<em>The President’s Cake</em>, ou l’histoire d’une mission impossible

Baneen Ahmad Nayyef joue Lamia dans The President's Cake.

6 FEBRUARY 2026 • By Alex Demyanenko

Select Other Languages French.

Dans son premier film, primé à Cannes cette année, le scénariste et réalisateur Hasan Hadi nous fait voir la cruauté de l’autoritarisme à travers des yeux d’enfant, et, ce faisant, révèle la manière dont le pouvoir se mêle intimement aux vies ordinaires.

The President’s Cake s’ouvre sur une Irak que nous ne sommes pas habitués à reconnaître. Le crépuscule se reflète dans l’eau comme quelque chose de sacré. Les marais s’étendent à perte de vue, les palmiers se découpent sur le soleil couchant, les meshoofs glissent silencieusement à travers les roseaux. C’est calme, c’est beau, cela ne ressemble pas à l’Irak des images d’actualité ou des raccourcis politiques. Et c’est précisément là où réside tout l’intérêt de ces images : le premier long métrage remarquable du cinéaste irakien Hasan Hadi commence ainsi par nous rappeler que la souffrance n’annonce pas toujours sa présence. Parfois, elle se cache derrière la beauté, en attendant le moment où le pouvoir fera valoir ses exigences.



Ce moment arrive brusquement. La sérénité des marais est brisée par le rugissement des avions militaires qui brûlent le ciel. Le film illustre parfaitement le fait que la laideur ressemble rarement à ce à quoi nous nous attendons. Souvent, elle s’immisce soudainement et violemment dans notre quotidien.

Il existe un type particulier de cruauté que seuls les systèmes autoritaires perfectionnent : la capacité à transformer la tâche la plus innocente en une épreuve de loyauté, un moment empli de peur, et où se joue la survie. The President’s Cake comprend cela instinctivement. Ce qui commence comme un devoir donné à l’école à un enfant – préparer un gâteau en l’honneur de l’anniversaire de Saddam Hussein – se révèle peu à peu comme quelque chose de bien plus insidieux : une leçon silencieuse et oppressante sur la façon dont le pouvoir s’immisce dans tous les aspects de la vie quotidienne, et sur le fait que ce sont souvent les plus vulnérables qui en supportent le poids.

Affiche "Le gâteau du Président"

Le film suit Lamia (Baneen Ahmad Nayyef), une fillette de neuf ans vivant dans le sud de l’Irak en 1991, au plus fort des sanctions internationales contre le régime de Saddam. Dans sa classe, les enfants se voient attribuer au hasard différentes tâches pour célébrer le prochain anniversaire du président Saddam Hussein. L’un doit apporter des fleurs. Un autre doit apporter des fruits. Lamia se voit confier la tâche la plus impossible de toutes : elle doit préparer un gâteau dans un pays où la farine, les œufs, le sucre, voire l’eau potable, les médicaments et le carburant sont devenus des denrées rares.

Il ne s’agit pas seulement d’un défi logistique, mais d’un test de loyauté déguisé en devoir civique. La tâche est absurde, mais les conséquences d’un échec ne le sont pas. Le film montre comment les systèmes totalitaires transforment le banal en arme, l’obéissance en rituel et le rituel en peur.

Lamia ne commence pas son voyage seule. Elle part avec sa Bibi (Waheed Thabet Khreibat), sa grand-mère, qui s’occupe d’elle, ainsi qu’avec son coq bien-aimé, Hindi. La vieille femme est courbée par l’âge, visiblement épuisée par les privations qui sont omniprésentes dans ce paysage. Rapidement, le voyage devient trop difficile pour elle. Bibi, elle-même victime incarnée des sanctions, est lentement épuisée par la pénurie et l’effort physique, laissant Lamia poursuivre sa quête sans elle.

Une multitude de personnages divers et variés entrent et sortent de la scène où se joue la mission sinueuse de Lamia, comme son espiègle camarade de classe Saeed (Sajad Mohamad Qasem) et un chauffeur de taxi charismatique (joué par le musicien irako-américain Rahim AlHaj). S’ensuit dès lors une odyssée ardue, souvent absurde, à travers des villages, des cours d’eau, des marchés et des ruelles ombragées, tandis que Lamia tente de rassembler les ingrédients dont elle a besoin. Le stress lié à cette tâche dépasse largement sa logique. Ce déséquilibre est justement le but recherché.

