECEMBER 2022 • By TMR
Art

French-Algerian Artist Djamel Tatah’s Solitary Crowds

12 DECEMBER 2022 • By Laëtitia Soula
French-Algerian Artist Djamel Tatah’s Solitary Crowds
Art

Museums in Exile—MO.CO’s show for Chile, Sarajevo & Palestine

12 DECEMBER 2022 • By Jordan Elgrably
Museums in Exile—MO.CO’s show for Chile, Sarajevo & Palestine
Art

Where is the Palestinian National Museum of Modern and Contemporary Art?

12 DECEMBER 2022 • By Nora Ounnas Leroy
Where is the Palestinian National Museum of Modern and Contemporary Art?
Columns

Sudden Journeys: Israel’s Intimate Separations—Part 3

5 DECEMBER 2022 • By Jenine Abboushi
Sudden Journeys: Israel’s Intimate Separations—Part 3
Book Reviews

Fida Jiryis on Palestine in Stranger in My Own Land

28 NOVEMBER 2022 • By Diana Buttu
Fida Jiryis on Palestine in <em>Stranger in My Own Land</em>
Fiction

“Eleazar”—a short story by Karim Kattan

15 NOVEMBER 2022 • By Karim Kattan
“Eleazar”—a short story by Karim Kattan
Columns

Sudden Journeys: Israel’s Intimate Separations—Part 2

31 OCTOBER 2022 • By Jenine Abboushi
Sudden Journeys: Israel’s Intimate Separations—Part 2
Opinion

Fragile Freedom, Fragile States in the Muslim World

24 OCTOBER 2022 • By I. Rida Mahmood
Fragile Freedom, Fragile States in the Muslim World
Interviews

Interview with Ahed Tamimi, an Icon of the Palestinian Resistance

15 OCTOBER 2022 • By Nora Lester Murad
Interview with Ahed Tamimi, an Icon of the Palestinian Resistance
Columns

Sudden Journeys: Israel’s Intimate Separations—Part 1

26 SEPTEMBER 2022 • By Jenine Abboushi
Sudden Journeys: Israel’s Intimate Separations—Part 1
Essays

Phoneless in Filthy Berlin

15 SEPTEMBER 2022 • By Maisan Hamdan, Rana Asfour
Phoneless in Filthy Berlin
Art & Photography

Photographer Mohamed Badarne (Palestine) and his U48 Project

15 SEPTEMBER 2022 • By Viola Shafik
Photographer Mohamed Badarne (Palestine) and his U48 Project
Columns

A Palestinian Musician Thrives in France: Yousef Zayed’s Journey

22 AUGUST 2022 • By Melissa Chemam
A Palestinian Musician Thrives in France: Yousef Zayed’s Journey
Editorial

Editorial: Is the World Driving Us Mad?

15 JULY 2022 • By TMR
Editorial: Is the World Driving Us Mad?
Essays

“Disappearance/Muteness”—Tales from a Life in Translation

11 JULY 2022 • By Ayelet Tsabari
“Disappearance/Muteness”—Tales from a Life in Translation
Book Reviews

Poems of Palestinian Motherhood, Loss, Desire and Hope

4 JULY 2022 • By Eman Quotah
Poems of Palestinian Motherhood, Loss, Desire and Hope
Art & Photography

Featured Artist: Steve Sabella, Beyond Palestine

15 JUNE 2022 • By TMR
Featured Artist: Steve Sabella, Beyond Palestine
Essays

Sulafa Zidani: “Three Buses and the Rhythm of Remembering”

15 JUNE 2022 • By Sulafa Zidani
Sulafa Zidani: “Three Buses and the Rhythm of Remembering”
Film

Saeed Taji Farouky: “Strange Cities Are Familiar”

15 JUNE 2022 • By Saeed Taji Farouky
Saeed Taji Farouky: “Strange Cities Are Familiar”
Art & Photography

Steve Sabella: Excerpts from “The Parachute Paradox”

