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Le dynamisme de la créativité collective et la préservation de la mémoire sont cruciaux pour que le combat des Iraniens pour la démocratie puisse se poursuivre, et ce même aux heures les plus sombres du pays.
Au milieu des décombres, des massacres à l’aveugles et des destructions qu’Israël et les Etats-Unis sèment en Iran depuis la fin du mois dernier, un autre coup est porté au peuple iranien, une attaque que les observateurs attentifs devraient garder à l’esprit. En dépit des circonstances, les Iraniens ordinaires luttent depuis longtemps pour faire advenir leur vision d’un changement démocratique. Les dernières attaques menées par des puissances étrangères, qui font suite à la violence sans précédent des manifestations et au massacre de milliers de personnes par le gouvernement iranien en janvier, ont rendu les perspectives de démocratie plus sombres qu’elles ne l’ont été depuis longtemps. La lutte démocratique iranienne peut-elle perdurer et, si oui, comment la préserver de manière significative dans ces circonstances des plus funestes ?

Les Iraniens se sont déjà retrouvés dans la même situation. Il y a quelques mois à peine, Israël a lancé une énième attaque non provoquée lors de la « guerre des 12 jours » de juin dernier. Au bout de trois jours de bombardements sur Téhéran et d’autres villes, plusieurs photos ont commencé à circuler sur Internet pour montrer les dégâts subis par la population. Sur l’une de ces séries d’images, une femme est assise sur ce qui reste de son canapé, dans l’appartement de Téhéran qu’elle appelait son foyer, et qui est désormais criblés de trous par le bombardement. Les bras posés sur les genoux, ses mains sont jointes dans un geste empreint de chagrin, son pantalon est déchiré près du tibia, les restes de tissu laissent voir du sang. Un cadre est à demi tombé contre le mur, en-dessous le tronc nu d’une plante d’intérieur a été projeté sur le côté par l’explosion d’un missile. Tout dans cette archive de photos est recouvert de poussière et de mélancolie. Les Iraniens ont depuis balayé la poussière et, malgré les souvenirs et les blessures de ces attaques passées, ils ont continué à vivre et à se battre. Mais aujourd’hui, ils se retrouvent, encore une fois, face aux mêmes scènes, confrontés cette fois à une dévastation encore plus grande.
Pourtant, depuis des décennies, le mot « démocratie » reste sur les lèvres de nombreux Iraniens, qu’ils soient à l’intérieur ou à l’extérieur du pays.
Les bombardements incessants menés par les puissances étrangères et la domination interne exercée par leur propre gouvernement ont laissé les Iraniens abasourdis, voire, dans certains cas, paralysés. Ceux d’entre nous qui ont de la famille en Iran savent que c’est ainsi que beaucoup ont réagi lors des précédentes agressions d’Israël en juin dernier et à la suite de la violente répression du régime iranien contre les manifestants en janvier. Nous savons aussi comment, chaque fois, ils ont fini par relever la tête. Le peuple iranien — y compris les Azéris, les Kurdes, les Baloutches, d’autres minorités ethniques et plus de trois millions de réfugiés vivant à l’intérieur des frontières de l’État-nation — est connu pour sa résilience.
Pour autant, ce à quoi ils sont aujourd’hui confrontés est une violence d’une ampleur sans précédent. Pour préserver les aspirations démocratiques du peuple, il faut aujourd’hui porter un regard lucide sur les pressions tant externes qu’internes qui pèsent sur elles. Il est essentiel de prendre conscience des obstacles qui se dressent face aux Iraniens. Il est tout aussi important d’avoir une vision claire de la voie à suivre pour qu’ils puissent encore viser l’autodétermination. Les formes créatives de résistance, et surtout les expériences vécues par le peuple iranien lui-même, restent des atouts essentiels dans cette entreprise.