Lorsque le poids devient insupportable, Lamia et Saeed se réfugient dans un simple jeu de regards : tous les deux se fixent et se mettent au défi de ne pas cligner des yeux. Ces échanges sont brefs mais profonds. Ils ramènent brièvement les enfants dans le présent, leur offrant une évasion fugace d’un système déterminé à effacer complètement leur innocence. C’est un acte de résistance silencieux : jouer pour survivre.

Saddam Hussein lui-même plane sur chaque étape de ce voyage. Son image est omniprésente, il fixe tout le monde de son regard depuis des affiches, des fresques murales, des panneaux d’affichage, des peintures et les murs des salles de classe qui servent d’espaces d’endoctrinement. Son visage observe, juge, exige. Même le paysage porte sa marque. Les marais où le film a été tourné – luxuriants, aquatiques et visuellement époustouflants – ont été systématiquement asséchés et détruits par Saddam Hussein parce qu’ils ne soutenaient pas son régime. Le choix du lieu n’est pas fortuit. La terre elle-même devient une réprimande silencieuse.

L’histoire s’inspire de l’enfance de Hadi, un camarade de classe avait été chargé de préparer le gâteau de Saddam. Lors d’une récente projection du film, Hadi a révélé que son choix de centrer le film sur une fillette était à la fois une décision créative et politique. Hadi, qui a grandi entouré de femmes, a déclaré qu’il estimait que les filles et les femmes subissaient de manière disproportionnée les conséquences quotidiennes des sanctions. Alors que les hommes étaient souvent partis à la guerre ou au travail, les femmes supportaient le poids de la pénurie à la maison, gérant la survie avec moins de ressources.

Avant de raconter l’histoire de Lamia, Hadi a lui-même du faire face à un parcours difficile, mais façonné par un système de pouvoir différent. Accepté dans le programme de cinéma de l’université de New York, son rêve a d’abord été compromis lorsque l’Irak a été placé sur la liste des pays soumis à une interdiction de voyager aux États-Unis. Même après que l’Irak en a été retiré, ses demandes de visa ont été rejetées à plusieurs reprises. Lors de ce qui lui a été présenté comme sa dernière tentative, son visa a été accepté, mais l’incertitude ne s’est pas arrêtée là. À son arrivée aux États-Unis, il a dû passer la douane américaine, ce qui n’était pas gagné d’avance. Il a été emmené dans une pièce où un douanier a remarqué qu’il se rendait à l’école de cinéma et lui a demandé s’il aimait Martin Scorsese (diplômé en cinéma de l’université de New York). Hadi, nerveux, raconte qu’il avait hésité un instant, s’est demandé s’il s’agissait d’une question piège, puis a répondu que oui. Ce n’est qu’alors qu’il a été autorisé à passer.

Hadi a fréquenté l’université de New York et a écrit le scénario de The President’s Cake pendant la pandémie. Après avoir obtenu son diplôme, il a demandé à sa camarade de classe Leah Chen Baker de produire son premier long métrage. Le film a remporté la Caméra d’or au Festival de Cannes, le premier grand prix international jamais remporté par l’Irak. Il est également le film de la candidature officielle de l’Irak pour la 98e cérémonie des Oscars. Le film est produit par Leah Chen Baker et Eric Roth (Forrest Gump), Marielle Heller (L’Extraordinaire Mr Rogers) et Chris Columbus (Maman, j’ai raté l’avion).

Les traces de l’enseignement cinématographique de Hadi sont visibles tout au long du film à travers des clins d’œil subtils et affectueux à l’histoire du cinéma. Un ballon rouge flotte tout au long du film, un hommage indéniable au film Le Ballon rouge d’Albert Lamorisse. Le réalisme cru, l’intrigue axée sur la quête et l’authenticité du jeu des acteurs rappellent le classique néoréaliste de Vittorio De Sica, Le Voleur de bicyclette, qui, selon Hadi, l’a inspiréLe film comporte également une absurdité chaplinesque qui transforme la bureaucratie en farce et la survie en comédie noire. Ces références ne semblent jamais académiques. Elles sont intégrées dans le tissu de l’histoire, renforçant l’idée que le cinéma lui-même peut être une forme de résistance.

