<em>Contretemps</em>, un film libanais sur le passage à l’âge à adulte

"East to Jisr Fuad Shihab," a still from "Contretemps," showing protestors marching to Downtown Beirut in late 2019 (courtesy Ghassan Salhab).

16 MAY 2025 • By Jim Quilty

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Ghassan Salhab a été à la fois témoin et acteur du mouvement protestataire qui a eu lieu au Liban en 2019-2020. Dans Contretemps, il nous présente une étude immersive de cette prise de pouvoir collective et tapageuse de la jeunesse, de l’isolement muet face à la mort, et de la résistance. La première mondiale de Contretemps a eu lieu en avril 2025 à Paris durant le festival international du Cinéma du réel. L’organisation d’une diffusion officielle au Liban est en préparation.

BEYROUTH. Que ressentir lorsque l’on participe à un soulèvement citoyen massif ? Quel bruit fait une protestation populaire épuisée par la pandémie et la pénurie ? Lorsque les pertes personnelles s’ajoutent à la disparition de la sphère publique, à quoi ressemble le monde ? Ce sont là quelques-unes des questions que Ghassan Salhab aborde dans son film Contretemps (النهار هو الليل, Day is Night), réalisé en 2024.

Un petit ensemble de films libanais a fait surface dans le double sillage du mouvement de protestation très photogénique qui s’est enflammé fin 2019 et de la cascade de scandales qui s’en est suivie. Bien qu’il ait sorti deux longs métrages durant cette période (le documentaire Warda en 2019, et la fiction La Rivière, en 2021), Salhab s’est abstenu de contribuer une œuvre majeure à ce courant. Le cinéaste a participé activement aux manifestations de 2019 et a subi l’objectification abrutissante de l’effondrement financier, de la pandémie de Covid-19, de l’explosion du port de Beyrouth, de la stagnation économique et politique et, plus récemment, de la guerre. Les rushs de Contretemps sont la documentation vidéo faite par Salhab sur ce voyage (son « journal de bord »).

Son film se distingue d’autres œuvres de non-fiction sorties après le mouvement de 2019 tels que Beirut in the Eye of the Storm de Mai Masri, sorti en 2021, ou Diaries from Lebanon de Myriam El Hajj, sorti en 2024, par exemple, et dans lesquels les cinéastes font appel à des groupes de protagonistes pour illustrer l’impact des crises du pays, et racontent leur histoire en l’espace de deux heures. Contretemps restitue les bipolarités de la période 2019-2023 sous la forme d’un cinéma lent. Pendant près de six heures, le film est imprégné d’humanité, mais sans un protagoniste que l’on pourrait discerner si ce n’est les citoyens eux-mêmes, ils évoluent dans le cadre au gré des saisons politiques et climatiques du pays. Le cinéaste n’apparaît que quelques secondes dans la dernière demi-heure de l’œuvre, bien que sa sensibilité en imprègne partout l’atmosphère, que ce soit dans les thèmes du film, son lyrisme ou sa lutte pour maintenir l’équilibre esthétique lorsque les pertes qui s’enchaînent chez lui amplifient celles de la lutte populaire qui s’essouffle.

Alors que la première moitié de Contretemps se concentre sur la sphère publique (manifestations, moments quotidiens, tableaux urbains et ruraux), le film oscille ensuite entre des prises de vue des sites d’activisme (parfois, ils sont devenus vides) et des bribes de la vie privée de Salhab. La caméra peut jeter un coup d’œil sur les pages des carnets du cinéaste et on peut l’entendre brièvement, notamment à travers un poème (traduit en arabe et lu en voix off par le cinéaste Bassem Fayad) basé sur son appel téléphonique avec un collègue à Bethléem. Les moments les plus intimes concernent sa mère et son père.

Les résultats pour le public varieront en fonction du tempérament du spectateur. Ceux qui sont habitués à la communication par slogans auront peut-être besoin d’un peu de temps pour s’acclimater au rythme du film. Les cinéphiles engagés et patients – ceux qui ont été enthousiasmés par Satantango de Bela Tarr, par exemple – pourront trouver en Contretemps une expérience absorbante et immersive.

Un réalisateur du cinéma d’art et d’essai libanais

Les contemporains, amis et collègues de Salhab comprennent des cinéastes et des artistes contemporains que les critiques et les journalistes ont regroupés sous le nom de la « génération des années 90 libanaise ». Influencé par l’esthétique du cinéma d’art et d’essai européen et enraciné dans le récit libanais, le travail de Salhab n’est pas du cinéma grand public. Respecté pour la rigueur de son langage, son travail est plus susceptible d’être apprécié par les critiques que par le public des multiplexes, qui peut trouver ses exigences exaspérantes.

