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Karim Goury rencontre la réalisatrice franco-tunisienne à l'occasion de la sortie de son dernier film, une histoire poignante sur une famille recomposée inattendue qui explore la vie de migrantes d'Afrique subsaharienne en Tunisie.
Si Erige Sehiri est fascinée par le cinéma depuis son enfance, ce n’est qu’après s’être installée en Tunisie en 2011, pendant la révolution, qu’elle s’est véritablement tournée vers la réalisation. Ses premières œuvres sont des courts métrages documentaires, notamment Family Album et Le Facebook de mon père (2012). Mais c’est son documentaire de 2018 La Voie normale consacré aux cheminots tunisiens qui l’a fait connaître.
Les premières œuvres de Sehiri soulignaient son intérêt pour la vie des travailleurs, des migrants et des populations marginalisées. Son premier long métrage à succès fut Sous les figues en 2022, présenté en avant-première à la Quinzaine des réalisateurs du Festival de Cannes et sélectionné pour représenter la Tunisie aux Oscars. Sous les figues suit de jeunes ouvrières et ouvriers agricoles au cours d’une seule journée, en utilisant des acteurs non professionnels dans un style documentaire.
Elle a ensuite réalisé Promis le ciel, qui met en scène trois femmes migrantes et une jeune fille africaines vivant en Tunisie. Le film a été projeté l’année dernière dans la section Un Certain Regard du Festival de Cannes. Sehiri a développé un style qui, à l’instar de sa prédécesseure Agnès Varda, brouille les frontières entre documentaire et fiction.
Sehiri est une des figures de proue d’un petit groupe de cinéastes nord-africaines, parmi lesquelles figurent Kaouther Ben Hania (La voix de Hind Rajab) et Maryam Touzani (Le bleu du caftan). Bien qu’elle soit née en France, elle joue un rôle central dans le cinéma tunisien contemporain et s’inscrit dans un mouvement plus large qui porte à l’écran des histoires nord-africaines et africaines.
Promis le ciel, le titre français du film, évoque une rédemption, une foi. Il porte aussi une déception, une impossibilité par l’inversion inhabituelle de ses mots. C’est en réalité le titre d’un morceau du groupe Delgres (du nom d’un héros anti-esclavagiste antillais du XIXe siècle), que Erige Sehiri, la réalisatrice franco-tunisienne s’est approprié pour son film, puis a utilisé sur la séquence de fin, comme un hommage. Un feuilletage sémantique qui nous offre de multiples entrée à Promis le ciel, plusieurs niveaux de lecture. Mais d’emblée, le film nous plonge dans un univers où la promesse infinie que nous fait le ciel ne saurait être tenue.
Le premier plan est une longue séance de bain d’une enfant noire de 4 ans, Kenza (cadeau en arabe) rescapée d’un naufrage en tentant la traversée de la Méditerranée avec ses parents, probablement perdus en mer. Kenza est entourée par trois femmes noires, Marie (Aïssa Maïga), Naney (Debora Lobe Naney) et Jolie (Laetitia Ky) originaires d’Afrique subsaharienne qui s’interrogent si elles vont garder l’enfant avec elles ou la remettre aux autorités tunisiennes.
Pourtant, l’arrivée imprévue de Kenza dans leur vie ne nourrira pas l’enjeu du film. Il sera l’ouverture et la conclusion d’un cheminement que Marie, Naney et Jolie feront malgré elles, par la seule présence irradiante de l’enfant. L’idée est d’autant plus belle que Erige Sehiri parvient à affranchir Kenza de la charge de pathos dans laquelle elle pourrait facilement faire basculer le film, par une mise en scène réaliste et une direction d’acteurs naturaliste.
La légèreté, la joie et l’insouciance de la petite fille, brillamment filmées, lui font survoler l’histoire et les tensions permanentes qui traversent les personnages constamment. Kenza est à son insu la figure rédemptrice que le titre du film évoque. Néanmoins, le sujet profond du film n’est pas le destin de Kenza.

