La naissance d’une occupation : <em>Palestine 36</em> d’Annemarie Jacir

Dhafer L’Abidine et Yasmine al Masri dans Palestine 36

31 OCTOBER 2025 • By Jim Quilty

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Le nouveau film d’Annemarie Jacir est une œuvre qui divertit le grand public tout en étant ponctuée d'une histoire critique de la connivence britannico-sioniste dans l’entre-deux-guerres. Palestine 36 sortira d’abord dans les salles britanniques et irlandaises le 31 octobre.

Avant la Nakba : Palestine 36 ou l’histoire d’une révolution oubliée

Une délégation de femmes bourgeoises s’est rassemblée devant le bureau d’Arthur Wauchope (Jeremy Irons), Haut-Commissaire du Mandat britannique de Palestine. Elles scandent « La Palestine n’est pas à vendre ! ». Lorsque Wauchope accepte de les recevoir, une manifestante lui demande pourquoi les villages palestiniens sont punis chaque fois que des rebelles antisionistes attaquent l’armée britannique.

« Car, comme vous le savez mieux que quiconque, lui répond Wauchope, les Arabes accordent plus d’importance à la communauté qu’à l’individu. »

Voilà un des curieux moments de Palestine 36 d’Annemarie Jacir. Les dames présentes ne contestent pas la description que fait l’Anglais des « Arabes ». Est-ce parce que ces féministes en construction reconnaissent une vérité déplaisante sous le préjugé orientaliste de l’occupant ? Peut-être sont-elles simplement consternées par le racisme désinvolte avec lequel Wauchope rejette leur cause.

Ayant vécu en pleine campagne israélienne de nettoyage ethnique, qui dure depuis deux ans à Gaza, certains cinéphiles de cette fin d’année 2025 remarqueront aisément que la punition collective est autant un outil de l’occupation britannique que de l’occupation israélienne. Cela semble d’ailleurs être l’un des objectifs du nouveau film ambitieux de Jacir.

Palestine 36, dont les salles londoniennes ont connu la première sortie, après ses débuts lors du Festival BFI au Royaume-Uni, retrace les premiers mois de la Grande Révolte de 1936-1939, le premier soulèvement national palestinien. Pour diverses raisons, ce moment crucial de l’histoire palestinienne a été largement occulté de la conscience internationale, éclipsé une décennie plus tard par la Nakba (la catastrophe).

Le problème de situer l’histoire de la création de la Palestine dans le contexte de la Nakba est qu’il met en avant une défaite catastrophique plutôt que de montrer comment l’impérialisme britannique s’est fait précurseur du colonialisme sioniste, et de montrer aussi la Thawra de 1936-1939, pourtant creuset de l’unité nationale.

Le film de Jacir vise à présenter une mise en scène de la manière dont le mandat britannique en Palestine a jeté les bases juridiques, administratives et tactiques de l’État sioniste et de présenter l’impact de ces politiques sur l’identité palestinienne. Cette tâche est intimidante, tant par l’ampleur de l’histoire que par le défi lancé par la cinéaste aux canons du genre cinématographique. Le cinéma grand public est souvent intolérant à l’égard de l’histoire critique et, contrairement à « l’Arabe » de Wauchope, il a fait de l’individu un fétiche.


Billy Howle, Annemarie Jacir, Saleh Bakri et Hiam Abbass (avec l’aimable autorisation de Philistine Films).
Billy Howle, Annemarie Jacir, Saleh Bakri et Hiam Abbass (avec l’aimable autorisation de Philistine Films).

Dramatis personae

Le film s’ouvre à Jérusalem et présente tout d’abord Yusuf (Karim Daoud Anaya), employé comme chauffeur par la famille bourgeoise Atef. A sa tête, Amir Atef (Dhafer L’Abidine), qui est riche et instruit, tout comme sa femme Khuloud (Yasmine al Massri), journaliste et critique du Mandat. Yusuf arrive chez eux à la recherche d’Amir, mais il est intercepté par Khuloud. Une longue cigarette à la main, vêtue du tarboush et du pantalon de son mari, elle lui demande les dernières nouvelles venues de la campagne.