Lorsqu’il évoque ses œuvres passées, Salhab a tendance à privilégier ses fictions sous la forme de huit longs métrages. Son premier film Beyrouth Fantôme, sorti en 1998, est une hybridation des genres. Ce film de fiction sur le retour d’un ancien combattant à Beyrouth pendant une accalmie de la guerre civile du pays est entrecoupé d’entretiens de type documentaire avec des artistes qui ont grandi pendant le conflit. Il est également connu pour sa trilogie dont les titres s’inspirent des paysages du pays : La Montagne (2010), La Vallée (2014), et La Rivière. Dans Le Dernier Homme (2006), le protagoniste se voit transformé en ce qui est, pour lui,  un anathème. Premier et unique essai de Salhab dans le genre des films de vampire, Le Dernier Homme se distingue à la fois par le fait qu’il reprend un thème qui résonne dans l’art contemporain lilbanais d’après la guerre civile, et par le fait qu’il s’agit de l’un de ses longs métrages les plus accessibles à ce jour.

Les autres œuvres du cinéaste ont davantage la forme d’essais. Allant du court au long-métrage de non-fiction, elles tendent vers l’expérimental. Certaines sont des autoproductions sans aucun budget, comme le projet en solo de 2005, Brève rencontre avec Jean Luc Godard (ou le cinéma comme métaphore), tandis que d’autres sont des productions en équipe, comme 1958 (2009) et Warda. Contretemps s’inscrit dans la lignée des essais de Salhab dans la mesure où il s’agit essentiellement d’un projet solo : les séquences sont tournées, enregistrées et montées par lui-même. Le générique du film mentionne six collègues qui, selon Salhab, ont participé à la production.

Un agenda impressionniste

Dans Contretemps, le manque de personnages et d’indications de type documentaire, comme une narration en voix off par exemple, peut donner au film un air impressionniste, mais sa structure n’est pas pour autant complexe. On suit une chronologie qui commence en 2019, lorsque le cinéaste rentre prématurément de l’étranger après avoir appris que les gens sont descendus dans la rue pour réclamer des changements radicaux. Il se termine en 2023, avec le bruit des frappes aériennes qui résonnent à la frontière sud du pays. Les titres des parties indiquent les changements spatio-temporels (12 octobre 2019, 8 août 2020) ou des commentaires thématiques (« au début » ou « le chant final ? »).

Les motifs des paysages servent de contrepoint au flot d’événements et d’incidents mineurs qui se succèdent au fil des années. La caméra tombe périodiquement sur des paysages ruraux, où l’immobilité est percée par le bruit métallique et le bêlement des moutons qui paissent sur les collines. Trois ou quatre panoramas de Ras Beirut, dans le style « Fenêtre sur cour », sont plus marquants. Le plus marquant a été filmé depuis une fenêtre ou un balcon orienté vers le nord, montrant un morceau de mer et de ciel méditerranéen comme un portrait pris en sandwich entre deux tours de logements. Des cargos font des allers-retours dans le cadre. Lorsque le film revient sur ces panoramas, il fournit des études pleines de lyrisme de la lumière quand qu’elle se réfracte en fonction de la météo capricieuse de la ville et de la qualité de l’air. De l’obscurité, qui est significative car la nuit était beaucoup plus sombre au début de l’effondrement financier lorsque l’électricité était rare, et en raison de la veille nocturne du cinéaste. Des sons : un silence absolu, un appel à la prière, ostensiblement exempt de concurrence d’autres bruits, des sirènes hurlantes, une voix solitaire criant « Oh mon Dieu ! Oh mon Dieu ! »

Le son est un élément clé du langage de Salhab. Le film s’ouvre sur un plan montrant des enfants libanais, des employés de maison et des parents sur une plage rocheuse. La scène est silencieuse. Lorsque la bande son commence, elle est déconnectée de la séquence, elle documente plutôt clairement une séquence de repas pris à l’intérieur, animé par des voix d’enfants et d’adultes. Après un fondu enchaîné du titre, la scène passe à un plan intérieur d’une voiture en mouvement, l’objectif étant orienté vers le haut pour capturer la canopée des arbres qui bordent la route, la superposition lui confère un aspect de collage. Alors que des voix s’élèvent dans l’air en grésillant depuis la radio, les premières lignes de l’hymne révolutionnaire « L’Internationale » s’élèvent, une voix masculine fredonne d’abord, puis chante doucement – « Debout, les damnés de la terre / Debout, les forçats de la faim… » – première occurrence d’une longue série de chansons et de chants qui résonnent dans le film.

Ce n’est qu’ensuite que la scène arrive sur la place des Martyrs de Beyrouth en train d’être transformée en terrain de camping improvisé après le début des manifestations qui ont commencé le 17 octobre 2019. Des sirènes accompagnent le tourbillon de civils, de policiers casqués munis de boucliers anti-émeutes et de matraques, de journalistes et de soldats qui se déplacent dans la zone. « En venant de l’aéroport, les routes étaient vides », peut-on lire dans les sous-titres. « C’est à cause des derniers événements, a dit le chauffeur de taxi. J’avais entendu ce mot, événements, pour la première fois en avril 1975 », soit le début de la guerre civile la plus proche dans l’histoire libanaise.