Dans la tradition néoréaliste, Hadi a choisi exclusivement des non-acteurs, dont beaucoup sont des enfants, leurs performances semblent authentiques et immédiates. Plusieurs d’entre eux sont si magnétiques et captivants qu’ils menacent de voler la vedette au film. Au centre de celui-ci se trouve Nayyef dans le rôle de Lamia, qui est une révélation. Son visage, résolu et expressif, traduit toutes les nuances des émotions : de la joie au désespoir, de la peur à la frustration, de la douleur à la défiance silencieuse.

Le directeur de la photographie roumain Tudor Vladimir Panduru (GraduationR.M.N.) fait des merveilles avec des moyens limités. Avec seulement quatre mètres de rail de dolly, l’équipe a réalisé des prises de vue grâce à son ingéniosité plutôt qu’à son envergure, allant même jusqu’à fabriquer du matériel lorsqu’il n’y en avait pas. La nuit, les bateaux glissent comme par magie sur des cours d’eau scintillants. Dans les rues étroites, la caméra joue à la fois le rôle d’observateur et de participant. Le film est bercé par une bande-son envoûtante qui intègre de la musique traditionnelle irakienne, créditée au concepteur sonore Tamás Zányi et au musicien AlHaj.

Le film se termine par des images d’archives de Saddam Hussein célébrant son anniversaire, souriant, entouré d’abondance. La fiction se noie dans la réalité. La cruauté du système n’est plus implicite, elle est documentée. Le contraste entre la fête donnée par les flagorneurs du chef et la lutte de Lamia est à la fois choquant et exaspérant.

Mais ce qui donne toute sa force à The President’s Cake, c’est sa retenue. Le film ne fait pas la leçon. Il fait confiance au public pour arriver à ses propres conclusions. Ce faisant, il démantèle les stéréotypes sur l’Irak sans mâcher ses mots. Il montre la vie telle qu’elle était vécue : complexe, absurde, belle et cruelle à la fois.

Se déroulant en 1991, le film résonne bien au-delà de son moment historique. Les mécanismes de contrôle qu’il dépeint — les tests de loyauté déguisés en devoir civique, la pénurie utilisée comme arme contre les plus vulnérables, l’obéissance imposée par la peur — ne sont pas des vestiges du passé. Partout dans le monde aujourd’hui, l’autoritarisme renforce son emprise, non pas toujours de manière spectaculaire, mais par l’érosion silencieuse du choix et de la dignité.

En filtrant la tyrannie à travers les yeux d’une enfant, The President’s Cake nous rappelle à quel point ces systèmes commencent à fonctionner tôt et à quel point ils dépendent profondément des gens ordinaires contraints de se plier à l’absurdité pour survivre. Lorsque le gâteau de Lamia est terminé, il n’a plus rien de festif, il est seulement de révélateur. À une époque où les hommes forts exigent à nouveau d’être adorés et obéis, le film est à la fois un souvenir et un avertissement. Il nous invite à reconnaître à quel point la cruauté peut facilement être normalisée, et combien souvent elle commence par demander quelque chose de petit, d’apparence inoffensive, à ceux qui sont les plus vulnérables et les moins à même de refuser.

 

Traduit de l’anglais par Marion Beauchamp-Levet

 

Alex Demyanenko

Alex Demyanenko is a journalist and television producer based in Los Angeles. He worked as a journalist/editor for ten years before moving into television, where he has spent more than 25 years producing documentaries and series. His feature gang documentary Bastards of... Read more

Join Our Community

TMR exists thanks to its readers and supporters. By sharing our stories and celebrating cultural pluralism, we aim to counter racism, xenophobia, and exclusion with knowledge, empathy, and artistic expression.