Yusuf est au centre de l’ensemble des personnages de Jérusalem et de son village, Al-Basma. Cette communauté de chrétiens et de musulmans située non loin de Jérusalem s’inspire du village historique d’Al-Bassa, théâtre d’un massacre britannique en 1938 et d’un nettoyage ethnique par la Haganah en 1948. Yusuf éprouve un amour pudique pour Rabab (Yafa Bakri), une jeune veuve pragmatique qui vit avec sa fille préadolescente Afra (Wardi Eilabouni) et ses parents, Hanan (Hiam Abbass) et Abu Rabab (Kamel El Basha). La mère et la fille, Rabab et Afra, sont présentées alors qu’elles marchent le long de l’oléoduc Kirkouk-Haïfa construit par les Britanniques, où elles s’arrêtent un instant pour s’interroger sur les immigrants européens à travers la clôture barbelée qu’ils ont érigée autour de leur campement.

« Pourquoi viennent-ils ici ? » demande Afra.

« Parce que leur propre pays ne veut pas d’eux », répond Rabab.

Afra entretient une amitié toute chaste avec Karim (Ward Helou), le fils du prêtre du village, le père Bolous (Jalal Altawil). Lorsqu’il n’est pas avec Afra, Karim partage son temps entre ses fonctions d’enfant de chœur et la fabrication de chaussures dans le souk de Jérusalem. À un moment donné, il offre à Afra une paire de chaussures faites à la main, qu’elle porte mais qu’elle enlève avec impatience dès qu’elle veut jouer.

Enfin, il y a Khaled (Saleh Bakri), qui n’est pas originaire d’Al-Basma mais docker au port de Jaffa. Lorsqu’un militant de son équipe tente de le recruter, Khaled répond que la seule chose qu’il souhaite est de gagner de l’argent pour l’envoyer ensuite à sa famille. Pris en tenailles entre le traitement préférentiel accordé par les autorités portuaires aux travailleurs juifs par rapport aux travailleurs palestiniens et la tolérance du Mandat envers les livraisons illégales d’armes par les sionistes, il finit par céder et rejoint la rébellion. On le voit ensuite, fusil à la main, monter dans un train pour collecter des contributions volontaires afin de soutenir la résistance.

La description que fait Jacir de ses personnages palestiniens est pleine d’empathie, mais sans romantisme. Elle ne laisse pas entendre que cette partie de Bilad al-Sham était un paradis avant que les Britanniques ne remplacent les Ottomans. Ses personnages sont des créatures diverses, contraintes par la tradition, le manque de sophistication mondaine ou un idéalisme naïf. L’un des thèmes récurrents de l’intrigue est l’incapacité des dirigeants palestiniens à comprendre que les règles ont changé, qu’il s’agisse des mukhtars des villages qui pensent pouvoir raisonner les colons, comme ils ont désamorcé les conflits avec leurs voisins par le passé, ou de l’élite urbaine des commerçants et des propriétaires terriens qui tentent de faire des affaires avec le sionisme.

Palestine 36 a été tourné pendant le génocide à Gaza – une saga en soi – mais il n’y a pas de personnages sionistes dans ce film. Les reportages mentionnent parfois les attaques terroristes de l’Irgoun et, lors d’une cérémonie de lancement du Palestine Broadcasting Service, une chaîne de télévision apolitique créée par Wauchope, le Haut-Commissaire organise une séance photo avec une poignée de main digne des accords d’Oslo entre un kibboutznik barbu et un homme portant un keffieh. Officiellement, ce sont toujours les Anglais qui imposent l’occupation en 1936.