La scène suivante nous conduit en extérieur, dans un pays arabo-musulman, maghrebin, mais non identifié. Connaissant les origines de Sehiri, on place assez naturellement l’action du film en Tunisie.
Marie a abandonné son vrai prénom, Aminata, peut-être par peur de la stigmatisation, peut-être par foi chrétienne : elle est pasteure et exerce son ministère clandestinement dans la maison qu’elle loue à un propriétaire sans scrupule. Elle aide sa communauté à survivre en contournant quelques règles, mais refuse tout trafic illégal. Elle connaît trop les risques. À 50 ans, son avenir ne se jouera plus ailleurs qu’ici.
Naney elle, la trentaine, est coincée à mi-chemin entre Abidjan, où l’attendent une vie difficile et sa fille adolescente qu’elle n’a pas vu depuis trois ans et l’Europe où elle veut tenter une vie meilleure (Naney est sur le point d’embarquer pour la traversée, mais court après l’argent qu’on lui doit). Jolie, elle, est une jeune étudiante, donc en situation régulière. Et vulnérable pourtant.
Réunies sous le même toit (celui de Marie) par leur destin dans un faubourg populaire de Tunis, chacune tente de survivre selon ses possibilités et ses croyances, malgré l’hostilité et le harcèlement croissants des autorités tunisiennes.
Une scène particulièrement choquante du film montre de jeunes tunisiens attaquer de jeunes Africains noirs de leur âge dans la rue et leur voler leurs chaussures : dans le Tunis que dépeint Promis le ciel, une véritable chasse aux immigrés noirs insécurise cette communauté déjà structurellement fragile.
La chape de plomb s’abat inéluctablement sur Marie, Naney et Jolie à mesure que ce qu’elles entreprennent pour se sortir d’un quotidien sans avenir, échoue. Cette tension contraste avec la beauté de la lumière de Frida Marzouk, la cheffe opératrice.
Souvent filmée au crépuscule, l’image évoque la chaleur des films de Terrence Malick : soleil bas, personnages en contre jour, lumière chaude aux reflets bleutés, irisation des silhouettes dans le soleil couchant. La photo du film n’est pas belle par esthétisme, mais elle nous dit quelque chose, que l’Enfer et le Paradis sont sur cette terre et qu’ils se côtoient de très près, imbriqués l’un dans l’autre. Le Tunis de Promis le ciel est un Purgatoire où les vies basculent selon son origine ou sa couleur de peau.
La faible profondeur de champ, le peu de scènes extérieures et la sobriété du jeu des actrices accentuent encore le phénomène de claustrophobie. Comme ces Africains sub-sahariens, nous sommes coincés dans l’image – aussi séduisante soit-elle – on tourne en rond dans ces cercles de l’Enfer avec les mêmes personnages, à travers les mêmes décors, confrontés aux mêmes problèmes d’argent, de débrouille et de danger. Par ce mouvement circulaire, Sehiri nous fait ressentir puissamment la violence sourde d’être un étranger pris au piège d’un pays hostile, où règnent autoritarisme antimigrants, arbitraire administratif et racisme généralisé.
Marie, Naney et Jolie n’ont donc pas d’autre choix que prendre appui sur leur communauté pour se serrer les coudes et minimiser les risques de se faire arrêter et expulser. Erige Sehiri précise : « Dans l’adversité, elles se construisent une forteresse : la communauté » (Afrique Magazine, janvier 2026).

Il est important de relever que Promis le ciel déconstruit la connotation péjorative prêtée à l’idée de « communauté » en France ou en Europe, comme s’il s’agissait d’un lieu de repli sur soi et de rejet du pays d’accueil (ce qu’elle peut être aussi dans de nombreux cas, bien sûr).
Ici, on sent bien que la communauté est un repère, un abri, une zone de répit. On comprend dans chaque séquence qu’elle est le seul lieu où les personnages se sentent en sécurité.