La majeure partie de la première moitié de Contretemps est consacrée aux manifestations et aux marches protestataires dans divers endroits de Beyrouth, ainsi qu’à Trablous et dans le Sud. Différentes séquences sont parfois superposées, suggérant peut-être la fatigue du spectateur. Une marche est filmée de face, alors qu’elle approche le centre-ville depuis Ras Beirut. Les manifestants sont ensuite montrés de profil alors qu’ils passent, puis de dos alors qu’ils chantent dans le tunnel d’une autoroute. Tout au long du film, les manifestants chantent des chansons contestataires contre la classe politique et ceux qui la soutiennent – improvisées sur place par celui qui tient le mégaphone, parfois interprétées par des musiciens professionnels ou rappées après la tombée de la nuit par des artistes hip-hop locaux. La première chanson de ce type montrée dans le film est apparemment apparu suite à la démission du Premier ministre de l’époque, Saad al-Hariri, et elle est interprétée sur l’air d’une comptine. Les chants de rue captés par Salhab n’évoquent pas nécessairement les mélodies des boîtes à musique de l’école maternelle, mais ils résonnent tous d’une énergie et d’un optimisme caractéristiques de la jeunesse, quel que soit l’âge des manifestants.


Sit-in Jisr Fuad Shihab: A still from Contretemps, showing protestors holding a sit-in at the east end of Downtown Beirut’s "Ring" flyover. (courtesy Ghassan Salhab).
Sit-in Jisr Fuad Shihab: A still from Contretemps, showing protestors holding a sit-in at the east end of Downtown Beirut’s “Ring” flyover. (courtesy Ghassan Salhab).

« Allez Beyrouth », s’exclament des voix exaltées au début du film. « Soulève-toi ! »

Debout, les damnés de la terre.

Les lieux et le ton changent en fonction de l’évolution du mouvement. Après un peu plus d’une heure, le temps des manifestations et des chants est remplacé par une phase de courses pour fuir la police et de jets de pierres, tandis que les forces de sécurité se mettent à utiliser gaz lacrymogène et canons à eau. Les rues résonnent à nouveau brièvement de chants avant d’être envahies par le silence du confinement lié à la pandémie. Si, alors, les gens tapaient sur des casseroles et des poêles depuis leur balcon pour soutenir les manifestants, on les voit ensuite jouer pour rompre le silence imposé. On les voit en train de dribbler un ballon de football sur le toit d’un bâtiment adjacent, de nourrir des chats errants derrière un masque. Entre mars et mai 2020, la caméra de Salhab filme un tableau de nuages qui se déplace sur une face de la lune, accompagné du sermon d’un shaykh résonnant sur le système de sonorisation d’une mosquée et du gémissement persistant d’un drone de surveillance israélien. Alors que le silence et l’immobilité remplacent les chants et les chansons comme principal accompagnement de la nuit, les drones deviennent une présence acoustique plus fréquente.

Fins

Pendant deux périodes de calme relatif, le cinéaste chancèle sous le poids de traumatismes sans rapport avec les manifestations et les crises qui les accompagnent. Un peu plus de trois heures après le début du film, une sonate nocturne d’ustensiles de cuisine et de youyous fait place à un plan intérieur silencieux sur une œuvre d’art mural en noir et blanc et aux motifs africains. On entend la voix d’un homme qui demande quelque chose à Ghassan et l’image devient noire avant d’être coupée pour montrer un homme âgé portant des lunettes, dans l’encadrement d’une porte. Alors que la scène revient au noir, l’homme plus jeune répond depuis le hors-champ, marque une pause, puis demande : « Où est maman ? ». Contretemps bascule alors dans la vie privée de Salhab. La seconde moitié du film est imprégnée de ce sentiment de perte, le mouvement de protestation dès lors épuisé accompagne sombrement la mort de ses parents.

La mère de Salhab occupe une place importante dans 1958, œuvre de non-fiction, et Contretemps reprend une photo de ce film antérieur, qui montre la jeune mère et son premier-né lorsqu’il était un petit garçon. Les réflexions de Salhab sur son décès sont étonnamment anecdotiques, racontées par des sous-titres sur un écran noir accompagné des bruits nocturnes de la ville. Elles évoquent l’influence qu’elle a eue sur son travail (en particulier sur Le Dernier Homme), la façon dont il lui a montré des images des manifestations de Beyrouth dans les derniers jours de sa vie, la façon dont une maladie neurodégénérative l’a rendue méconnaissable, et les rituels qui ont accompagné son enterrement, qui l’ont fait se sentir étranger.

Après avoir documenté le départ de sa mère, Salhab considère l’explosion du port de Beyrouth et de ses conséquences. On voit l’énorme panache de fumée rose qui s’est élevé au-dessus de la ville avant l’explosion, tandis que les voix de Salhab et d’un autre homme sont entendues en train de spéculer sur la cause de l’explosion. L’explosion elle-même n’est ni montrée ni entendue. Pas plus que la violente mêlée de gaz lacrymogènes et de balles en caoutchouc, de béton brisé et de feux d’artifice qui ont suivi. La scène se termine par un montage des décombres de l’explosion, de la confusion et des quelques espaces qui ont accueilli des manifestations et les tentes des organisateurs du mouvement, ils sont dès lors maîtrisés, vidés, réduits au silence.