Learn more

RELATED

Film Reviews

An Impossible Task in The President’s Cake

6 FEBRUARY 2026 • By Alex Demyanenko
An Impossible Task in <em>The President’s Cake</em>
Theatre Reviews

Who Speaks for Iraq? A Review of Bengal Tiger at the Baghdad Zoo

23 JANUARY 2026 • By Nazli Tarzi
Who Speaks for Iraq? A Review of <em>Bengal Tiger at the Baghdad Zoo</em>
Book Reviews

Controlled Demolition: an Epistolary Review

16 JANUARY 2026 • By Lina Mounzer
<em>Controlled Demolition</em>: an Epistolary Review
Film Reviews

If You See Something—an Iraqi Film on Asylum

12 DECEMBER 2025 • By Alex Demyanenko
<em>If You See Something</em>—an Iraqi Film on Asylum
Book Reviews

Contemporary Kurdish Writers in the Diaspora

14 NOVEMBER 2025 • By Matt Broomfield
Contemporary Kurdish Writers in the Diaspora
Book Reviews

Myth and Migration in the Work of Dalia Al-Dujaili

6 NOVEMBER 2025 • By Noshin Bokth
Myth and Migration in the Work of Dalia Al-Dujaili
Book Reviews

Reading The Orchards of Basra

12 SEPTEMBER 2025 • By Jacob Wirtschafter
Reading <em>The Orchards of Basra</em>
Book Reviews

Hope Without Hope: Rojava and Revolutionary Commitment

11 JULY 2025 • By Arie Amaya-Akkermans
Hope Without Hope: Rojava and Revolutionary Commitment
Essays

Architecture and Political Memory

4 JULY 2025 • By Meriam Othman
Architecture and Political Memory
Essays

Israel is Today’s Sparta: Middle East Wars Viewed from Iraq

20 JUNE 2025 • By Hassan Abdulrazzak
Israel is Today’s Sparta: Middle East Wars Viewed from Iraq
Book Reviews

Hassan Blasim’s Sololand features Three Novellas on Iraq

25 APRIL 2025 • By Hassan Abdulrazzak
Hassan Blasim’s <em>Sololand</em> features Three Novellas on Iraq
Book Reviews

Frankenstein in Baghdad: A Novel for Our Present Dystopia

21 MARCH 2025 • By Deborah Williams
<em>Frankenstein in Baghdad</em>: A Novel for Our Present Dystopia
short story

Baxtyar Hamasur: “A Strand of Hair Shaped Like the Letter J”

7 FEBRUARY 2025 • By Baxtyar Hamasur, Jiyar Homer, Hannah Fox
Baxtyar Hamasur: “A Strand of Hair Shaped Like the Letter J”
Editorial

Animal Truths

1 NOVEMBER 2024 • By Malu Halasa
Animal Truths
Art & Photography

Lin May Saeed

1 NOVEMBER 2024 • By Arie Amaya-Akkermans
Lin May Saeed
Fiction

“Dear Sniper” — a short story by Ali Ramthan Hussein

6 SEPTEMBER 2024 • By Ali Ramthan Hussein, Essam M. Al-Jassim
“Dear Sniper” — a short story by Ali Ramthan Hussein
Essays

Beyond Rubble — Cultural Heritage and Healing After Disaster

23 AUGUST 2024 • By Arie Amaya-Akkermans
Beyond Rubble — Cultural Heritage and Healing After Disaster
Essays

SPECIAL KURDISH ISSUE: From Kurmanji to English, an Introduction to Selim Temo

9 AUGUST 2024 • By Zêdan Xelef
SPECIAL KURDISH ISSUE: From Kurmanji to English, an Introduction to Selim Temo
short story

“Ten-Armed Gods”—a short story by Odai Al Zoubi

5 JULY 2024 • By Odai Al Zoubi, Ziad Dallal
“Ten-Armed Gods”—a short story by Odai Al Zoubi
Fiction

“The Doll with the Purple Scarf”—flash fiction from Diaa Jubaili

5 JULY 2024 • By Diaa Jubaili, Chip Rossetti
“The Doll with the Purple Scarf”—flash fiction from Diaa Jubaili
Art

Demarcations of Identity: Rushdi Anwar

10 MAY 2024 • By Malu Halasa
Demarcations of Identity: Rushdi Anwar
Editorial

Why FORGETTING?