Pour montrer la brutalité à laquelle sont confrontés les migrants sub-sahariens en Tunisie, Sehiri ne tourne qu’une seule séquence violente, lorsque Jolie, pourtant en possession d’une carte d’étudiant sensée la protéger, est raflée par la police tunisienne. Sehiri en donne une signification : « La pression migratoire et ces réponses ont instrumentalisé le ressentiment envers les migrants, mais il y a un racisme indéniable au Maghreb envers la communauté noire. J’ai choisi de montrer un épisode de rafle où les policiers, qui ont reçu des ordres, ne font plus la distinction entre personnes en situation régulière ou non. C’est juste la couleur de peau qui compte. » (Le Courrier de l’Atlas, janvier 2026)
Si Erige Sehiri ne pouvait pas anticiper les atrocités commises par le pouvoir trumpiste à Minneapolis au moment où elle écrivait puis tournait le film, il charrie pourtant en creux ces images terribles qui nous sont maintenant familières de la police de l’ICE opérant des rafles anticonstitutionnelles contre des personnes racisées dans les rues de Minneapolis et abattant ces concitoyens. Alors, lorsque Jolie est embarquée au commissariat, se joue la répétition lancinante de la violence d’état, de Tunis à Minneapolis, sans que le film ait même à la montrer. Ce phénomène d’anticipation involontaire donne une dimension universelle à Promis le ciel, une force évocatrice.
On ressent par la réfraction des images des réseaux sociaux et de la TV, que ce qui touche les migrants sub-sahariens à Tunis est équivalent aux violences contre les Hispaniques ou les Arabes aux USA et en Europe. On s’effraye de la dérive autoritaire (inéluctable ?) des démocraties libérales en regardant, sidérés, ce qui nous attend, ce proto-fascisme qu’une grande partie des citoyens “légitimes” appellent de leur vœux de par le monde, prêts à y collaborer.
Venant du cinéma documentaire, la cinéaste sait parfaitement ce que le cinéma doit au réel et décide de lui faire confiance. L’enchainement de scènes réalistes qui nous montrent les déplacements souvent stériles des personnages suffit à traduire l’impossibilité de construire une vie décente quand on est dans une situation précaire et illégale. C’est là le véritable sujet du film. La conception de Promis le ciel a d’ailleurs suivi une genèse particulière. La réalisatrice à commencé à écrire sur la base d’enquêtes journalistiques auprès de jeunes migrants. Elle a rencontré des gens qui sont ensuite devenus des personnages, notamment celui de Marie, vraie journaliste/pasteure dans la vie et qui, jusqu’à trois semaines avant le tournage, devait tenir son propre rôle. Le travail de la cinéaste jusqu’au tournage se fait donc dans l’hybridation conceptuelle de la fiction, du journalisme et du documentaire. Tout cela infuse dans le film qui s’en nourrit. Ce faisant, Sehiri induit que l’inhumanité dont certains aiment à réduire les migrants ou plus généralement les étrangers – lorsqu’on parle de masses, de raz-de-marée ou de vague migratoire par exemple – est clairement renvoyée sur le pouvoir politique et sa population complice.
Sans aucun discours moralisateur, par le travail du montage et du jeu naturaliste des actrices, Promis le ciel, film éminemment politique, nous parle de l’humain avec honnêteté et sincérité. Il remet la pendule de l’humanisme à l’heure en quelque sorte. Dans un des derniers plans les plus beaux du film, Marie emmène Kenza en voiture vers sa destination finale. Le plan-séquence, fixe, très long, replace Marie et Kenza, c’est à dire l’humain au centre du jeu. La simplicité muette de ce plan magnifique concentre toute l’émotion du film. C’est le cadeau salutaire de Promis le ciel, qui donne une parole à celles et ceux qui l’ont perdue, à celles et tous ceux qui souffrent d’invisibilisation. Ils peuvent désormais retrouver leur place inaliénable dans la communauté humaine.
Interview avec Erige Sehiri
Karim Goury, pour TMR : Comment êtes-vous passée du documentaire à la fiction ?