15 JUNE 2022 • By Steve Sabella
Steve Sabella: Excerpts from “The Parachute Paradox”
Fiction

Selma Dabbagh: “Trash”

15 JUNE 2022 • By Selma Dabbagh
Selma Dabbagh: “Trash”
Art

Fouad Agbaria: Featured Artist

15 MAY 2022 • By TMR
Fouad Agbaria: Featured Artist
Essays

We, Palestinian Israelis

15 MAY 2022 • By Jenine Abboushi
We, Palestinian Israelis
Latest Reviews

Palestinian Filmmaker, Israeli Passport

15 MAY 2022 • By Jordan Elgrably
Palestinian Filmmaker, Israeli Passport
Book Reviews

Being There, Being Here: Palestinian Writings in the World

15 MAY 2022 • By Brett Kline
<em>Being There, Being Here: Palestinian Writings in the World</em>
Opinion

Palestinians and Israelis Will Commemorate the Nakba Together

25 APRIL 2022 • By Rana Salman, Yonatan Gher
Palestinians and Israelis Will Commemorate the Nakba Together
Columns

Ma’moul: Toward a Philosophy of Food

15 APRIL 2022 • By Fadi Kattan
Ma’moul: Toward a Philosophy of Food
Latest Reviews

Food in Palestine: Five Videos From Nasser Atta

15 APRIL 2022 • By Nasser Atta
Food in Palestine: Five Videos From Nasser Atta
Columns

Green Almonds in Ramallah

15 APRIL 2022 • By Wafa Shami
Green Almonds in Ramallah
Columns

Libyan, Palestinian and Syrian Family Dinners in London

15 APRIL 2022 • By Layla Maghribi
Libyan, Palestinian and Syrian Family Dinners in London
Film Reviews

Palestine in Pieces: Hany Abu-Assad’s Huda’s Salon

21 MARCH 2022 • By Jordan Elgrably
Palestine in Pieces: Hany Abu-Assad’s <em>Huda’s Salon</em>
Opinion

U.S. Sanctions Russia for its Invasion of Ukraine; Now Sanction Israel for its Occupation of Palestine

21 MARCH 2022 • By Yossi Khen, Jeff Warner
U.S. Sanctions Russia for its Invasion of Ukraine; Now Sanction Israel for its Occupation of Palestine
Columns

“There’s Nothing Worse Than War”

24 FEBRUARY 2022 • By Jordan Elgrably
“There’s Nothing Worse Than War”
Fiction

Three Levantine Tales

15 DECEMBER 2021 • By Nouha Homad
Three Levantine Tales
Columns

Sudden Journeys: The Villa Salameh Bequest

29 NOVEMBER 2021 • By Jenine Abboushi
Sudden Journeys: The Villa Salameh Bequest
Book Reviews

From Jerusalem to a Kingdom by the Sea

29 NOVEMBER 2021 • By Rana Asfour
From Jerusalem to a Kingdom by the Sea
Centerpiece

The Untold Story of Zakaria Zubeidi

15 OCTOBER 2021 • By Ramzy Baroud
The Untold Story of Zakaria Zubeidi
Book Reviews

Poetry: Mohammed El-Kurd’s Rifqa Reviewed

15 OCTOBER 2021 • By India Hixon Radfar
Poetry: Mohammed El-Kurd’s <em>Rifqa</em> Reviewed
Columns

The Story of Jericho Sheikh Daoud and His Beloved Mansaf

15 OCTOBER 2021 • By Fadi Kattan
The Story of Jericho Sheikh Daoud and His Beloved Mansaf
Film Reviews

Will Love Triumph in the Midst of Gaza’s 14-Year Siege?