3 MAY 2024 • By Malu Halasa, Jordan Elgrably
Why FORGETTING?
Essays

Regarding the Photographs of Others—An Iraqi Journey Toward Remembering

3 MAY 2024 • By Nabil Salih
Regarding the Photographs of Others—An Iraqi Journey Toward Remembering
Fiction

“The Waiting Bones”—an essay by Maryam Haidari

3 DECEMBER 2023 • By Maryam Haidari, Salar Abdoh
“The Waiting Bones”—an essay by Maryam Haidari
Essays

“My Father’s Last Meal”—a Kurdish Tale

28 NOVEMBER 2023 • By Dilan Qadir
“My Father’s Last Meal”—a Kurdish Tale
Book Reviews

First Kurdish Sci-Fi Collection is Rooted in the Past

28 NOVEMBER 2023 • By Matt Broomfield
First Kurdish Sci-Fi Collection is Rooted in the Past
Opinion

Gaza vs. Mosul from a Medical and Humanitarian Standpoint

27 NOVEMBER 2023 • By Ahmed Twaij
Gaza vs. Mosul from a Medical and Humanitarian Standpoint
Art & Photography

Middle Eastern Artists and Galleries at Frieze London

23 OCTOBER 2023 • By Sophie Kazan Makhlouf
Middle Eastern Artists and Galleries at Frieze London
Fiction

“My Rebellious Feet”—a story by Diary Marif

23 OCTOBER 2023 • By Diary Marif
“My Rebellious Feet”—a story by Diary Marif
Poetry

Home: New Arabic Poems in Translation

11 OCTOBER 2023 • By Sarah Coolidge
<em>Home</em>: New Arabic Poems in Translation
Poetry

Albanian Poet Luljeta Lleshanaku

11 OCTOBER 2023 • By Luljeta Lleshanaku
Albanian Poet Luljeta Lleshanaku
Theatre

Hartaqât: Heresies of a World with Policed Borders

9 OCTOBER 2023 • By Nada Ghosn
<em>Hartaqât</em>: Heresies of a World with Policed Borders
Essays

September 11, 1973 and Ariel Dorfman’s The Suicide Museum

3 SEPTEMBER 2023 • By Francisco Letelier
September 11, 1973 and Ariel Dorfman’s <em>The Suicide Museum</em>
Book Reviews

On Museums and the Preservation of Cultural Heritage

21 AUGUST 2023 • By Arie Amaya-Akkermans
On Museums and the Preservation of Cultural Heritage
Book Reviews

Can the Kurdish Women’s Movement Transform the Middle East?

31 JULY 2023 • By Matt Broomfield
Can the Kurdish Women’s Movement Transform the Middle East?
Film Reviews

A Deaf Boy’s Quest to Find His Voice in a Hearing World

24 JULY 2023 • By Nazli Tarzi
A Deaf Boy’s Quest to Find His Voice in a Hearing World
Book Reviews

Why Isn’t Ghaith Abdul-Ahad a Household Name?

10 JULY 2023 • By Iason Athanasiadis
Why Isn’t Ghaith Abdul-Ahad a Household Name?
Fiction

“The Long Walk of the Martyr”—fiction from Salar Abdoh

2 JULY 2023 • By Salar Abdoh
“The Long Walk of the Martyr”—fiction from Salar Abdoh
Book Reviews

Wounded Tigris: A River Journey Through the Cradle of Civilisation

12 JUNE 2023 • By Nazli Tarzi
<em>Wounded Tigris: A River Journey Through the Cradle of Civilisation</em>
Islam

From Pawns to Global Powers: Middle East Nations Strike Back

29 MAY 2023 • By Chas Freeman, Jr.
From Pawns to Global Powers: Middle East Nations Strike Back
Book Reviews

The Yellow Birds Author Returns With Iraq War/Noir Mystery

29 MAY 2023 • By Hamilton Cain
<em>The Yellow Birds</em> Author Returns With Iraq War/Noir Mystery
Film

Hanging Gardens and the New Iraqi Cinema Scene

27 MARCH 2023 • By Laura Silvia Battaglia
<em>Hanging Gardens</em> and the New Iraqi Cinema Scene
Columns

Tiba al-Ali: A Death Foretold on Social Media

5 FEBRUARY 2023 • By Malu Halasa
Tiba al-Ali: A Death Foretold on Social Media
Featured excerpt

Fiction: Inaam Kachachi’s The Dispersal, or Tashari

5 FEBRUARY 2023 • By Inaam Kachachi
Fiction: Inaam Kachachi’s <em>The Dispersal</em>, or <em>Tashari</em>
Centerpiece

Iraqi Diaspora Playwrights Hassan Abdulrazzak & Jasmine Naziha Jones: Use Your Anger as Fuel