Erige Sehiri : J’ai très vite compris la portée de la fiction. Je pense que j’ai toujours voulu faire de la fiction, mais que je suis passée par le documentaire. C’était comme une école. C’est tout. Un moyen d’apprendre le cinéma qui m’a ouvert les portes de la fiction. Et surtout, ça m’a permis de rentrer dans la fiction avec un regard plus libre, je pense.
Forcément, certains documentaires sont une évidence. Mais j’avais l’impression d’avoir moins de liberté, que ça prenait plus de temps et qu’il y avait moins de public. Je suis plutôt pragmatique. Ça m’a pris plus de temps de faire La voie normale (son premier documentaire, ndlr) que de faire Sous les figues ou Promis le ciel.
Mais en même temps, je travaille en fiction comme en documentaire. Je cherche. J’expérimente. Je ne viens pas avec un scénario pré-écrit, pré-établi, fixe. C’est un travail in progress.
TMR : Dans La voie normale, on sent un pouvoir invisible, oppressant. Dans Sous les figues, c’est le pouvoir qu’exerce le propriétaire sur les ouvriers agricoles, et dans Promis le ciel, c’est le pouvoir de l’Etat invisible aussi, mais omniprésent. Vos films font souvent référence au pouvoir.
ER : Je travaille surtout sur les systèmes, sur le monde du travail. C’est pour ça aussi que je fais des films choraux. Je pense que c’est lié aux systèmes et à la question de la domination. Je ne raconte jamais l’histoire d’un seul personnage qui traverse une histoire, mais de plusieurs personnages parce qu’ils permettent de voir les différentes manières de réagir face au pouvoir et à l’oppression. Chacun a une sensibilité différente. C’est ça qui me passionne.
TMR : Dans Promis le ciel, Marie, Naney et Jolie incarnent chacune un âge différent et déterminant de la vie d’une femme.
ER : Oui, je m’intéresse aux générations aussi. On a cet effet miroir entre les jeunes travailleuses et les plus âgées dans Sous les figues. Clairement, le film nous montre les difficultés de ce qu’elles vivent, pas de manière spectaculaire, mais indirectement à travers les différentes générations. Ce que les anciennes générations ont pu vivre avant les jeunes, ce qu’elles se racontent, ou ce qu’on voit sur leurs visages. On devine la dureté du travail, non pas parce qu’on la montre, mais parce que les visages des personnages nous donnent ces indications.
Il y a un côté désenchanté. Même si à la fin, on a l’impression que c’est une fin heureuse, ce n’est pas une fin heureuse, c’est une fin très mélancolique. Parce que justement, il y a ce regard des femmes âgées qui savent par quoi elles sont passées, par quoi les jeunes femmes vont passer, les risques qu’elles vont prendre, le fait que c’est toute une vie de travail, mais en fait, à qui profitent les fruits de leur travail ? En tout cas, pas à elle. C’est sûr. C’est ça aussi que le film raconte.
Dans Promis le ciel, la question est davantage : « quand vais-je récolter les fruits de ma persévérance ? ». En fait, il y a quelque chose autour de ça qui m’intéresse dans les personnages, plus que leur lutte. J’aborde la question du rapport aux autres, à la solidarité, aux rapports homme-femme, au rapport entre femmes et au rapport au travail de manière plus philosophique.
TMR : En France, quand on parle de communautarisme, on parle de repli d’une communauté qui rejetterait son pays d’accueil. C’est très péjoratif. Dans Promis le ciel, la communauté est un abri, un refuge. C’est le seul endroit où les personnages trouvent de la protection et de la bienveillance.
ER : Je trouve que c’est une idée intéressante, ça. Parce que j’ai grandi dans une communauté aussi, j’ai grandi dans une banlieue de Lyon. Ça me rappelle les mosquées qu’on crée dans les quartiers. C’est juste que là, c’est inversé. On est dans un pays musulman et on crée des églises clandestines. Je trouve cette inversion fascinante parce que je trouve que ça permet de se regarder, de voir comment ça se passe ailleurs. C’est un miroir.