Salhab utilise également des intertitres pour signaler le décès de son père – « Pourquoi est-il parti avant moi ? demanda-t-il » – et les réflexions sont également anecdotiques, mais la représentation de l’absence d’Abu Ghassan est plus cinématographique. Avec un feuillage sauvage en bord de mer sur la bordure de l’image, le cinéaste promène la caméra sur un sentier menant à l’une des rares plages non aménagées (et non privatisées) de la côte de Beyrouth. Son père faisait partie des hommes qui fréquentaient cette zone, comme le montre de manière amusante l’artiste libanaise Mounira Al Solh dans sa série de 2007 intitulée Sea Is a Stereo (La mer est une stéréo). « Tout le monde connaît Abu Ghassan ici », font remarquer les intertitres, « les pêcheurs, les nageurs, les plongeurs, les flâneurs, tous les habitués. Je suis donc un peu une curiosité ici. Son fils. »

La caméra trouve quelques petites embarcations, retournées au milieu des algues.

« Pourquoi venir seulement maintenant ? »

Le film passe à un plan intérieur où l’on voit les lunettes d’Abu Ghassan sur une table, avec la mer en arrière-plan. Quelques minutes plus tard, le film reprend des images d’un graffiti arabe sur un mur de Beyrouth : « Nous appartenons maintenant à la perte. »

La caméra semble chercher une note d’optimisme pour conclure, mais la tristesse imprègne le paysage. En août 2021, le cadre s’ouvre sur la première mondiale du film La Rivière de Salhab au festival du film de Locarno : « à 2634,1 km d’ici », comme l’indique l’intertitre, suivi d’une remarque sans joie, « Le cinéma fait son grand retour, on nous dit. »

Quelque temps plus tard, un joyeux air de oud s’élève de l’écran noir, qui s’interrompt sur un couple d’hommes sur un trottoir chantant une chanson optimiste sur l’éloignement. « Si tu m’as aimé et que tu m’as oublié, que tu m’as laissé seul, envoie-moi une lettre, dis-moi que tu vas bien. »

La vignette est juxtaposée à une image des restes d’un oiseau chanteur par terre.

Environ 15 minutes avant le générique de fin, Salhab apparaît à l’écran, impassible. L’intertitre qui suit déclare : « Oui, je sais que tu es malheureux », il précède un tableau vu à travers une vitre arrière montrant le toit d’un immeuble résidentiel où quelqu’un a déposé une petite pelleteuse. Sa pelle a été remplacée par un marteau-piqueur, avec lequel l’opérateur s’acharne sur une structure sur le toit. Sur le mur condamné, quelqu’un a peint à la bombe un cœur et la phrase « بحبك », « Je t’aime »).

Peut-être Salhab a-t-il trouvé une espèce de comique absurde dans cette scène. Dans le plan séquence qui suit, filmé depuis un véhicule en mouvement, un soleil ballonné est suspendu bas dans le ciel, brillant d’une intensité surnaturelle, ses rayons explosant à travers tous les obstacles routiers qui se trouvent entre lui et l’objectif. La séquence est accompagnée d’une mélodie entêtante et pétillante des Tindersticks. Les paroles semblent confirmer la situation bien compliquée dans laquelle la voix du film se trouve, « Oui, je sais que tu es malheureux. Oui, je sais que tu as pleuré. Moi aussi, j’ai pleuré », tout en insistant sur le fait qu’il n’y a qu’une seule façon d’avancer : « Tu dois crier plus fort. »

Le film se clôt sur le 12 novembre 2023, un écran noir et le son des tirs d’obus et des drones de surveillance.

À l’instar de la période qu’il capture, Contretemps est une œuvre changeante. Son regard documentaire sur les manifestations de 2019-20 se déploie comme une étude de la culture de l’engagement politique des jeunes dans la sphère publique, elle manie une langue cinématographique maîtrisée car elle est faite de mouvement et de stase, de son et de silence. Elle s’avère également habile pour capturer le renversement de la capacité d’agir politique qu’a été l’enfermement de la pandémie et le silence forcé d’une sphère publique épuisée (et peut-être fragmentée, que ce soit par la ruine financière, l’émigration ou des positions diverses, qu’elles soient hostiles ou dépendantes du statu quo).

Contretemps est un film d’une audace rarement égalée, non pas parce qu’il montre des scènes inédites des crises libanaises, mais en raison de la rigueur de son langage cinématographique. Au fur et à mesure qu’il se réoriente, passant de l’examen minutieux de l’action collective des jeunes à la documentation de la mort et de l’isolement du deuil, il met cette esthétique à rude épreuve. Il documente la fragilité de l’acte créatif lui-même.