5 FEBRUARY 2023 • By Hassan Abdulrazzak, Jasmine Naziha Jones
Iraqi Diaspora Playwrights Hassan Abdulrazzak & Jasmine Naziha Jones: Use Your Anger as Fuel
Art

Lahib Jaddo—An Iraqi Artist in the Diaspora

5 FEBRUARY 2023 • By Mischa Geracoulis
Lahib Jaddo—An Iraqi Artist in the Diaspora
Interviews

Zahra Ali, Pioneer of Feminist Studies on Iraq

5 FEBRUARY 2023 • By Nada Ghosn
Zahra Ali, Pioneer of Feminist Studies on Iraq
Book Reviews

 The Watermelon Boys on Iraq, War, Colonization and Familial Love

5 FEBRUARY 2023 • By Rachel Campbell
<em> The Watermelon Boys</em> on Iraq, War, Colonization and Familial Love
Book Reviews

After Nine Years in Detention, an Iraqi is Finally Granted Asylum

22 AUGUST 2022 • By Rana Asfour
After Nine Years in Detention, an Iraqi is Finally Granted Asylum
Book Reviews

Questionable Thinking on the Syrian Revolution

1 AUGUST 2022 • By Fouad Mami
Questionable Thinking on the Syrian Revolution
Book Reviews

Leaving One’s Country in Mai Al-Nakib’s “An Unlasting Home”

27 JUNE 2022 • By Rana Asfour
Leaving One’s Country in Mai Al-Nakib’s “An Unlasting Home”
Columns

World Refugee Day — What We Owe Each Other

20 JUNE 2022 • By Jordan Elgrably
World Refugee Day — What We Owe Each Other
Fiction

Mai Al-Nakib: “Naaseha’s Counsel”

15 JUNE 2022 • By Mai Al-Nakib
Mai Al-Nakib: “Naaseha’s Counsel”
Featured excerpt

Hawra Al-Nadawi: “Tuesday and the Green Movement”

15 JUNE 2022 • By Hawra Al-Nadawi, Alice Guthrie
Hawra Al-Nadawi: “Tuesday and the Green Movement”
Interviews

Conversations on Food and Race with Andy Shallal

15 APRIL 2022 • By Jordan Elgrably
Conversations on Food and Race with Andy Shallal
Book Reviews

Abū Ḥamza’s Bread

15 APRIL 2022 • By Philip Grant
Abū Ḥamza’s Bread
Art

Artist Hayv Kahraman’s “Gut Feelings” Exhibition Reviewed

28 MARCH 2022 • By Melissa Chemam
Artist Hayv Kahraman’s “Gut Feelings” Exhibition Reviewed
Book Reviews

Nadia Murad Speaks on Behalf of Women Heroes of War

7 MARCH 2022 • By Maryam Zar
Nadia Murad Speaks on Behalf of Women Heroes of War
Columns

“There’s Nothing Worse Than War”

24 FEBRUARY 2022 • By Jordan Elgrably
“There’s Nothing Worse Than War”
Art

(G)Hosting the Past: On Michael Rakowitz’s “Reapparitions”

7 FEBRUARY 2022 • By Arie Amaya-Akkermans
(G)Hosting the Past: On Michael Rakowitz’s “Reapparitions”
Editorial

Refuge, or the Inherent Dignity of Every Human Being

15 JANUARY 2022 • By Jordan Elgrably
Refuge, or the Inherent Dignity of Every Human Being
Art & Photography

Children in Search of Refuge: a Photographic Essay

15 JANUARY 2022 • By Iason Athanasiadis
Children in Search of Refuge: a Photographic Essay
Columns

Getting to the Other Side: a Kurdish Migrant Story

15 JANUARY 2022 • By Iason Athanasiadis
Getting to the Other Side: a Kurdish Migrant Story
Film Reviews

“Europa,” Iraq’s Entry in the 94th annual Oscars, Frames Epic Refugee Struggle

15 JANUARY 2022 • By Thomas Dallal
“Europa,” Iraq’s Entry in the 94th annual Oscars, Frames Epic Refugee Struggle
Columns

An Arab and a Jew Walk into a Bar…

15 DECEMBER 2021 • By Hadani Ditmars
An Arab and a Jew Walk into a Bar…
Book Reviews

The Vanishing: Are Arab Christians an Endangered Minority?