Il y a deux éléments que je trouvais intéressants: casser les stéréotypes sur les communautés sans tomber non plus dans les clichés de la sororité envers et contre tout, et les églises évangéliques. Parce qu’on sait qu’il y a eu plein de documentaires en France sur les scandales des églises évangéliques. Moi, je trouve que c’est intéressant de voir les églises évangéliques africaines, un peu traditionnelles, où on s’auto-proclame pasteur. J’ai eu envie de voir le côté positif de ça, même s’il y a des travers qu’on ressent dans le film, mais je n’appuie pas dessus.
TMR : Il y a un parallèle clair entre ce que vous filmez et la situation politique mondiale.
ER : Aujourd’hui, on est bombardé d’images, mais ça fait quelques années, même depuis le premier mandat de Trump, qu’il y a ce climat. Le non-respect de l’État de droit, la violence envers les personnes, l’incertitude. En fait, tout est fragile, il n’y a plus rien de sûr. Tu es accepté un jour, tu n’es plus accepté le lendemain et tu vis comme ça. Tu ne sais pas ce qu’il se passera demain.
Moi, je suis assez étonnée qu’en France, à la sortie du film, il n’y ait pas eu plus d’écho dans les médias, justement, par rapport au parallèle du film avec ce qui se passe dans le monde. Et ce que j’ai entendu, la plupart du temps c’était « Oh, mais c’est trop loin de nous, ces questions-là.»
Comment ça, c’est trop loin de nous ? Je ne sais pas comment ils ont regardé le film. Ceux qui se disent que « c’est un film sur les migrants en Afrique, ça ne nous concerne pas », je pense que ceux-là n’ont pas vu le film.
Quand ça a commencé à flamber à Minneapolis, je n’ai pas spécialement fait de rapprochement, mais ça a donné encore plus d’écho, de sens au film. Et ça a donné encore plus de sens aux choix esthétiques du film. Je ne voulais pas trop montrer la Tunisie, ne pas utiliser une grande profondeur de champ. Être dans le flou donne cette idée que ça se passe là, mais que ça peut se passer aussi bien ailleurs.
TMR : Pouvez-vous parler de ce long plan-séquence de Marie et Kenza dans le taxi à la fin du film ?
ER : C’est un plan qu’on a fait en une seule fois, parce qu’on ne pouvait pas le refaire. Ça ne se refait pas. C’est magique. On a laissé tourner la caméra. J’aime bien tourner de manière manière chronologique. Ça laisse le temps, même à l’enfant, de s’habituer à Marie. Elle est incroyable, Kenza. J’ai passé beaucoup de temps avec elle avant le tournage. Elle était à l’aise.
Ce plan arrive un moment où Kenza était calme. Il fallait qu’elle soit calme, parce que c’est un personnage très joyeux alors qu’elle porte un trauma très profond, pour ne pas tomber dans le cliché de l’enfant traumatisé, de l’enfant triste, de l’enfant qui pleure, etc…
Cette scène de la voiture, il fallait qu’elle soit très, très calme, parce que c’est là qu’on voit le trauma, et l’endormissement pour moi, c’est le trauma.
Ça m’a rappelé un documentaire que j’ai réalisé sur les personnes traumatisées par la guerre en Libye. Ils me racontaient qu’ils s’endormaient quand ils ne supportaient plus de se souvenir de leur traumatisme. Quand Kenza s’est endormie dans la voiture, je me suis dit, mon Dieu !
En fait, un trauma ne passe pas par une enfant qui fait des cauchemars forcément, il passe par ce moment où on lui dit la phrase de trop, la douleur de trop et où elle s’endort tout simplement. Moi, aussi, ce plan, à chaque fois que je le regarde…
Entretien réalisé par Karim Goury pour The Markaz Review, le 25 février 2026 au Musée National de l’Histoire de l’Immigration, Paris.