À l’instar des ingérences passées, comme le coup d’État de 1953, orchestré par la CIA et le MI6, contre le Premier ministre démocratiquement élu Mohammad Mossadegh, les pressions extérieures constituent actuellement le principal obstacle à la construction d’un système démocratique en Iran. Dit plus simplement : les conditions de guerre et d’instabilité réduisent à néant toute possibilité de résistance dans la sphère publique iranienne. La population ne peut ni manifester, ni s’organiser, ni construire des réseaux politiques efficaces sous les bombes. Il convient de souligner que soutenir ce genre de pratiques n’a même jamais été dans l’intention des États-Unis et d’Israël. En fait, les États-Unis n’ont même pas pris la peine de prétendre vouloir apporter la démocratie en Iran, au contraire, ils ont même ouvertement écarté cet objectif de guerre. Le conflit qu’ils mènent, visible dans les images de bombes et de missiles, s’est exprimé à travers le langage de la mort et de la destruction. Les objectifs d’Israël et de son co-belligérant ne sont pas difficiles à discerner : ce sont, respectivement, les hégémonies régionale et mondiale.
À l’heure actuelle, malgré toute l’horreur qu’ils ont semée au sein de la population iranienne, les perspectives d’un effondrement du gouvernement et d’un changement de régime semblent hautement improbables face à un appareil d’État et à un leadership solides. Pour de nombreux Iraniens, cette guerre a surtout conduit à un rassemblement populaire autour du drapeau et à la construction d’une unité face aux agresseurs étrangers.
Les conséquences des attaques américano-israéliennes, lorsqu’elles se feront sentir, laisseront de toute façon les Iraniens confrontés à une version plus rigide de l’oppression interne. La sévérité de cette oppression dépendra de la durée de la guerre et de l’ampleur des pertes pour le régime. Une fois les attaques terminées, le gouvernement iranien ne manquera pas de donner la priorité à la reconstruction militaire et, probablement, à une poursuite plus agressive de son programme nucléaire. Cela s’accompagnera presque certainement d’un renforcement de ses appareils de sécurité afin d’écraser la dissidence interne et d’empêcher toute nouvelle fracture du régime. L’ampleur des dégâts causés à son armée et à ses institutions déterminera l’étendue et la rapidité de la reconstruction. Les infrastructures critiques et les réseaux nécessaires au fonctionnement et à l’épanouissement de la société civile devraient donc avoir longtemps à attendre avant d’être remis en état.
Pourtant, depuis des décennies, le mot « démocratie » reste sur les lèvres de nombreux Iraniens, qu’ils soient à l’intérieur ou à l’extérieur du pays. Il revêt une importance primordiale tant sur le plan matériel que culturel. Que cela pourrait-il signifier et à quoi cela pourrait-il ressembler dans ce moment présent ?
Tout ordre démocratique nécessite un ensemble d’institutions et de normes concrètes : des élections libres et équitables qui confèrent aux citoyens un contrôle réel sur leur vie politique. Dans la structure de la République islamique, certains de ces mécanismes et normes existent bel et bien. Le président iranien et les membres du Parlement (Majlis) sont élus tous les quatre ans au suffrage universel direct, tout comme les membres des conseils locaux dans les villes et les villages. Cette forme de démocratie représentative n’est toutefois pas sans limites. Les candidats à la présidence et au parlement sont soumis à un examen rigoureux par le ministère de l’Intérieur et le Conseil des gardiens, lequel est lui-même nommé par le Guide suprême qui conserve un droit de veto et une autorité absolue sur les questions de gouvernance grâce au velayat-e faqih (le tutelage des juristes islamiques) solidement ancré. Malgré ces contraintes pesant sur le président, le parlement et les représentants locaux, ceux-ci conservent un pouvoir considérable et sont tenus de rendre des comptes au peuple par le biais du vote. Il existe toujours — et on peut s’attendre à ce que, malgré la guerre, cela continue d’exister — un fondement pour la démocratie grâce à ces institutions et à ces normes.