 

Traduit de l’anglais par Marion Beauchamp-Levet



Jim Quilty

Jim Quilty is a Beirut-based writer, journalist, film critic and editor. He’s written about the cinema, contemporary art and cultural production of the Middle East and North Africa for two decades. He edited and contributed to the arts and culture pages of... Read more

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Palestine’s Pen against Israel’s Swords of Injustice

6 NOVEMBER 2023 • By Mai Al-Nakib
Palestine’s Pen against Israel’s Swords of Injustice
Books

Domicide—War on the City

5 NOVEMBER 2023 • By Ammar Azzouz
<em>Domicide</em>—War on the City
Featured Artist

Mohamed Al Mufti, Architect and Painter of Our Time

5 NOVEMBER 2023 • By Nicole Hamouche
Mohamed Al Mufti, Architect and Painter of Our Time
Essays

On Fathers, Daughters and the Genocide in Gaza 

30 OCTOBER 2023 • By Deema K Shehabi
On Fathers, Daughters and the Genocide in Gaza 
Islam

October 7 and the First Days of the War

23 OCTOBER 2023 • By Robin Yassin-Kassab
October 7 and the First Days of the War
Art & Photography

Middle Eastern Artists and Galleries at Frieze London

23 OCTOBER 2023 • By Sophie Kazan Makhlouf
Middle Eastern Artists and Galleries at Frieze London
Essays

Forging Peace for Artsakh—The Debacle of Nagorno Karabagh

16 OCTOBER 2023 • By Seta Kabranian-Melkonian
Forging Peace for Artsakh—The Debacle of Nagorno Karabagh
Theatre

Lebanese Thespian Aida Sabra Blossoms in International Career

9 OCTOBER 2023 • By Nada Ghosn
Lebanese Thespian Aida Sabra Blossoms in International Career
Books

Fairouz: The Peacemaker and Champion of Palestine

1 OCTOBER 2023 • By Dima Issa
Fairouz: The Peacemaker and Champion of Palestine
Fiction

“Kaleidoscope: In Pursuit of the Real in a Virtual World”—fiction from Dina Abou Salem

1 OCTOBER 2023 • By Dina Abou Salem
“Kaleidoscope: In Pursuit of the Real in a Virtual World”—fiction from Dina Abou Salem
Art & Photography

Adel Abidin, October 2023

1 OCTOBER 2023 • By TMR
Adel Abidin, October 2023
Books

“Sadness in My Heart”—a story by Hilal Chouman

3 SEPTEMBER 2023 • By Hilal Chouman, Nashwa Nasreldin
“Sadness in My Heart”—a story by Hilal Chouman
Book Reviews

Ilan Pappé on Tahrir Hamdi’s Imagining Palestine

7 AUGUST 2023 • By Ilan Pappé
Ilan Pappé on Tahrir Hamdi’s <em> Imagining Palestine</em>
Film

The Soil and the Sea: The Revolutionary Act of Remembering

7 AUGUST 2023 • By Farah-Silvana Kanaan
<em>The Soil and the Sea</em>: The Revolutionary Act of Remembering
Poetry

Three Poems from Pantea Amin Tofangchi’s Glazed With War

3 AUGUST 2023 • By Pantea Amin Tofangchi
Three Poems from Pantea Amin Tofangchi’s <em>Glazed With War</em>
Book Reviews

Can the Kurdish Women’s Movement Transform the Middle East?

31 JULY 2023 • By Matt Broomfield
Can the Kurdish Women’s Movement Transform the Middle East?
Books

Words of Resistance: Nasim Marashi, Syaman Rapongan & Isabelle Sorente

17 JULY 2023 • By Lou Heliot
Words of Resistance: Nasim Marashi, Syaman Rapongan & Isabelle Sorente
Book Reviews

Why Isn’t Ghaith Abdul-Ahad a Household Name?

10 JULY 2023 • By Iason Athanasiadis
Why Isn’t Ghaith Abdul-Ahad a Household Name?
Opinion

The End of the Palestinian State? Jenin Is Only the Beginning

10 JULY 2023 • By Yousef M. Aljamal
The End of the Palestinian State? Jenin Is Only the Beginning
Beirut

“The City Within”—fiction from MK Harb

2 JULY 2023 • By MK Harb
“The City Within”—fiction from MK Harb
Cities

In Shahrazad’s Hammam—fiction by Ahmed Awadalla

2 JULY 2023 • By Ahmed Awadalla
In Shahrazad’s Hammam—fiction by Ahmed Awadalla
Arabic

Inside the Giant Fish—excerpt from Rawand Issa’s graphic novel

2 JULY 2023 • By Rawand Issa, Amy Chiniara
Inside the Giant Fish—excerpt from Rawand Issa’s graphic novel
Art & Photography