Plusieurs scènes suggèrent que les soldats qui exigent de voir les permis de voyage palestiniens sont aussi enclins à se comporter comme des voyous (allusions sexuelles obscènes, vols sur les routes) de la même manière que n’importe quel autre homme armé, mais tous les personnages britanniques ne sont pas des méchants. Wauchope lui-même est moins diabolique qu’inefficace : c’est un bureaucrate en uniforme, complètement sous la coupe de Londres. L’assistant de Wauchope, Thomas (Billy Howle), est un type honnête, sensible à la situation difficile des Palestiniens. Il devient la principale source d’information de Khuloud sur les intrigues du Mandat, mais il n’a ni l’autorité ni les dispositions nécessaires pour influencer la politique de la région.

Bien plus toxique parmi les Britanniques en présence, on trouve le capitaine Wingate (Robert Aramayo). Visage brutal du sionisme chrétien millénariste, il croit qu’une divinité souhaite la reconstitution de l’ancien État d’Israël et que le sionisme est le meilleur espoir pour préserver les intérêts impériaux du Royaume-Uni. Seul personnage anglais présenté comme parlant couramment l’arabe, Wingate vante les mérites de la terre généreuse de Palestine, puis fait sauter des maisons palestiniennes à la dynamite. Ce sont ses hommes qui participent aux Night Squads (escadrons de la nuit), des raids anglo-sionistes arbitraires sur des villages endormis, et dont le raid meurtrier sur Al-Basma recrée le massacre britannique historique d’Al-Bassa.


Le drame historique d’Annemarie Jacir raconte les premières années de la Grève générale organisée par les Palestiniens ainsi que le soulèvement rural contre les politiques favorables au sioniste du régime d’occupation (avec l’aimable autorisation de Philistine Films).
Le drame historique d’Annemarie Jacir raconte les premières années de la Grève générale organisée par les Palestiniens ainsi que le soulèvement rural contre les politiques favorables au sioniste du régime d’occupation (avec l’aimable autorisation de Philistine Films).

Représenter la Palestine

Depuis ses débuts en 2003 avec Like Twenty Impossibles, Jacir dépeint les différentes facettes de la condition palestinienne. Ses récits sont marqués par l’indignation face à la criminalité effrontée de l’occupation, tandis que son langage visuel s’oriente vers un réalisme cinématographique qui nous fait penser au cinéma indépendant. Palestine 36 marque une première puisqu’elle y met en scène des fusillades, mais la question du militantisme est présente dans tous ses longs métrages.

Le premier d’entre eux, Le Sel de la Mer, sorti en 2008, est un hybride qui s’ouvre sur l’histoire du « retour » d’un jeune Palestino-Américain en Cisjordanie, mais qui n’a rien à voir avec l’opposition armée à l’occupation. Pourtant, le militantisme s’immisce dans l’intrigue lorsque celle-ci se transforme en un film de braquage doublé d’un road movie.

Lamma Shoftak – When I Saw You, sorti en 2012, suit un petit garçon qui, déplacé par la guerre de 1967, s’enfuit d’un camp de réfugiés jordanien. Déterminé à rentrer chez lui, il trouve refuge dans un camp d’entraînement pour les fida’iyyin de gauche.

Wajib – L’invitation au mariage, sorti en 2017, est, en partie, une visite comique de la ville de Nazareth d’aujourd’hui. Suivant un père et son fils qui se disputent tout en distribuant des invitations de mariage, il explore avec délicatesse les divisions entre les générations et entre ceux qui vivent à l’intérieur et à l’extérieur du territoire de la Palestine de 1948. L’une des choses qui les opposent, c’est l’OLP, dont la résistance, raille le père, a finalement abandonné à la fois la communauté des réfugiés et les citoyens palestiniens d’Israël, sans rien accomplir.