Comment, face à la répression et à l’absence d’opposition organisée, la dissidence peut-elle être maintenue et revitalisée ?
Au-delà de ces infrastructures, cependant, toute mise en œuvre significative d’un ordre démocratique nécessite l’élimination des pires formes de répression et de violence d’État. Le gouvernement iranien a régulièrement recouru à la violence contre son peuple depuis des décennies, elle a même atteint un niveau sans précédent ces derniers mois. Outre les massacres de manifestants en janvier dernier, les autorités iraniennes ont emprisonné un nombre record de dissidents pour avoir exercé leur liberté d’expression et s’être ouvertement opposés à l’État. Les organisations de défense des droits de l’homme estiment que leur nombre s’élève actuellement à plusieurs dizaines de milliers.
Les cas de figures de dissidents de premier plan tels que Narges Mohammadi, Nasrin Sotoudeh et Mir Hossein Mousavi illustrent la manière dont le gouvernement iranien étouffe toute aspiration au changement démocratique et aux réformes en emprisonnant les dirigeants de l’opposition susceptibles de s’imposer à l’intérieur du pays. Cela laisse le champ libre à des acteurs étrangers comme Reza Pahlavi, dont les partisans monarchistes se trouvent principalement dans la diaspora, mais aussi parmi certains sympathisants à l’intérieur du pays, qui revendiquent alors un leadership sur les changements politiques grâce à une intervention américano-israélienne. Face à ces courants, l’autodétermination démocratique du peuple iranien nécessite la présence et la participation active de figures de la résistance à l’intérieur du pays, que ce soit par la libération des personnes actuellement emprisonnées ou par l’émergence d’autres figures issues de la société civile.
D’une part, un front d’opposition durable sur le sol iranien nécessite la participation des syndicats, des minorités ethniques, des intellectuels, des organisations de femmes et d’autres groupes de la société civile. Ces groupes, s’ils coopèrent et s’organisent, sont souvent en mesure d’exercer une pression collective sur l’État pour atténuer les difficultés économiques subies par la population et la répression des libertés civiles. Mais ces coalitions — en particulier après certains de leurs succès dans le mouvement « zan, zendegi, azadi » (Femme, Vie, Liberté) de 2022 — sont précisément ce que le régime a pris pour cible et largement neutralisé ces derniers mois.
Comment, face à la répression et à l’absence d’opposition organisée, la dissidence peut-elle être maintenue et revitalisée ? Une des dimensions cruciales qui anime toute transformation significative de soi comme de la société est l’action démocratique. Les acteurs doivent ressentir et reconnaître leur propre pouvoir s’ils veulent l’exercer pour changer les structures sociales et politiques qui les contraignent. La résistance de cette conception est vitale pour que les mouvements sociaux puissent être solidaires, car elle permet de développer et de maintenir une série d’actions en chaîne qui donnent à ces mouvements les moyens nécessaires de parvenir à leurs fins.
Deux autres composantes indispensables de ces pratiques sont la créativité et la mémoire. Les enseignements tirés des luttes démocratiques en Amérique latine et des expériences vécues par les Iraniens lors des précédentes vagues de contestation fournissent des exemples remarquables, qui illustrent les raisons pour lesquelles ces deux éléments sont essentiels au maintien de la résistance démocratique.
Le Brésil (1964-1985) et le Chili (1973-1990) ont connu deux des dictatures les plus dures de la seconde moitié du XXe siècle. Soutenues par des forces militaires d’extrême droite et l’influence étrangère des États-Unis, elles se sont caractérisées par une répression extrême des opposants politiques, sous la forme de milliers de meurtres et de disparitions, et un nombre très limité d’ouvertures démocratiques durant tout le temps que les régimes se sont maintenus au pouvoir. Pourtant, la résistance a continué d’exister sous la forme de divers foyers de rébellion et d’actes quotidiens de dissidence.