Newly Re-Opened, Beirut’s Sursock Museum is a Survivor

12 JUNE 2023 • By Arie Amaya-Akkermans
Newly Re-Opened, Beirut’s Sursock Museum is a Survivor
Editorial

EARTH: Our Only Home

4 JUNE 2023 • By Jordan Elgrably
EARTH: Our Only Home
Arabic

Arab Theatre Grapples With Climate Change, Borders, War & Love

4 JUNE 2023 • By Hassan Abdulrazzak
Arab Theatre Grapples With Climate Change, Borders, War & Love
Opinion

Nurredin Amro’s Epic Battle to Save His Home From Demolition

24 APRIL 2023 • By Nora Lester Murad
Nurredin Amro’s Epic Battle to Save His Home From Demolition
Essays

When a Country is not a Country—the Chimera of Borders

17 APRIL 2023 • By Ara Oshagan
When a Country is not a Country—the Chimera of Borders
Essays

Artsakh and the Truth About the Legend of Monte Melkonian

17 APRIL 2023 • By Seta Kabranian-Melkonian
Artsakh and the Truth About the Legend of Monte Melkonian
Beirut

Remembering the Armenian Genocide From Lebanon

17 APRIL 2023 • By Mireille Rebeiz
Remembering the Armenian Genocide From Lebanon
Beirut

Tel Aviv-Beirut, a Film on War, Love & Borders

20 MARCH 2023 • By Karim Goury
<em>Tel Aviv-Beirut</em>, a Film on War, Love & Borders
Book Reviews

War and the Absurd in Zein El-Amine’s Watermelon Stories

20 MARCH 2023 • By Rana Asfour
War and the Absurd in Zein El-Amine’s <em>Watermelon</em> Stories
Beirut

The Forced Disappearance of Street Vendors in Beirut

13 MARCH 2023 • By Ghida Ismail
The Forced Disappearance of Street Vendors in Beirut
Fiction

“Counter Strike”—a story by MK HARB

5 MARCH 2023 • By MK Harb
“Counter Strike”—a story by MK HARB
Fiction

“Mother Remembered”—Fiction by Samir El-Youssef

5 MARCH 2023 • By Samir El-Youssef
“Mother Remembered”—Fiction by Samir El-Youssef
Essays

More Photographs Taken From The Pocket of a Dead Arab

5 MARCH 2023 • By Saeed Taji Farouky
More Photographs Taken From The Pocket of a Dead Arab
Cities

The Odyssey That Forged a Stronger Athenian

5 MARCH 2023 • By Iason Athanasiadis
The Odyssey That Forged a Stronger Athenian
Book Reviews

Yemen War Survivors Speak in What Have You Left Behind?

20 FEBRUARY 2023 • By Saliha Haddad
Yemen War Survivors Speak in <em>What Have You Left Behind?</em>
Beirut

The Curious Case of Middle Lebanon

13 FEBRUARY 2023 • By Amal Ghandour
The Curious Case of Middle Lebanon
Beirut

Arab Women’s War Stories, Oral Histories from Lebanon

13 FEBRUARY 2023 • By Evelyne Accad
Arab Women’s War Stories, Oral Histories from Lebanon
Book Reviews

Sabyl Ghoussoub Heads for Beirut in Search of Himself

23 JANUARY 2023 • By Adil Bouhelal
Sabyl Ghoussoub Heads for Beirut in Search of Himself
Art

On Lebanon and Lamia Joreige’s “Uncertain Times”

23 JANUARY 2023 • By Arie Amaya-Akkermans
On Lebanon and Lamia Joreige’s “Uncertain Times”
Book Reviews

Mohamed Makhzangi Despairs at Man’s Cruelty to Animals

26 DECEMBER 2022 • By Saliha Haddad
Mohamed Makhzangi Despairs at Man’s Cruelty to Animals
Fiction

Broken Glass, a short story

15 DECEMBER 2022 • By Sarah AlKahly-Mills
<em>Broken Glass</em>, a short story
Art

Museums in Exile—MO.CO’s show for Chile, Sarajevo & Palestine

12 DECEMBER 2022 • By Jordan Elgrably
Museums in Exile—MO.CO’s show for Chile, Sarajevo & Palestine
Book Reviews

Fida Jiryis on Palestine in Stranger in My Own Land

28 NOVEMBER 2022 • By Diana Buttu
Fida Jiryis on Palestine in <em>Stranger in My Own Land</em>
Columns

Sudden Journeys: Israel’s Intimate Separations—Part 2

31 OCTOBER 2022 • By Jenine Abboushi
Sudden Journeys: Israel’s Intimate Separations—Part 2
Columns

For Electronica Artist Hadi Zeidan, Dance Clubs are Analogous to Churches

24 OCTOBER 2022 • By Melissa Chemam
For Electronica Artist Hadi Zeidan, Dance Clubs are Analogous to Churches
Editorial

You Don’t Have to Be A Super Hero to Be a Heroine

15 OCTOBER 2022 • By TMR
You Don’t Have to Be A Super Hero to Be a Heroine
Book Reviews

Zoulikha, Forgotten Freedom Fighter of the Algerian War

15 OCTOBER 2022 • By Fouad Mami
Zoulikha, Forgotten Freedom Fighter of the Algerian War
Film

Ziad Kalthoum: Trajectory of a Syrian Filmmaker

15 SEPTEMBER 2022 • By Viola Shafik
Ziad Kalthoum: Trajectory of a Syrian Filmmaker
Essays

Kairo Koshary, Berlin’s Egyptian Food Truck

15 SEPTEMBER 2022 • By Mohamed Radwan
Kairo Koshary, Berlin’s Egyptian Food Truck
Essays

Exile, Music, Hope & Nostalgia Among Berlin’s Arab Immigrants

15 SEPTEMBER 2022 • By Diana Abbani
Exile, Music, Hope & Nostalgia Among Berlin’s Arab Immigrants
Art & Photography

16 Formidable Lebanese Photographers in an Abbey

5 SEPTEMBER 2022 • By Nada Ghosn
16 Formidable Lebanese Photographers in an Abbey
Film

Two Syrian Brothers Find Themselves in “We Are From There”