Certains aspects de Palestine 36 marquent une rupture avec les œuvres précédentes de Jacir. Tout d’abord, le film s’intéresse particulièrement à l’histoire et aux conventions du drame historique. Trouver l’équilibre entre les deux représente un défi de taille, car Jacir a décidé de réaliser un film qui s’adresse à un large public, tant dans le monde arabe qu’en Occident. Cet engagement influence à la fois la narration et la forme du film.

Lamma Shoftak -When I Saw You, par exemple, se déroule au lendemain de la Naksa (« le revers »), mais, comme tous les précédents longs métrages de Jacir, c’est un film intimiste qui se concentre sur un groupe restreint de personnages. Il ne s’attarde pas sur la résistance armée, mais l’utilise plutôt comme prémisse à une histoire axée sur le développement de la communauté.


Le casting international de Palestine 36 comprend notamment Yasmine al Massri, à droite, qui joue une journaliste et ardente critique du Mandat pleine de charisme, et Dhafer L’Abidine, son mari fortuné.
Le casting international de Palestine 36 comprend notamment Yasmine al Massri, à droite, qui joue une journaliste et ardente critique du Mandat pleine de charisme, et Dhafer L’Abidine, son mari fortuné.

Palestine 36 est, lui, en revanche, un film ambitieux avec une histoire riche en rebondissements. L’importance de la véracité historique est évidente dès les premières images. Le film ne commence pas par un plan d’ensemble, qui aurait été conventionnel sur grand écran, mais par un montage de scènes illustrant la vie en Palestine historique. Toutes ces images ont un format carré et présentent la texture granuleuse et la saturation que l’on associe généralement aux films d’archives. C’est d’ailleurs parce que c’est exactement ce dont il s’agit : des bobines en noir et blanc colorisées, mais sinon inchangées, fournies par les archives d’institutions telles que l’AP, le BFI, les Imperial War Museums et Getty. 

Ces intermèdes apparaissent tout au long du film, l’histoire fictive en grand écran laissant place à des images carrées de l’époque du mandat. L’effet rappelle les pages d’archives ou d’autres images complétant le texte d’une monographie. La fonction de ces interventions non fictionnelles n’est pas simplement esthétique. Les images historiques de la vie palestinienne dans les villes et les villages, sur la côte et dans les campagnes, servent à supplanter les fictions historiques, populaires dans le récit israélien, sur l’absence d’une population arabe indigène en Palestine.

Ces interjections formelles sont souvent précédées ou suivies de cartons, dont les intertitres peuvent situer le lieu et la date de l’action ou suggérer des titres de chapitres — un élément incontournable des drames historiques depuis toujours.


Children run toward the future—Wardi Eilabouni - Afra - and Ward Helou Karim - courtesy Philistine Films
Dans Palestine ’36, les enfants courent vers leur futur—Wardi Eilabouni dans le rôle d’Afra and Ward Helou dans le rôle de Karim (avec l’autorisation de Philistine Films).

Mais est-ce du cinéma ?

Un réseau captivant de récits fictifs fait avancer le film. Ces histoires sont diffuses, ce qui convient bien à la séparation spatiale et sociale des personnages. Cependant, certaines des conventions cinématographiques populaires que Jacir adopte pour le film peuvent irriter certains spectateurs en raison de leur manque de subtilité.

La bande originale, composée par l’artiste sonore Ben Frost, est discrète dans l’ensemble, mais a tendance à s’amplifier jusqu’à atteindre une extravagance symphonique pour accompagner les séquences dramatiques. Certaines scènes peuvent également sembler un peu trop écrites, selon les normes du cinéma indépendant. Une intrigue secondaire bien construite suit la séparation progressive d’un couple marié, l’un des deux conjoints espérant tirer profit d’une carrière politique en faisant des affaires avec l’occupant. La rupture elle-même est admirablement concise et silencieuse, mais le geste final et télégraphique de la femme semblera inutilement mélodramatique à certains.