Elle s’est également épanouie grâce à la créativité. Au Brésil, des artistes comme Caetano Veloso et Gilberto Gil ont utilisé la musique pour critiquer l’oppression menée par l’État, ce dernier a écrit des chansons comme « Aquele Abraço », pour « prendre dans ses bras » tout son peuple alors que lui-même était contraint à l’exil par le régime. Au Chili, les femmes confrontées à la brutalité de leur gouvernement ont créé des arpilleras, des tapisseries colorées qui représentaient les disparus et les réalités de la dictature, afin de maintenir l’esprit de dissidence au sein de leurs propres communautés.

De telles pratiques ont persisté et se sont multipliées tout au long des quelque deux décennies qu’ont duré les dictatures dans chacun de ces pays. Bien sûr, elles n’ont pas suffi à elles seules à renverser leurs gouvernements. Mais grâce à des mouvements syndicaux qui n’ont cessé de lutter, aux grèves et à la pression exercée sur les régimes militaires, les deux nations ont trouvé des ouvertures qui leur ont permis de faire advenir un régime démocratique. Aucune de ces transitions n’aurait été possible sans la mise en place d’un travail de créativité et de la fait de cultiver la résistance à travers la mémoire.
Le cinéma constitue un des meilleurs fonds d’archive de la mémoire politique. Le film de Pablo Larraín, No, met en scène et documente la transition de la dictature à la démocratie au Chili, en mettant en avant la campagne contre le dictateur Augusto Pinochet lors du référendum national de 1988 qui l’a finalement contraint à démissionner. La tactique décisive employée par René Saavedra, stratège de la campagne « No », et incarné par Gael García Bernal dans le film, consiste à utiliser la joie et l’humour dans ses productions, pour contrer l’atmosphère sombre et sinistre de la junte militaire au pouvoir. Si l’optimisme de No doit être tempéré par une certaine forme de réalisme politique, il n’en reste pas moins un témoignage de la dimension affective de l’action démocratique, dont la survie dépend de la vitalité et de la mémoire. Des films comme celui-ci s’avèrent également utiles en tant qu’archives pour mettre en garde contre la fragilité et le caractère éphémère de toute démocratie, dont on a une tristement parfaite illustration dans la récente ascension du politicien d’extrême droite José Antonio Kast à la présidence chilienne.
Dans le cas du Brésil, des films récents comme L’Agent secret servent également à critiquer la répression et à préserver la mémoire politique. Le thriller politique inventif de Kleber Mendonça Filho met en scène le personnage de Marcelo/Armando, qui doit fuir pour sauver sa vie, face à des acolytes malveillants tirant profit de la dictature. Toutefois, à travers toutes ses réactions transparaît avant tout une volonté de garder vivants la joie et l’humour. Les deux jeunes chercheurs qui reconstituent l’histoire de Marcelo/Armando à partir de cassettes audio et de documents d’archives servent de lien avec le présent et soulignent le rôle de la mémoire face à la résurgence de l’autoritarisme.

Si nous revenons à l’Iran, le nouveau chef-d’œuvre du réalisateur Jafar Panahi soulève les questions de la responsabilité, des systèmes d’oppression et de la possibilité, dans le futur, de pardonner. Un Simple accident pose la question de savoir si ceux qui ont subi les pires traumatismes de la part d’un gouvernement, qui fait preuve de cruauté envers ses propres citoyens, peuvent tenir leurs bourreaux pour responsables une fois que les rôles sont inversés. Quel type de société pourrait émerger de ce renversement de pouvoir ? Le fait que le film soit étonnamment drôle, malgré des thèmes si lourds, témoigne une fois de plus du besoin de préserver des lueurs de joie dans le contexte de brutalité et de l’absurdité liées à la corruption mesquine qui imprègne la société iranienne. Le film nous amène à nous demander, si, quand, un jour, la dictature prendra fin, les Iraniens seront capables de se réconcilier et de tourner, ensemble, la page des traumatismes du passé. L’ambiguïté du film de Panahi laisse entrevoir combien cette question reste ouverte et à quel point il est nécessaire, pour le public du film, d’y réfléchir ensemble. En ce sens, il s’agit avant tout d’un exercice de réflexion sur le possible avenir démocratique en Iran.