11 OCTOBER 2021 • By Jordan Elgrably
Will Love Triumph in the Midst of Gaza’s 14-Year Siege?
Weekly

Palestinian Akram Musallam Writes of Loss and Memory

29 AUGUST 2021 • By khulud khamis
Palestinian Akram Musallam Writes of Loss and Memory
Weekly

Wafa Shami’s Palestinian Mulukhiyah

25 JULY 2021 • By Wafa Shami
Wafa Shami’s Palestinian Mulukhiyah
Essays

Gaza, You and Me

14 JULY 2021 • By Abdallah Salha
Gaza, You and Me
Essays

Gaza IS Palestine

14 JULY 2021 • By Jenine Abboushi
Gaza IS Palestine
Weekly

A New Book on Music, Palestine-Israel & the “Three State Solution”

28 JUNE 2021 • By Mark LeVine
A New Book on Music, Palestine-Israel & the “Three State Solution”
Interviews

Q & A with Nili Belkind on “Music in Conflict” in Palestine-Israel

27 JUNE 2021 • By Mark LeVine
Q & A with Nili Belkind on “Music in Conflict” in Palestine-Israel
Columns

The Diplomats’ Quarter: Wasta of the Palestinian Authority

14 JUNE 2021 • By Raja Shehadeh
The Diplomats’ Quarter: Wasta of the Palestinian Authority
Weekly

Palestine in the World: “Palestine: A Socialist Introduction”

6 JUNE 2021 • By Jenine Abboushi
Palestine in the World: “Palestine: A Socialist Introduction”
Book Reviews

The Triumph of Love and the Palestinian Revolution

16 MAY 2021 • By Fouad Mami
Essays

Is Tel Aviv’s Neve Tzedek, Too, Occupied Territory?

14 MAY 2021 • By Taylor Miller, TMR
Is Tel Aviv’s Neve Tzedek, Too, Occupied Territory?
Essays

Between Thorns and Thistles in Bil’in

14 MAY 2021 • By Francisco Letelier
Between Thorns and Thistles in Bil’in
Art

Beautiful/Ugly: Against Aestheticizing Israel’s Separation Wall

14 MAY 2021 • By Malu Halasa
Weekly

In Search of Knowledge, Mazid Travels to Baghdad, Jerusalem, Cairo, Granada and Córdoba

2 MAY 2021 • By Eman Quotah
In Search of Knowledge, Mazid Travels to Baghdad, Jerusalem, Cairo, Granada and Córdoba
Weekly

“I Advance in Defeat”, the Poems of Najwan Darwish

28 MARCH 2021 • By Patrick James Dunagan
“I Advance in Defeat”, the Poems of Najwan Darwish
TMR 7 • Truth?

Poetry Against the State

14 MARCH 2021 • By Gil Anidjar
Poetry Against the State
Poetry

A visual poem from Hala Alyan: Gaza

14 MARCH 2021 • By TMR
A visual poem from Hala Alyan: Gaza
TMR 6 • Revolutions

Revolution in Art, a review of “Reflections” at the British Museum

14 FEBRUARY 2021 • By Malu Halasa
Revolution in Art, a review of “Reflections” at the British Museum
Book Reviews

The Howling of the Dog: Adania Shibli’s “Minor Detail”

30 DECEMBER 2020 • By Layla AlAmmar
The Howling of the Dog: Adania Shibli’s “Minor Detail”
TMR 4 • Small & Indie Presses

Children of the Ghetto, My Name Is Adam

14 DECEMBER 2020 • By Elias Khoury
Children of the Ghetto, My Name Is Adam
Centerpiece

The Road to Jerusalem, Then and Now

15 NOVEMBER 2020 • By Raja Shehadeh
The Road to Jerusalem, Then and Now
Book Reviews

Falastin, Sami Tamimi’s “Palestinian Modern”

15 OCTOBER 2020 • By N.A. Mansour
Falastin, Sami Tamimi’s “Palestinian Modern”
World Picks

Interlink Proposes 4 New Arab Novels

22 SEPTEMBER 2020 • By TMR
Interlink Proposes 4 New Arab Novels

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