Les spectateurs qui craignent que la version historique fictive de Jacir imite l’esthétique des musalsalaat arabes et turcs n’ont pas à s’inquiéter. Il est vrai que les relations entre les personnages à l’écran sont toutes regardables par l’ensemble de la famille, mais l’œuvre de Jacir n’a jamais été connue pour ses longues séquences de tensions intenses et enflammées à la Abdellatif Kechiche. Les interactions entre les personnages sont écrites et jouées avec parcimonie, laissant beaucoup de choses non dites dans ces relations.

Le cinéma grand public peut accueillir de bons scénarios et de bons acteurs, et les deux sont présents dans ce film. La plupart des talents les plus appréciés du film — Jeremy Irons, Liam Cunningham (qui incarne le célèbre tsar de la lutte anti-insurrectionnelle Charles Tegart), Hiam Abbass et Kamal El Basha — jouent des rôles secondaires. Cela peut sembler être un gâchis de ces talents, mais en choisissant des professionnels aussi engagés pour ces rôles — plutôt que des amateurs bien intentionnés — Jacir s’est ainsi assurée d’avoir des performances qui restent longtemps en mémoire, bien après le générique.

Un exemple typique est le flux ininterrompu de cigarettes qu’Irons allume et tend à Wauchope quand il est à l’écran. Tout aussi mémorable est le petit discours qui conclut l’audience du Haut-Commissaire avec les femmes de Jérusalem venues présenter leur pétition — sans oublier le sourire hypocrite qui déforme son visage après avoir répété le discours de l’occupant sur la « tolérance raciale ».

Une intrigue secondaire importante suit le parcours d’un pistolet ottoman fabriqué à la main, une relique d’avant la Première Guerre mondiale, qui se retrouve dans la maison de Hanan et Abu Rabab. Cette « beauté turque » reste en jeu jusqu’au dénouement du film. En cours de route, Jacir met en scène deux moments forts dans lesquels des personnages adultes conseillent séparément des enfants sur les conséquences de la vengeance.

Dans l’une d’elles, Afra se faufile dans le salon vide de ses grands-parents, déniche le pistolet dans sa cachette et l’admire, tandis que Hanan l’observe discrètement depuis l’embrasure de la porte. La plupart du temps, Hanan apparaît à l’écran dans des scènes d’ensemble, mais ici, Abbass est seule à l’image avec la novice Wardi Eilabouni.

« Je peux te montrer comment t’en servir », dit-elle en désignant d’un signe de tête dédaigneux l’arme que la jeune fille a précipitamment cachée, avant de rappeler aux spectateurs le talent d’Abbass pour voler la vedette dès qu’elle apparaît quelques minutes à l’écran.

Robert Aramayo s’amuse clairement beaucoup à incarner le diabolique capitaine Wingate, mais Yasmine al Massri est peut-être celle qui, parmi tous les acteurs du film, s’amuse le plus. Khuloud la journaliste est l’un des personnages les plus animés de Palestine 36, avec des échanges mémorables et des scènes comiques qui se limitent à des gestes : elle coupe avec colère les fleurs de ses rosiers ou, devant sa machine à écrire, elle jette la cendre de sa cigarette dans le tarboush renversé d’Amir.

Palestine 36 contient une bonne dose d’histoire critique. S’il y a un défaut ici, ce n’est pas que cela rend le film ennuyeux ou « peu cinématographique », mais que les spectateurs familiers avec les grandes lignes de l’histoire de la Palestine au début du XXe siècle – et le rôle de la perfide Albion dans celle-ci – peuvent trouver certaines des allusions historiques du film un peu trop évidentes.

 

Traduit de l’anglais par Marion Beauchamp-Levet


Jim Quilty

Jim Quilty is a Beirut-based writer, journalist, film critic and editor. He’s written about the cinema, contemporary art and cultural production of the Middle East and North Africa for two decades. He edited and contributed to the arts and culture pages of... Read more

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