Un des points communs qu’ont tous ces exemples, c’est l’accent mis sur la nécessité de préserver la joie, l’humour et l’affirmation de la vie, même dans les circonstances les plus sombres. Les Iraniens ont fait preuve de ces dispositions dans les moments les plus difficiles, non seulement lors des soulèvements « zan, zendegi, azadi », mais aussi lors des funérailles des milliers de personnes tuées lors des manifestations de janvier de cette année. Ces moments de deuils sont devenus l’occasion de danser et de chanter pour défier les autorités gouvernementales. Plus récemment, un groupe de musiciens iraniens s’est assis dans le parc Parvaz, sur les collines nord de Téhéran, pour regarder l’immense panache de fumée noire s’élever du dépôt pétrolier de Shahran, bombardé par des avions israéliens, et l’un d’entre eux a chanté :
J’aurais voulu que ma situation soit meilleure,
Je savais que tu méritais mieux que tout cela,
Je voulais nous construire une vie meilleure…
Un toit solide au-dessus de nos têtes, sans fissures
Des mots comme ceux-ci expriment le sentiment commun de beaucoup d’Iraniens, pris entre la terreur des bombes étrangères et la cruauté de leur propre gouvernement. Ils laissent également entrevoir une perspective de l’espoir démocratique, qui résiste à tous les obstacles, et défend une vie pleine de dignité et la conviction de la capacité du peuple à déterminer son propre destin. Ces actions s’inscrivent dans la continuité d’une riche tradition d’action démocratique que les Iraniens entretiennent depuis des décennies. Et le nouveau défi qui se présente à eux est de maintenir vivants ces souvenirs et ces pratiques malgré ce qu’ils ont enduré ces dernières semaines.
La mémoire préserve l’action démocratique là où les infrastructures et l’organisation s’affaiblissent ou s’effondrent.
La mémoire est le ciment qui aide à reconstruire les structures brisées et en ruine de la démocratie.
La mémoire, comme l’a écrit Mahmoud Darwish, « nourrit nos réflexions ». Au milieu du flou de l’exil, de la perte de sa patrie et de l’oppression de son peuple, Darwish a écrit :
Je n’ai jamais dit adieu aux ruines.
Je n’ai été ce que j’étais qu’une seule fois.
Mais cela a suffi pour comprendre comment le temps
s’effondre comme une tente bédouine sous le vent du nord,
comment les lieux se déchirent, comment le passé
devient le fantôme d’un temple abandonné…
Je veux vivre… J’ai du travail à bord du navire…
Que feront les survivants de cette terre d’autrefois ?
Vont-ils répéter l’histoire ?
Le sort du peuple palestinien, que Darwish capture dans ses mots, est unique et spécifique à la manière dont les Palestiniens ont combattu la dépossession, la domination et l’effacement. Les Iraniens qui émergent des décombres de la guerre et de l’emprise de la répression ont leur propre combat à mener et leur propre histoire à raconter. Mais la leçon se transmet des uns aux autres : la résistance doit être préservée et racontée à nouveau.
Le peuple iranien est résilient, mais nous ne devons pas supposer qu’il surmontera seul tous les obstacles qui se dressent devant lui. La poursuite de con combat exige la fin de la guerre et la possibilité de renouveler un monde dans lequel il pourra réparer ce qui a été brisé et continuer à construire son propre chemin vers l’autodétermination.
Les opinions publiées dans The Markaz Review reflètent le point de vue de leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement celui de TMR.
Traduit de l’anglais par Marion Beauchamp-Levet