15 NOVEMBER 2021 • By Hadani Ditmars
The Vanishing: Are Arab Christians an Endangered Minority?
Essays

A Street in Marrakesh Revisited

8 NOVEMBER 2021 • By Deborah Kapchan
A Street in Marrakesh Revisited
Art

Guantánamo—The World’s Most Infamous Prison

15 OCTOBER 2021 • By Sarah Mirk
<em>Guantánamo</em>—The World’s Most Infamous Prison
Essays

Why Resistance Is Foundational to Kurdish Literature

15 SEPTEMBER 2021 • By Ava Homa
Why Resistance Is Foundational to Kurdish Literature
Featured excerpt

The Harrowing Life of Kurdish Freedom Activist Kobra Banehi

15 SEPTEMBER 2021 • By Kobra Banehi, Jordan Elgrably
The Harrowing Life of Kurdish Freedom Activist Kobra Banehi
Columns

Afghanistan Falls to the Taliban

16 AUGUST 2021 • By Hadani Ditmars
Afghanistan Falls to the Taliban
Weekly

World Picks: August 2021

12 AUGUST 2021 • By Lawrence Joffe
World Picks: August 2021
Weekly

Summer of ‘21 Reading—Notes from the Editors

25 JULY 2021 • By TMR
Summer of ‘21 Reading—Notes from the Editors
Book Reviews

ISIS and the Absurdity of War in the Age of Twitter

4 JULY 2021 • By Jessica Proett
ISIS and the Absurdity of War in the Age of Twitter
Weekly

World Picks: July 2021

3 JULY 2021 • By TMR
World Picks: July 2021
TMR 7 • Truth?

Truth or Dare? Reinterpreting Al-Harīrī’s Arab Rogue

14 MARCH 2021 • By Farah Abdessamad
Truth or Dare? Reinterpreting Al-Harīrī’s Arab Rogue
TMR 7 • Truth?

Poetry Against the State

14 MARCH 2021 • By Gil Anidjar
Poetry Against the State
Columns

The Truth About Iraq: Memory, Trauma and the End of an Era

14 MARCH 2021 • By Hadani Ditmars
The Truth About Iraq: Memory, Trauma and the End of an Era
TMR 5 • Water

Watch Water Films & Donate to Water Organizations

16 JANUARY 2021 • By TMR
Watch Water Films & Donate to Water Organizations
TMR 5 • Water

Iraq and the Arab World on the Edge of the Abyss

14 JANUARY 2021 • By Osama Esber
Iraq and the Arab World on the Edge of the Abyss
Columns

On American Democracy and Empire, a Corrective

14 JANUARY 2021 • By I. Rida Mahmood
On American Democracy and Empire, a Corrective
TMR 4 • Small & Indie Presses

Hassan Blasim’s “God 99”

14 DECEMBER 2020 • By Hassan Blasim
Hassan Blasim’s “God 99”
Weekly

Kuwait’s Alanoud Alsharekh, Feminist Groundbreaker

6 DECEMBER 2020 • By Nada Ghosn
Kuwait’s Alanoud Alsharekh, Feminist Groundbreaker
World Picks

World Art, Music & Zoom Beat the Pandemic Blues

28 SEPTEMBER 2020 • By Malu Halasa
World Art, Music & Zoom Beat the Pandemic Blues
World Picks

Interlink Proposes 4 New Arab Novels

22 SEPTEMBER 2020 • By TMR
Interlink Proposes 4 New Arab Novels

Leave a Comment

Your email address will not be published. Required fields are marked *

fifteen − 14 =

Scroll to Top