22 AUGUST 2022 • By Angélique Crux
Two Syrian Brothers Find Themselves in “We Are From There”
Art

Abundant Middle Eastern Talent at the ’22 Avignon Theatre Fest

18 JULY 2022 • By Nada Ghosn
Abundant Middle Eastern Talent at the ’22 Avignon Theatre Fest
Film Reviews

War and Trauma in Yemen: Asim Abdulaziz’s “1941”

15 JULY 2022 • By Farah Abdessamad
War and Trauma in Yemen: Asim Abdulaziz’s “1941”
Film

Lebanon in a Loop: A Retrospective of “Waves ’98”

15 JULY 2022 • By Youssef Manessa
Lebanon in a Loop: A Retrospective of “Waves ’98”
Columns

Why I left Lebanon and Became a Transitional Citizen

27 JUNE 2022 • By Myriam Dalal
Why I left Lebanon and Became a Transitional Citizen
Fiction

Rabih Alameddine: “Remembering Nasser”

15 JUNE 2022 • By Rabih Alameddine
Rabih Alameddine: “Remembering Nasser”
Film

Saeed Taji Farouky: “Strange Cities Are Familiar”

15 JUNE 2022 • By Saeed Taji Farouky
Saeed Taji Farouky: “Strange Cities Are Familiar”
Fiction

Dima Mikhayel Matta: “This Text Is a Very Lonely Document”

15 JUNE 2022 • By Dima Mikhayel Matta
Dima Mikhayel Matta: “This Text Is a Very Lonely Document”
Fiction

“The Salamander”—fiction from Sarah AlKahly-Mills

15 JUNE 2022 • By Sarah AlKahly-Mills
“The Salamander”—fiction from Sarah AlKahly-Mills
Art & Photography

Film Review: “Memory Box” on Lebanon Merges Art & Cinema

13 JUNE 2022 • By Arie Amaya-Akkermans
Film Review: “Memory Box” on Lebanon Merges Art & Cinema
Film

Art Film Depicts the Landlocked Drama of Nagorno-Karabakh

2 MAY 2022 • By Taline Voskeritchian
Art Film Depicts the Landlocked Drama of Nagorno-Karabakh
Beirut

Fairouz is the Voice of Lebanon, Symbol of Hope in a Weary Land

25 APRIL 2022 • By Melissa Chemam
Fairouz is the Voice of Lebanon, Symbol of Hope in a Weary Land
Book Reviews

Joumana Haddad’s The Book of Queens: a Review

18 APRIL 2022 • By Laila Halaby
Joumana Haddad’s <em>The Book of Queens</em>: a Review
Art & Photography

Ghosts of Beirut: a Review of “displaced”

11 APRIL 2022 • By Karén Jallatyan
Ghosts of Beirut: a Review of “displaced”
Columns

Nowruz and The Sins of the New Day

21 MARCH 2022 • By Maha Tourbah
Nowruz and The Sins of the New Day
Columns

Music in the Middle East: Bring Back Peace

21 MARCH 2022 • By Melissa Chemam
Music in the Middle East: Bring Back Peace
Poetry

Three Poems of Love and Desire by Nouri Al-Jarrah

15 MARCH 2022 • By Nouri Al-Jarrah
Three Poems of Love and Desire by Nouri Al-Jarrah
Art

Fiction: “Skin Calluses” by Khalil Younes

15 MARCH 2022 • By Khalil Younes
Fiction: “Skin Calluses” by Khalil Younes
Columns

“There’s Nothing Worse Than War”

24 FEBRUARY 2022 • By Jordan Elgrably
“There’s Nothing Worse Than War”
Film

“The Translator” Brings the Syrian Dilemma to the Big Screen

7 FEBRUARY 2022 • By Jordan Elgrably
“The Translator” Brings the Syrian Dilemma to the Big Screen
Fiction

Fiction from “Free Fall”: I fled the city as a murderer whose crime had just been uncovered

15 JANUARY 2022 • By Abeer Esber, Nouha Homad
Fiction from “Free Fall”: I fled the city as a murderer whose crime had just been uncovered
Book Reviews

Temptations of the Imagination: how Jana Elhassan and Samar Yazbek transmogrify the world

10 JANUARY 2022 • By Rana Asfour
Temptations of the Imagination: how Jana Elhassan and Samar Yazbek transmogrify the world
Columns

Sudden Journeys: From Munich with Love and Realpolitik

27 DECEMBER 2021 • By Jenine Abboushi
Sudden Journeys: From Munich with Love and Realpolitik
Comix

Lebanon at the Point of Drowning in Its Own…

15 DECEMBER 2021 • By Raja Abu Kasm, Rahil Mohsin
Lebanon at the Point of Drowning in Its Own…
Comix

How to Hide in Lebanon as a Western Foreigner

15 DECEMBER 2021 • By Nadiyah Abdullatif, Anam Zafar
How to Hide in Lebanon as a Western Foreigner
Columns

Sudden Journeys: The Villa Salameh Bequest

29 NOVEMBER 2021 • By Jenine Abboushi
Sudden Journeys: The Villa Salameh Bequest
Music Reviews

Electronic Music in Riyadh?

22 NOVEMBER 2021 • By Melissa Chemam
Electronic Music in Riyadh?
Art

Etel Adnan’s Sun and Sea: In Remembrance

19 NOVEMBER 2021 • By Arie Amaya-Akkermans
Etel Adnan’s Sun and Sea: In Remembrance
Book Reviews

Diary of the Collapse—Charif Majdalani on Lebanon’s Trials by Fire

15 NOVEMBER 2021 • By A.J. Naddaff
<em>Diary of the Collapse</em>—Charif Majdalani on Lebanon’s Trials by Fire
Interviews

The Anguish of Being Lebanese: Interview with Author Racha Mounaged

18 OCTOBER 2021 • By A.J. Naddaff
The Anguish of Being Lebanese: Interview with Author Racha Mounaged
Book Reviews

Racha Mounaged’s Debut Novel Captures Trauma of Lebanese Civil War

18 OCTOBER 2021 • By A.J. Naddaff
Racha Mounaged’s Debut Novel Captures Trauma of Lebanese Civil War
Art & Photography

Displaced: From Beirut to Los Angeles to Beirut

15 SEPTEMBER 2021 • By Ara Oshagan
Displaced: From Beirut to Los Angeles to Beirut
Columns

Beirut Drag Queens Lead the Way for Arab LGBTQ+ Visibility

8 AUGUST 2021 • By Anonymous
Beirut Drag Queens Lead the Way for Arab LGBTQ+ Visibility
Art & Photography

Gaza’s Shababek Gallery for Contemporary Art

14 JULY 2021 • By Yara Chaalan
Gaza’s Shababek Gallery for Contemporary Art
Art

Malak Mattar — Gaza Artist and Survivor

14 JULY 2021 • By Jordan Elgrably
Malak Mattar — Gaza Artist and Survivor
Columns

The Semantics of Gaza, War and Truth

14 JULY 2021 • By Mischa Geracoulis
The Semantics of Gaza, War and Truth
Book Reviews

ISIS and the Absurdity of War in the Age of Twitter

4 JULY 2021 • By Jessica Proett
ISIS and the Absurdity of War in the Age of Twitter
Columns

Lebanon’s Wasta Has Contributed to the Country’s Collapse

14 JUNE 2021 • By Samir El-Youssef
Lebanon’s Wasta Has Contributed to the Country’s Collapse
Columns

Lebanese Oppose Corruption with a Game of Wasta

14 JUNE 2021 • By Victoria Schneider
Lebanese Oppose Corruption with a Game of Wasta
Weekly

War Diary: The End of Innocence

23 MAY 2021 • By Arie Amaya-Akkermans
War Diary: The End of Innocence
Art

The Murals of Yemen’s Haifa Subay

14 MAY 2021 • By Farah Abdessamad
The Murals of Yemen’s Haifa Subay
Weekly

Beirut Brings a Fragmented Family Together in “The Arsonists’ City”

9 MAY 2021 • By Rana Asfour
Columns

Memory and the Assassination of Lokman Slim

14 MARCH 2021 • By Claire Launchbury
Memory and the Assassination of Lokman Slim
Weekly

Hanane Hajj Ali, Portrait of a Theatrical Trailblazer

14 FEBRUARY 2021 • By Nada Ghosn
Hanane Hajj Ali, Portrait of a Theatrical Trailblazer
TMR 6 • Revolutions

Revolution in Art, a review of “Reflections” at the British Museum

14 FEBRUARY 2021 • By Malu Halasa
Revolution in Art, a review of “Reflections” at the British Museum
TMR 3 • Racism & Identity

Find the Others: on Becoming an Arab Writer in English

15 NOVEMBER 2020 • By Rewa Zeinati
TMR 3 • Racism & Identity

I am the Hyphen

15 NOVEMBER 2020 • By Sarah AlKahly-Mills
I am the Hyphen
World Picks

World Art, Music & Zoom Beat the Pandemic Blues

28 SEPTEMBER 2020 • By Malu Halasa
World Art, Music & Zoom Beat the Pandemic Blues
Beirut

Wajdi Mouawad, Just the Playwright for Our Dystopian World

15 SEPTEMBER 2020 • By Melissa Chemam
Wajdi Mouawad, Just the Playwright for Our Dystopian World
Art

Beirut Comix Tell the Story

15 SEPTEMBER 2020 • By Lina Ghaibeh & George Khoury
Beirut Comix Tell the Story
Editorial

Beirut, Beirut

15 SEPTEMBER 2020 • By Jordan Elgrably
Beirut

It’s Time for a Public Forum on Lebanon

15 SEPTEMBER 2020 • By Wajdi Mouawad
It’s Time for a Public Forum on Lebanon
Book Reviews

Salvaging the shipwreck of humanity in Amin Maalouf’s Adrift

15 SEPTEMBER 2020 • By Sarah AlKahly-Mills
Salvaging the shipwreck of humanity in Amin Maalouf’s <em>Adrift</em>

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